La Rue (Google eBook)

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Faure, 1866 - 320 pages
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Popular passages

Page 53 - J'aime la ville, parce que j'y ai beaucoup lutté, un peu souffert, que j'ai des revanches à prendre ! Mais je tiens par les racines à la terre des champs, et si je vaux quelque chose jamais, je le devrai surtout à...
Page 119 - On appelle ainsi, dans le monde des saltimbanques, le théâtre en toile ou en planche, voiture ou baraque, dans laquelle se tiennent les monstres, veaux ou hommes, brebis ou femmes : le mot est caractéristique. Le public monte, le phénomène se lève, bêle ou parle, mugit ou râle. On entre, on sort, voilà.
Page 54 - La route était affreuse et belle : on marchait, la moitié du temps, entre des rochers, sur la lave éteinte des volcans. Des pierres grises, au flanc verdâtre, dormaient sur leur ventre énorme, comme des monstres jetés là par un déluge, et, sur la terre, des torrents avaient creusé des routes comme des cicatrices. En arrivant à la cure, on trouvait en face de soi la maison avec l'écurie à gauche, l'église à droite ; dans la grande cour, au milieu, deux ou trois arbres dont les feuilles...
Page 252 - J'adore ces natures tout d'une pièce, qui ne reculent pas d'une semelle et suivent bravement leur chemin à travers les quolibets, les huées et même la misère. Ils laissent les faiseurs être les maquignons ou les domestiques de la banalité ; ils sont, eux, les interprètes courageux et sincères des sensations qu'ils ont subies et des sentiments qui les dominent. Jamais Courbet n'a tenu compte d'une injure ou d'une épigramme. Ainsi fait quiconque a confiance en soi. Ils sont toujours récompensés...
Page 54 - On y arrivait sur de lourds chevaux de campagne, par les chemins pierreux, les bois sauvages. La route était affreuse et belle : on marchait, la moitié du temps, entre des rochers, sur la lave éteinte des volcans. Des pierres grises, au flanc verdâtre, dormaient sur leur ventre énorme, comme des monstres jetés là par un déluge, et, sur la terre, des torrents avaient creusé des routes comme des cicatrices. En arrivant à la cure, on trouvait en face de soi la maison avec l'écurie à gauche,...
Page 248 - Ce tableau teinté de gris, avec ses deux hommes aux mains calleuses, au cou haie, était comme un miroir où se reflétait la vie terne et pénible des pauvres. La raideur gauche des personnages servait encore à l'illusion : et l'inhabileté ou le génie du peintre avait, dans un geste , indiqué l'immobilité fatale à .laquelle est condamnée, sous un ciel ingrat, toute la race des mercenaires.
Page 184 - En attendant, je vais, moi qui ne suis rien, n'espère rien, je vais étudiersur une autre terre un autre peuple, et voir comment, sans le mécanisme des réglementations, une nation est grande et forte ! Je n'ai pas le préjugé du pays natal et ne place pas ma patrie où fut mon berceau, mais où je trouve la liberté. J'engage les lecteurs qu'effrayerait cette déclaration à lire dans un roman d'Alphonse Karr, qui est le Chemin le plus long, ou Une heure trop tard, un chapitre sur la patrie.
Page 180 - Le difficile, à l'heure qu'il est, n'est pas de dire, mais de ne pas dire ; on redoute d'avoir trouvé l'expression juste, le terme vrai ; quand la conviction a donné au talent la chaleur, la flamme, il faut bien* vite jeter des cendres sur cette flamme, se brûler soimême la main dans le brasier ! Le talent consiste, en ce temps pénible, à passer, ses feux éteints, à travers les écueils ; on emporte sous son manteau des armes de salon au canon étroit, qu'on charge de sel fin, et il faut...
Page 228 - Ce n'est pas assez que le pouvoir, l'ordre public, avec les filets réglementaires, nous tienne prisonnier dans le réseau ! Nous traînons tous une chaîne que nous avons forgée de nos mains ou qu'a accrochée le hasard, chaîne de fer ou d'or, de laurier ou de ronce, boulet de plomb ou de bois blanc. Combien peu s'avancent dans la vie libres, au-devant de la mort ! (La Rue, Pléiade, p.
Page 18 - L'homme ne paraît pas : les croquemorts sont en avant, causant de choses banales... L'horizon est vide, le champ est libre, et cette solitude éveille les craintes. Toutes les images des deuils passés et le fantôme des misères futures se dressent sous les pas de ce chien muet : pauvre bête et qui semble avoir une âme ! « La caricature de Gill a une âme, elle aussi, celle du Réfractaire.

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