Un cheval de Phidias: --causeries athéniennes-- (Google eBook)

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Michel Lévy frères, 1864 - 342 pages
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Popular passages

Page 278 - ... c'est plutôt une gloire céleste qu'une lumière : elle pénètre plus subtilement les corps les plus épais que les rayons du soleil ne pénètrent le plus pur cristal : elle n'éblouit jamais; au contraire, elle fortifie les yeux et porte dans le fond de l'âme je ne sais quelle sérénité : c'est d'elle seule que...
Page 279 - Ils chantent les louanges des dieux, et ils ne font, tous ensemble, qu'une seule voix, une seule pensée , un seul cœur : une même félicité fait comme un flux et reflux dans ces âmes unies.
Page 132 - Je dis qu'il n'est presque aucun animal qui, lorsqu'il est jeune, puisse tenir son corps ou sa langue dans un état tranquille, et ne fasse sans cesse des efforts pour se mouvoir et pour crier; aussi voit-on les uns sauter et bondir, comme si je ne sais quelle impression de plaisir les portait à danser et à folâtrer, tandis que les autres font retentir l'air de mille cris différents. Mais aucun animal n'a le sentiment de l'ordre ou du désordre dans les mouvements et de ce que nous appelons mesure...
Page 278 - Le jour n'y finit point , et la nuit , avec ses sombres voiles , y est inconnue ; une lumière pure et douce se répand autour des corps de ces hommes justes, et les environne de ses rayons comme d'un vêtement. Cette lumière n'est point semblable à la lumière sombre qui éclaire les yeux des misérables mortels, et qui n'est que ténèbres ; c'est plutôt une gloire céleste qu'une lumière : elle pénètre plus subtilement les corps les plus épais que les rayons du soleil ne pénètrent le...
Page 146 - ... jusqu'à le faire suer, et que dès qu'il s'enlève bien on le descende et le débride, on peut compter qu'après cela il en viendra volontiers à s'enlever de même lorsqu'il sera monté. Tels sont les chevaux qu'on représente portant les dieux et les héros, et ceux qui les savent manier se font grand honneur. Le cheval dans ses airs est une chose en effet si belle, si gracieuse, si aimable, que lorsqu'il s'enlève ainsi sous la main du cavalier, il attire les regards de tout le monde; il...
Page 133 - Mais aucun animal n'a le sentiment de l'ordre ou du désordre dans les mouvements , et de ce que nous appelons mesure et harmonie ; tandis que ces mêmes divinités qui président à nos fêtes nous ont donné le sentiment de la mesure et de l'harmonie avec celui du plaisir. Ce sentiment règle nos mouvements sous la direction de ces dieux, et nous apprend à former entre nous une espèce de chaîne par le chant et la danse; de là le nom de chœur, dérivé naturellement du mot grec qui signifie...
Page 131 - ... que leur force se tournât en violence ni leurs transports en fureurs ; il y avait en elles une douceur infuse unie à la fierté d'un naturel ardent, et pour ainsi dire une mesure de passion que leurs désirs n'excédaient jamais ; se maîtrisant sans effort, elles semblaient s'abandonner à elles-mêmes, quand elles résistaient aux égarements de leurs fantaisies, elles soupiraient pour le bien comme les âmes corrompues pour les plaisirs illicites ; point d'apprêt, point d'affectation, rien...
Page 269 - Il est né tranquille, le pauvre hère, et la mort ne lui fera pas événement, car il s'est arrangé à mourir d'avance. Et malheur aussi à celui qui demande aux Muses de le plonger dans d'oisives et languissantes rêveries! Car les passions qu'inspire un art sain sont des principes d'action ; je veux dire qu'elles tiennent de la joie, laquelle n'est pas un repos, mais la suprême activité de l'âme. Loin de respecter notre repos, Sophocle et Phidias excitent en nous des aspirations infinies comme...
Page 138 - ... nous ne saurions trop le répéter, dès qu'il exécute bien ce qu'on lui demande, qu'on le récompense aussitôt, en lui accordant quelque chose qui lui soit agréable. Lorsqu'on verra qu'il porte beau, et sent avec plaisir la légèreté de la main, qu'on se garde bien alors de le chagriner en rien, comme pour le faire travailler; mais qu'on le caresse, au contraire, comme pour cesser le travail : de la sorte, comptant en être oientôt quitte, il prendra plus volontiers un galop franc et soutenu.
Page 139 - J'ai vu, écrivait en 1756 Gaspard Saulnier, écuyer de l'université de Leyde, j'ai vu des écuyers qui poussaient l'extravagance jusqu'à plier le cou des chevaux de manière que leur tète venait toucher la botte du cavalier; ils croyaient alors faire des merveilles et être fort habiles, et réellement ils passaient pour tels dans le public. » Et la Guérinière, ce Jean-Jacques du cheval, se plaignit amèrement de « ces partisans de justesses recherchées qui amortissent le courage de l'animal...

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