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Poésies de Jacques Tahureau, Volume 2

 By Jacques Tahureau

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Full view - Item notes: v. 2 - 1870


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Tout ce que l'homme fait, tout ce que l'homme pense En ce bas monde icy, N'est rien qu'un vent legier, qu'une vaine espérance Pleine d'un vain souci.Page 208
S'enfle aux pleurs de ma complainte; Sa fleur tombante à ma plainte Y pleure maint arbrisseau. Les poissons viennent en tourbe ; Le plus fort chesne se courbe Au son de mes piteux criz; Et le Satyre follastre Tout coy delaisse à s'ébatre Pour desplorer mes écriz.Page 52
Jamais langue n'exprima mieux les conceptions de l'esprit que fait la nôtre ; jamais langue ne fut plus douce à l'oreille et plus coulante que la Francoyse ; jamais langue n'eut les termes plus propres que nous en avons en Francoys.Page 195
J'ay delaissé mainte enseigne naïve Que de ma dent j'y engravois en vain! Veu qu'en ton cœur, cœur de marbre ou d'erain, Cette morsure aucunement n'arrive ; Mais dans le mien , esternellement vive , D'un souvenir, el" me ronge, inhumain. Je suis semblable à celuy qui veut prendre, Et qui , au lieu de ce qu'il veut surprendre, Dans son filé se voit le premier pris ; Car, te pensant laisser une morsure D'une mortelle et rampante blessure , A l'impourveu je me trouve surpris. Paros. — > Du pays...Page 63
L'or, qui blondist si bien les cheveux de ma dame ? Et du brillant esclat de sa jumelle flamme, Tout astre surpassant, quel haut ciel s'emperloit ? Mais quelle riche mer le coral receloit De cette belle levre, où mon desir s'affame ? Mais en quel beau jardin, la rose qui donne ame A ce teint vermeillet, au matin...Page 12
Soit qu'en resvant aux amoureuses loix, Du rossignol j'escoute le ramage, Ou qu'en pensant ramollir mon courage, Mon lue j'anime au passer de mes doigts; Vers quelque part que mes pas j'achemine, Toujours me suit ton idole divine, Tant que parfois j'allonge...Page 59
Ne t'endors point de ce sommeil , Ne t'endors point, mon petit œil , Ne t'endors point, ma colombelle , Ne t'endors point, ma tourterelle ; Ha! Dieu, qu'il fait bon mordiller Ces belles roses , et piller Un million de mignardises, Pendant que, par douces feintises, Ce bel œil nageant à demy, Contrefait si bien l'endormy, Cependant que ma...Page 114
Quelle fureur, tenaillant les esprits , Fait tristement sangloter tant de cris A ces sots que l'amour transporte ? Quel vain souci, dont ils vont soupirant. Les fait brûler, glacer, vivre en mourant, Enrager de douleur si forte? Pauvre aveuglé , pauvre sot amoureux , Pauvre transi, pauvre fol langoureux. Pauvre insensé! quelle furie...Page 227
A tant bien montagné cette plaine divine? Quel parfum de Sabée a produit son odeur? O trop heureux le fleuve, heureux ciel, mer heureuse Le jardin, le rocher, la Sabée odoreuse, Qui nous ont enlustré le beau de son honneur!Page 13
Degoise en son doux ramage, Qui au plus felon courage Pourroit chatouiller les sens. Je voy le troupeau champestre, Qui oublie à se repaistre Pour entendre ma chanson ; J'entroy les cavernes basses, Par leurs voix rauques et lasses, Lamenter mon triste son. Mais que me sert faire entendre Mon chant pitoyable et tendre, Si une, helas! n'en croit rien, Que sur toute autre j'admire, Et que seule je desire Se convertir à mon bien ? RESPONCE DE L'ADMIRÉE.Page 53

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