Ruy Blas (Google eBook)

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H. Holt, 1909 - Drama - 223 pages
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Page 92 - O géant ! se peut-il que tu dormes ? — On vend ton sceptre au poids ! un tas de nains difformes Se taillent des pourpoints dans ton manteau de roi ; Et l'aigle impérial, qui, jadis, sous ta loi. Couvrait le monde entier de tonnerre et de flamme, Cuit, pauvre oiseau plumé, dans leur marmite infâme ! Les conseillers se taisent consternés.
Page 223 - Détrompe-toi. Je suis une force qui va! Agent aveugle et sourd de mystères funèbres! Une âme de malheur faite avec des ténèbres ! Où vais-je? je ne sais. Mais je me sens poussé D'un souffle impétueux, d'un destin insensé. Je descends, je descends, et jamais ne m'arrête. Si parfois, haletant, j'ose tourner la tête, Une voix me dit : Marche!
Page 92 - Ton globe, qui brillait dans ta droite profonde, Soleil éblouissant qui faisait croire au monde Que le jour désormais se levait à Madrid, Maintenant, astre mort, dans l'ombre s'amoindrit, Lune aux trois quarts rongée et qui décroît encore, Et que d'un autre peuple effacera l'aurore!
Page 29 - Celui qui, bassement et tortueusement, Se venge, ayant le droit de porter une lame, Noble, par une intrigue, homme, sur une femme, Et qui, né gentilhomme, agit en alguazil, Celui-là, — fût-il grand de Castille, fût-il Suivi de cent clairons sonnant des tintamarres, Fût-il tout harnaché d'ordres et de chamarres, Et marquis, et vicomte, et fils des anciens preux, — N'est pour moi qu'un maraud sinistre et ténébreux Que je voudrais, pour prix de sa lâcheté vile, Voir pendre à quatre clous...
Page 223 - Tu me crois peut-être Un homme comme sont tous les autres, un être Intelligent, qui court droit au but qu'il rêva. Détrompe-toi. Je suis une force qui va! Agent aveugle et sourd de mystères funèbres! Une âme de malheur faite avec des ténèbres! Où vais-je? je ne sais. Mais je me sens poussé D'un souffle impétueux, d'un destin insensé. Je descends, je descends, et jamais ne m'arrête.
Page 33 - J'avais je ne sais quelle ambition au cœur. A quoi bon travailler? Vers un but invisible Je marchais, je croyais tout réel, tout possible, J'espérais tout du sort! Et puis je suis de ceux Qui passent tout un jour, pensifs et paresseux, Devant quelque palais regorgeant de richesses, A regarder entrer et sortir des duchesses.
Page 33 - Frère, que te dirai-je? Orphelin, par pitié nourri dans un collège De science et d'orgueil, de moi, triste faveur! Au lieu d'un ouvrier on a fait un rêveur. Tu sais, tu m'as connu. Je jetais mes pensées Et mes vœux vers le ciel en strophes insensées. J'opposais cent raisons à ton rire moqueur. J'avais je ne sais quelle ambition au cœur.
Page 22 - Quel est donc ce brigand qui, là-bas, nez au vent, Se carre, l'œil au guet et la hanche en avant, Plus délabré que Job et plus fier que Bragance, Drapant sa gueuserie avec son arrogance, Et qui, froissant du poing sous sa manche en haillons L'épée à lourd pommeau qui lui bat les talons, Promène, d'une mine altière et magistrale, Sa cape en dents de scie et ses bas en spirale ? y DON CÉSAR, jetant un coup d'oeil sur sa toilette.
Page 29 - Gardez votre secret, et gardez votre argent. Oh! je comprends qu'on vole, et qu'on tue, et qu'on pille, Que par une nuit noire on force une bastille, D'assaut, la hache au poing, avec cent flibustiers , Qu'on égorge estafiers, geôliers et guichetiers, Tous, taillant et hurlant, en bandits que nous sommes, Œil pour œil, dent pour dent, c'est bien ! hommes contre hommes Mais doucement détruire une femme! et creuser Sous ses pieds une trappe ! et contre elle abuser, Qui sait?
Page 24 - J'avise une cuisine au soupirail ardent, D'où la vapeur des mets aux narines me monte ; Je m'assieds là, j'y lis les billets doux du comte, Et, trompant l'estomac et le cœur tour à tour, J'ai l'odeur du festin et l'ombre de l'amour!

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