Petite bibliothèque des théatres, contenant un recueil des meilleures pieces du théatre françois, tragique, comique, lyrique & bouffon, depuis Porigine des spectacles en France, jusqu'à nos jours, Volume 39 (Google eBook)

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Au Bureau de la Petite bibliotheque des théatres, 1787 - French drama
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Page 9 - Certes, plus je médite, et moins je me figure Que vous m'osiez compter pour votre créature, Vous dont j'ai pu laisser vieillir l'ambition Dans les honneurs obscurs de quelque légion...
Page 87 - Les personnages tragiques doivent être regardés d'un autre œil que nous ne regardons d'ordinaire les personnages que nous avons vus de si près. On peut dire que le respect que l'on a pour les héros augmente à mesure qu'ils s'éloignent de nous : major e longinquo reverentia.
Page xxxii - Au lieu d'une action simple, chargée de peu de matière, telle que doit être une action qui se passe en un seul jour, et qui , s'avançant par degrés vers sa fin , n'est soutenue que par les intérêts, les sentiments et les passions des personnages...
Page x - Toutes ces critiques sont le partage de quatre ou cinq petits auteurs infortunés qui n'ont jamais pu par eux-mêmes exciter la curiosité du public. Ils attendent toujours l'occasion de quelque ouvrage qui réussisse, pour l'attaquer : non point par jalousie , car sur quel fondement seraient-ils jaloux?
Page 17 - De cette nuit, Phénice, as-tu vu la splendeur? Tes yeux ne sont-ils pas tout pleins de sa grandeur? Ces flambeaux, ce bûcher", cette nuit enflammée, Ces aigles, ces faisceaux, ce peuple, cette armée, Cette foule de rois, ces consuls, ce sénat, Qui tous de mon amant empruntaient leur éclat...
Page vii - Ils ne songent pas qu'au contraire toute l'invention consiste à faire quelque chose de rien , et que tout ce grand nombre d'incidents a toujours été le refuge des poètes qui ne sentaient dans leur génie ni assez d'abondance , ni assez de force pour attacher durant cinq actes leurs spectateurs, par une action simple , soutenue de la violence des passions, de la beauté des sentiments et de l'élégance de l'expression.
Page 17 - Tous ces yeux qu'on voyait venir de toutes parts Confondre sur lui seul leurs avides regards ; Ce port majestueux, cette douce présence. Ciel ! avec quel respect et quelle complaisance Tous les cœurs en secret l'assuraient de leur foi ! Parle : peut-on le voir sans penser, comme moi, Qu'en quelque obscurité que le sort l'eût fait naître, Le monde en le voyant eût reconnu son maître?
Page 169 - D'amis et de soldats une troupe hardie Aux portes du palais attend notre sortie ; La sultane d'ailleurs se fie à mes discours : Nourri dans le sérail, j'en connois les détours ; Je sais de Bajazet l'ordinaire demeure; Ne tardons plus, marchons; et, s'il faut que je meure, Mourons; moi, cher Osmin, comme un visir; et toi, Comme le favori d'un homme tel que moi.
Page 68 - Seigneur, j'ai tout prévu pour une mort si juste; Le poison est tout prêt. La fameuse Locuste A redoublé pour moi ses soins officieux : Elle a fait expirer un esclave à mes yeux: Et le fer est moins prompt pour trancher une vie, Que le nouveau poison que sa main me confie.
Page xii - Pour toute ambition, pour vertu singulière, II excelle à conduire un char dans la carrière, A disputer des prix indignes de ses mains, A se donner lui-même en spectacle aux Romains, A venir prodiguer sa voix sur un théâtre, A réciter des chants qu'il veut qu'on idolâtre ; Tandis que des soldats, de moments en moments, Vont arracher pour lui les applaudissements.

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