Mémoires de l'Académie des Sciences, des Lettres et des Arts d'Amiens, Volume 39 (Google eBook)

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Académie des Sciences, des Lettres et des Arts d'Amiens., 1892 - Science
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Page 96 - Je roule avec dédain, sans voir et sans entendre, A côté des fourmis les populations; Je ne distingue pas leur terrier de leur cendre, J'ignore en les portant les noms des nations. On me dit une mère, et je suis une tombe. Mqn hiver prend vos morts comme son hécatombe, Mon printemps ne sent pas vos adorations.
Page 17 - La vie est donc un tourbillon plus ou moins rapide, plus ou moins compliqué, dont la direction est constante, et qui entraîne toujours des molécules de mêmes sortes, mais où les molécules individuelles entrent et d'où elles sortent continuellement, de manière que la forme du corps vivant lui est plus essentielle que sa matière.
Page 359 - Les plus vaillants hommes de l'antiquité songèrentils jamais à venger leurs injures personnelles par des combats particuliers ? César envoya-t-il un cartel à Caton, ou Pompée à César pour tant d'affronts réciproques? Et le plus grand capitaine de la Grèce, t'ut-il déshonoré pour s'être laissé menacer du bâton?
Page 359 - ... suppléés par la bravoure; qu'un homme n'est plus fourbe, fripon, calomniateur; qu'il est civil, humain, poli, quand il sait se battre; que le mensonge se change en vérité, que le vol devient légitime, la perfidie honnête, l'infidélité louable, sitôt qu'on soutient tout cela le fer à la main; qu'un affront est toujours bien réparé par un coup d'épée, et qu'on n'a jamais tort avec un homme pourvu qu'on le tue.
Page 101 - Je ne veux pas oublier ceci, que je ne me mutine jamais tant contre la France que je ne regarde Paris de bon œil; elle a mon cœur dès mon enfance. Et m'en est advenu comme...
Page 59 - ... tributaire des forces générales de la nature, pris dans leur succession et dans leur ensemble, ils paraissent révéler un lien spécial ; ils semblent dirigés par quelque condition invisible dans la route qu'ils suivent, dans l'ordre qui les enchaîne. Ainsi les actions chimiques synthétiques de l'organisation et de la nutrition se manifestent comme si elles étaient dominées par une force impulsive gouvernant la matière, faisant une chimie appropriée à un but et mettant en présence...
Page 101 - Je l'aime tendrement, jusques à ses verrues et à ses taches. Je ne suis Français que par cette grande cité : grande en peuples, grande en félicité de son assiette, mais surtout grande et incomparable en variété et diversité de commodités, la gloire de la France, et l'un des plus nobles ornements du monde. Dieu en chasse loin nos divisions!
Page 96 - Vivez, froide Nature, et revivez sans cesse Sous nos pieds, sur nos fronts, puisque c'est votre loi; Vivez, et dédaignez, si vous êtes déesse, L'Homme, humble passager, qui dut vous être un Roi; Plus que tout votre règne et que ses splendeurs vaines J'aime la majesté des souffrances humaines : Vous ne recevrez pas un cri d'amour de moi.
Page 360 - D'autres temps, d'autres mœurs, je le sais; mais n'y en at-il que de bonnes, et n'oseraiton s'enquérir si les mœurs d'un temps sont celles qu'exige le solide honneur? Non, cet honneur n'est point variable, il ne dépend ni des temps , ni des lieux, ni des préjugés, il ne peut ni passer, ni renaître; il a sa source éternelle dans le cœur de l'homme juste et dans la règle inaltérable de ses devoirs. Si les peuples les plus éclairés, les plus braves , les plus vertueux de la terre, n'ont...
Page 359 - D'autres temps, d'autres mœurs, je le sais ; mais n'y en at-il que de bonnes, et n'oserait-on s'enquérir si les mœurs d'un temps sont celles qu'exigé le solide honneur ? Non, cet honneur n'est point variable, il ne dépend ni des temps, ni des lieux, ni des préjugés ; il ne peut ni passer, ni renaître, il a sa source éternelle dans le cœur de l'homme juste et dans la règle inaltérable de ses devoirs.

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