Pensées d'une solitaire: précédées de fragments inédits (Google eBook)

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A. Lemerre, 1903 - 68 pages
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Page 48 - ... et elle en témoignait souvent sa mauvaise humeur. Chose singulière ! cette femme, à la pensée audacieuse, avait du rôle social des femmes et de leur capacité intellectuelle une opinion modeste. Rien ne l'impatientait comme la revendication de leurs prétendus droits. « Quand, disait-elle, on ouvrirait aux femmes les portes de toutes les libertés, comme quelques-unes le réclament, les honnêtes et les sages ne voudraient pas entrer. » Elle allait plus loin; elle leur refusait jusqu'au...
Page xvii - Ah ! c'est un cri sacré que tout cri d'agonie ; II proteste, il accuse au moment d'expirer. Eh bien ! ce cri d'angoisse et d'horreur infinie, Je l'ai jeté ; je puis sombrer ! J'IGNORE!
Page iv - Vers les infortunés la main toujours tendue ; Si l'époux et l'enfant à ce cœur ont puisé; Si l'espoir de plusieurs sur elle est déposé ; Femmes, enviez-la ! Tandis que dans la foule Votre vie inutile en vains plaisirs s'écoule Et que votre cœur flotte, au hasard entraîné, Elle a sa foi, son but et son labeur donné. Enviez-la ! Qu'il souffre ou combatte, c'est Elle Que l'homme à son secours incessamment appelle, Sa joie et son espoir, son rayon sous les cieux, Qu'il pressentait de l'âme...
Page ix - Ciel pur dont la douceur et l'éclat sont les charmes, Monts blanchis, golfe calme aux contours gracieux, Votre splendeur m'attriste, et souvent à mes yeux Votre divin sourire a fait monter les larmes. Du compagnon chéri que m'a pris le tombeau Le souvenir lointain me suit sur ce rivage. Souvent je me reproche, ô soleil sans nuage! Lorsqu'il ne te voit plus, de t'y trouver si beau. Nice, mai 1851.
Page 12 - Lamartine a la note magnifique, mais rarement la note émue; celle-là, c'est le cœur qui la donne. Or, Lamartine n'a guère aimé. Les femmes n'ont été pour lui que des miroirs où il s'est regardé; il s'y est même trouvé très beau.
Page xvi - ... emporter, Je ne distingue plus les bourreaux des victimes; Mon âme se soulève, et devant de tels crimes Je voudrais être foudre et pouvoir éclater, Du moins te poursuivant jusqu'en pleine victoire, A travers tes lauriers, dans les bras de l'Histoire Qui, séduite, pourrait t'absoudre et te sacrer, O Guerre, Guerre impie, assassin qu'on encense, Je resterai, navrée et dans mon impuissance, Bouche pour te maudire, et cœur pour t'exécrer ! Paris, 8 février 1871.
Page xvii - S'amoncellent, la foudre aux flancs. Les ondes et les cieux autour de leur victime Luttent d'acharnement, de bruit, d'obscurité; En proie à ces conflits, mon vaisseau sur l'abîme Court sans boussole et démâté. Mais ce sont d'autres flots, c'est un bien autre orage Qui livre des combats dans les airs ténébreux; La mer est plus profonde et surtout le naufrage Plus complet et plus désastreux.
Page 6 - Pensees, cet idéal vers lequel la nature s'achemine à travers le temps éternel et les formes infinies? Nous ne sommes pas le terme de son évolution.
Page xii - Heureux, vous aspirez la grande âme invisible Qui remplit tout, les bois, les champs de ses ardeurs ; La Nature sourit, mais elle est insensible ; Que lui font vos bonheurs ? Elle n'a qu'un désir, la marâtre immortelle, C'est d'enfanter toujours, sans fin, sans trêve, encor. Mère avide, elle a pris l'éternité pour elle, Et vous laisse la mort.
Page 58 - Je crois que l'Humanité gagnerait beaucoup à se débarrasser de l'idée de Dieu. Il serait bon qu'elle n'eût plus à compter que sur elle-même. La morale non plus n'y perdrait rien. En effet, même dans les siècles de vraie foi, il ne s'est jamais agi que de servir Dieu à outrance ou de le tromper. Fanatisme ou hypocrisie, l'homme ne peut pas sortir de là.

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