Anciennetés: poèmes (Google eBook)

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Société du Mercure de France, 1903 - 80 pages
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Popular passages

Page 11 - ... la vie, voici un homme, qui n'a pas craint de se mêler au peuple insensé de son esprit, de se livrer entièrement au monde parfait de ses rêves. Connaissant son pouvoir, il songe à tout ce qui lui est possible, à l'univers infini qu'il possède et qu'il tient prisonnier dans sa tête radieuse : Espace pour l'oiseau, glèbe pour les moissons, De mon front chaque chose est toujours à descendre, Les océans prochains ne sont que des frissons, Les soleils imminents des tisons sous la cendre.
Page 9 - SEUL ET LA FLAMME A Pierre Quillard C'ÉTAIT au temps abstrait de Seul : futur, l'objet S'essayait vers la ligne où le vœu sera chose ; L'âme aux ailes de plan ouvertes pour le jet, Aspirait à l'argile en le gré de la Cause. Or, Seul, hanté par l'odorance du Jardin Prêt à jaillir des hauts sillons de sa pensée, Vit se cabrer devant son mystère, soudain, Le saisissable éclat d'une Flamme avancée. — « Ton nom, s'écria Seul, feu que n'a pas conçu Mon ensealissime et tranquille génie?
Page 80 - S'accroupit sur le drame universel du pic. Le violent triangle de l'arme des gardes A. l'air au bout du bois d'une langue d'aspic Parmi des clous, entre deux loups à face humaine, Pantelant ainsi qu'un quartier de venaison Agonise l'Agneau déchiré par la haine, Celui-là qui donnait son âme et sa maison. Jésus bêle un pardon suprême en la tempête Où ses os tracassés crissent comme un essieu, Cependant que le sang qui pleure de sa tête Emperle de corail sa souffrance de Dieu. Dans le ravin,...
Page 79 - GOLGOTHA Le ciel enténébré de ses plus tristes bardes S'accroupit sur le drame universel du pic. Le violent triangle de l'arme des gardes A l'air au bout du bois d'une langue d'aspic. Parmi des clous, entre deux loups à face humaine, Pantelant ainsi qu'un quartier de venaison Agonise l'Agneau déchiré par la haine, Celui-là qui donnait son âme et sa maison. Jésus...
Page 17 - Sourire enclos en des fleurs de rosier Je vis de par la magnifique haleine Et je triomphe, avec dans le gosier Le chant joli des ailes de la plaine. Dieu, je suis toi dans un creux de la main, Reflet resté de ta coquetterie En quelque pluie où d'un regard humain Se dut mirer ton unité fleurie. Nue, or je vais sous l'arc vif du soleil Qui me mûrit la joue à sa lumière Et chaque tournesol gire en éveil Car je suis belle d'être la première. Mais, ô Maître, pourquoi ce lâche...
Page 74 - ... rousse, Fit des pas de velours à l'instar des intrus, A son bras insuffla la rage qui lapide, Ainsi qu'un chat s'arqua d'une courbe rapide, Brandilla les cailloux et reconnut Jésus. — Le désert s'oubliait dans l'urne des margelles, La palombe ramait par les ors du matin, Les coteaux d'Éphraïm bêlaient dans le lointain, Un paradis montait des fientes de gazelles.
Page 68 - Au verbe de Jésus, le cadavre vagit, Le sépulcre accouchait d'une forme olivâtre Dont les cils dégrafés versaient des regards d'âtre. Et la foule, béante, ainsi qu'un bœuf mugit. — L'aurore courtisait les lys de Béthanie — Les bras de l'affranchi du manoir sans vantail Se prirent à tiquer en bras d'épouvantail, Un grillon fol hantait la mâchoire jaunie. • Lazare s'avança, d'une roideur de fer, Entre son front hideux fanant les jeunes filles Et le lent bégaiement des pas à ses...
Page 74 - À son bras insuffla la rage qui lapide, Ainsi qu'un chat s'arqua d'une courbe rapide, Brandilla les cailloux et reconnut Jésus. — Le désert s'oubliait dans l'urne des margelles; La palombe ramait par les ors du matin; Les coteaux d'Ephraïm bêlaient dans le lointain; Un paradis montait des fientes de gazelles. — Alors, incendié de son rôle, couvert Des yeux du divin Maître, à travers mille lèvres Chantant gloire, Lazare alla, noble et sans fièvres, Vers ses sœurs qui riaient près...
Page 10 - Oui, j'émettrai l'azur et ses ardents raisins, Je gonflerai des monts et je suerai des fleuves, Aux flots je donnerai les chênes pour voisins, Je créerai l'olivier pour les colombes neuves.
Page 56 - Étrange vision de candides miracles! Brebis enseignant à bêler aux loups gloutons; Ventres de monstres, purs comme des tabernacles; Torrents à pic, plus doux que des dos de moutons. Pâle, un corbeau roucoule un vieil air des légendes ; Une colombe endeuille ses plumes de lys; Les serpents ne sont plus que flexibles guirlandes D'oiseaux bleus aspirés par les faims de jadis. Rompus, des tournesols, orphelins de ton charme, 0 Magdeleine, effarent l'herbe d'encensoirs.

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