Essais de critique générale. Premier (Deuxième) essai (Google eBook)

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Page xvi - Je veux donc être étudié , et n'eussé-je que trois lecteurs , n'en eusse-je qu'un , il faut que je dise ce que j'ai à dire, rien de plus, rien de moins, et que je rende ma pensée avec la même précision que je la conçois, et avec les abstractions sans lesquelles il n'ya pas de rigueur possible. Si je réussis, ma méthode est bonne. Si j'échoue, il fallait bien entreprendre. Dans tous les cas, on ne doit pas me reprocher d'avoir tâché de satisfaire aux inévitables conditions de toute...
Page 329 - Les partisans de la nécessité renversent aisément le système de la liberté d'indifférence : ils ont moins de peine à réfuter la thèse de leurs adversaires qu'à répondre aux objections dirigées contre la leur. En effet, dès que la volonté, principe indifférent, produit d'elle-même des actes déterminés, c'est au hasard qu'elle les détermine ; et dès que l'homme agit différemment dans les cas où son jugement est identique, ou identiquement dans ceux où son jugement varie, l'homme...
Page 324 - ... et le jugent bon, ou que l'imagination construise un ordre des choses plus satisfaisant que celui de l'expérience, mais non que l'impossible soit exigible. Enfin, si tout est nécessaire, l'erreur est nécessaire aussi bien que la vérité, et leurs titres sont pareils, à cela près du nombre des hommes qui tiennent pour l'une ou pour l'autre, et qui demain peut changer. Le faux est donc vrai, comme nécessaire, et le vrai peut devenir faux. La .démence n'a contre elle que sa faiblesse , et...
Page 222 - Un autre vice capital de la définition kantienne est de se rapporter à une division des facultés de l'âme en ces trois qui, dit-il, ne peuvent plus être dérivées d'un principe commun : la faculté de connaître, le sentiment du plaisir et de la peine, et la faculté de désirer. Le désir et la volonté se trouvant ainsi réunis forcément, sous la même classe, et par un philosophe qui n'entend, pas nier la liberté, chose singulière!
Page 526 - Car, si on pouvait espérer d'y parvenir, ce ne pourrait être, suivant moi, qu'en rattachant tous les phénomènes naturels à la loi positive la plus générale que nous connaissions , la loi de la gravitation, qui lie déjà tous les phénomènes astronomiques à une partie de ceux de la physique terrestre.
Page 284 - ... pus leur permettait de reparaître, je ne fus plus maître de les concevoir autrement que comme des actes d'un cerveau vivant., quoique je ne susse ni ce que c'est qu'un cerveau ni ce que c'est que la vie. Ainsi les études anatomiques, physiques et chimiques ne m'ont rendu ni plus ni moins croyant...
Page 660 - Toutes les considérations ci-dessus réunies nous conduisent naturellement à regarder le principe vital ou l'ensemble systématique de toute la sensibilité dont est animé le corps vivant , non comme le résultat de l'action des parties , ou comme une propriété particulière attachée à la combinaison animale ; mais comme une substance , un être réel , qui par sa présence imprime aux' organes tous les mouvemens dont se composent leurs fonctions , qui retient liés entre eux les divers élémens...
Page 209 - Mais lorsque paraît ce pouvoir, non 'point une entité, cette puissance, selon toute la valeur logique du mot, cette représentation toujours possible qui se pose avant toutes les représentations, pour elles, contre elles, pour ellemême et contre elle-même, on peut dire l'individualité humaine constituée. La synthèse de la mémoire avec ce pouvoir élève la conscience au point culminant, et constitue essentiellement ce que nos langues et nos lois nomment une personne.
Page 401 - ... cette confusion, des professeurs bien intentionnés, je ne sais s'il faut dire des philosophes, tentèrent de ramener la certitude au sens commun. C'est une idée que les anciens n'avaient pas eue. parce qu'ils faisaient leur métier de chercher la vérité (la vérité scientifique, la science), et non l'édification et la paix. Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée, a dit Descartes. Mais il est de fait que, hors du cercle de la pratique, ses oracles varient. Sans doute les hommes...
Page 407 - ... librement, pour la morale. On ne tombe pas ainsi dans la contradiction sans essayer de s'en défendre. Voyons donc l'excuse. « Nous ne connaissons point d'objets en soi, dit Kant, mais nous en pensons de possibles. De cette pensée, de cette possibilité, des motifs pratiques peuvent nous engager à passer à l'affirmation de la réalité, si toutefois elles n'impliquent rien de contradictoire. » Voilà qui est bien ; défmissons maintenant les termes.

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