Les déferlantes

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Ed. du Rouergue, 2008 - Cotentin (France) - 524 pages
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La Hague... Ici on dit que le vent est parfois tellement fort qu'il arrache les ailes des papillons. Sur ce bout du monde en pointe du Cotentin vit une poignée d'hommes. C'est sur cette terre âpre que la narratrice est venue se réfugier depuis l'automne. Employée par le Centre ornithologique, elle arpente les landes, observe les falaises et leurs oiseaux migrateurs. La première fois qu'elle voit Lambert, c'est un jour de grande tempête. Sur la plage dévastée, la vieille Nan, que tout le monde craint et dit à moitié folle, croit reconnaître en lui le visage d'un certain Michel. D'autres, au village, ont pour lui des regards étranges. Comme Lili, au comptoir de son bar, ou son père, l'ancien gardien de phare. Une photo disparaît, de vieux jouets réapparaissent. L'histoire de Lambert intrigue la narratrice et l'homme l'attire. En veut-il à la mer ou bien aux hommes ? Dans les lamentations obsédantes du vent, chacun semble avoir quelque chose à taire.

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Emmêlées, l'histoire des habitants de la Hague que découvre petit à petit la narratrice, et l'histoire de son propre deuil. On ne peut rien écrire de plus beau sur le deuil :
"Les désirs, ici, sont
mis à vif par les vents. C'est une affaire de peau, la Hague. Une affaire de sens. Je me suis arrêtée. Est-ce que je pouvais t'aimer en ne te touchant plus ? La pensée m'est venue, violemment. Est-ce que je pouvais t'aimer encore ? J'ai été happée. Avec toi, j'ai touché l'abîme. Et maintenant... La douleur, en s'atténuant, avait entrepris de creuser son envers." (p.131)
"Comprendre quoi ? Qu'un jour on se réveille et qu'on ne pleure plus ? Combien de nuits j'ai passées, les dents dans l'oreiller, je voulais retrouver les larmes, la douleur, je voulais continuer à geindre. Je préférais ça. J'ai eu envie de mourir, après, quand la douleur m'a envahi le corps, j'étais devenue un manque, un amas de nuits blanches, voilà ce que j'étais, un estomac qui se vomit, jai cru en crever, mais quand la douleur s'est estompée, j'ai connu autre chose. Et c'était pas mieux. C'était le vide." (p.249)
"Je n'étais plus femme. Pas mère . Je ne me souvenais pas d'avoir été fille. Encore moins soeur. Incapable d'être épouse. Incapable d'appartenir. De dépendre d'un homme ou d'une histoire." (p.297)
"J'ai pensé à toi. Je te perdais. Ou tu t'éloignais. Ou c'était moi.Il n'y avait pas si longtemps, je posais ma main sur ton épaule. Ta chaleur. En fermant les yeux, sans faire d'efforts, je pouvais encore me blottir tout contre toi. Le temps faisait son massacre. Insidieusement. Déjà, je ne pleurais plus." (p. 502)
"La nuque appuyée contre son épaule. J'ai attendu que mon coeur se calme. Il m'a fallu du temps, et il y a eu après ce moment infiniment doux où j'ai pu me remettre en mouvement et poser ma main sur son bras et cet autre moment encore où j'ai pu me retourner et le regarder. Cet homme qui m'enlaçait, ce n'était pas toi et pourant j'étais en paix." (p.508)
 

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Claudie Gallay, c'est avant tout une langue concise, une pudeur et de la délicatesse. Après la déferlante, le voile se lève sur le passé de l'héroïne comme sur celui de l'île où elle est venue prendre du recul.
Ce roman est aussi vivifiant qu'une promenade sur le front de mer. Ça sent les embruns.
 

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