La gouvernante: comedie nouvelle en cinq actes en vers (Google eBook)

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Prault fils, 1747 - 92 pages
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Page 13 - Que jusqu'à la rupture on pousse le dépit , Qu'à l'amour d'Angélique il ne faut plus prétendre, Et qu'elle ne veut plus vous voir ni vous entendre? SAINVILLE. On ne peut donc jamais former qu'un nœud fatal ! Il n'est donc que trop vrai que tout choix est égal ! A tout âge , en tout lieu , l'amour n'est qu'en idée. Enfin c'en est donc fait, ma perte est décidée ! Je n'ai donc plus ce cœur que j'avois enflammé] JULIETTE.
Page 48 - Je vois d'ici ce juge, indigne de pardon, Comme il le méritoit, dupé par un fripon. LE PRÉSIDENT. Vous l'avez dit: un traître, un serpent domestique, Priva la vérité de sa preuve authentique. Le titre disparut; le bon droit succomba; L'erreur dicta l'arrêt, et le malheur tomba Sur des infortunés trop pleins de confiance, Et qui n'avoient, d'ailleurs, aucune expérience. SAINVILLE. Mais leur juge étoit fait pour en savoir plus qu'eux; Peut-il se consoler de leur désastre affreux, Et d'en...
Page 55 - ... adversité , Vous fait désavouer votre infortune extrême; Et vous vous imposez ce déni de vous-même, Par égard pour le rang où vous avez été , Par mépris pour le sort qui vous a tout ôté. Mais ce que vous cachez n'en est pas moins visible; Vous brillez, malgré vous, d'un éclat trop sensible: Vous voulez vous couvrir d'une ombre qui vous fuit ; Madame, écartez donc le charme qui vous suit. LA GOUVERNANTE. Vous êtes dans l'erreur, le président s'abuse. LA BARONNE.
Page 62 - Vous ne le voulez pas? J'en mourrai de douleurs; Et ce sera pour vous le moindre des malheurs. Je sais que la retraite à des yeux de votre âge N'offre pas d'elle-même une riante image; ' La jeunesse s'en fait un portrait peu charmant ; ' ; Bientôt l'expérience en décide autrement. Que ne m'est-il permis de vous citer la mienne? Mais Vous n'y croirez pas; on ne croit que la sienne. A tout ce qu'il vous plaît il faut se conformer; On ne veut pas vous perdre : eh! qui pourroit former Un projet,...
Page 63 - Et jamais je n'aurai d'autre amour; Oui; mon cœur le lui jure à chaque instant du jour; Je le dois; je remplis un devoir plein de charmes. LA GOUVERNANTE. Un devoir! excusez de trop vives alarmes; Si j'ai tort, il en faut accuser l'amitié; Mais enfin, par tendresse autant que par pitié, Ne me direz-vous rien de plus de ce mystère? Faut-il que je l'ignore? ANGÉLIQUE. Oui, j'anrois dû ffie taire.
Page 61 - LA GOUVERNANTE. Vous vous éblouissez de l'état où vous êtes: Et s'il vient à changer, que ferez-vous alors? Le néant est caché sous d'aussi beaux dehors. La baronne vous aime, et j'en suis convaincue; Mais d'un moment à l'autre une mort imprévue Peut, en vous l'enlevant, vous laisser sans espoir.
Page 81 - Autant qu'il m'en souvient, vous m' avez fait entendre Que vous connoissez ceux à qui je dois le jour. Ne m'avez-vous pas dit qu'en un autre séjour Un généreux trépas m'avoit ravi mon père, Que je ne devois plus compter sur une mère, Qu'en ma plus tendre enfance à peine ai-je pu voir?
Page 82 - C'est vous que j'ai traitée avec tant de rigueur ! LA GOUVERNANTE, en la relevant. Ma fille, oublions tout. Je crains qu'on ne m'entende : Cachons notre secret ; je vous le recommande. M'en croirez-vous? laissons régner ici la paix. Vous voyez notre état; renoncez pour jamais A l'espoir d'un hymen hors de toute apparence. Que sacrifiez-vous ? Une folle espérance. Dans le sein de l'oubli cherchons un sort plus doux; Abandonnons le monde, il...
Page 57 - Comment voulez-vous donc que je me justifie? LA GOUVERNANTE. Ah ! je vois bien qu'il faut que je me sacrifie, Et que j'avoue enfin un secret échappé. (Au président.) C'est vous-même, monsieur, qui vous êtes trompé.
Page 30 - D'un éclaircissement pourriez- vous m'honorer? ANGÉLIQUE. Perfide ! on n'en doit point à ceux qui nous outragent. SAINVILLE. Ah! je ne vois que trop quels motifs vous engagent A m'accabler encor d'un si cruel refus. ; Hélas ! tout ce qui vient de ce qu'on n'aime plus Dégénère en offense, et se tourne en injure.

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