Lélia, Volume 1 (Google eBook)

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M. Lévy frères, 1869 - French fiction
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Page 16 - Vos yeux brillaient d'un feu sombre ; et votre vaste front, dont vous aviez écarté vos cheveux noirs, s'élevait, sublime d'orgueil et de génie, au-dessus de la foule, au-dessus du prêtre, au-dessus de Dieu même. Cette profondeur d'impiété était effrayante, et, à vous voir ainsi toiser du regard l'espace qui est entre nous et le ciel, tout ce qui était là se sentait petit. Milton vous avait-il vue quand il fit si noble et si beau le front froudroyé de son ange rebelle?
Page 177 - Puisqu'il faut qu'ici-bas tout songe ait sou réveil, Et puisque le désir se sent cloué sur terre, Comme un aigle blessé qui meurt dans la poussière , L'aile ouverte, et les yeux fixés sur le soleil? LIX Manon! sphinx étonnant ! véritable...
Page 13 - ... notes mélancoliques aux échos de la vallée; alors, Lélia, je vous le dis, vous étiez vraiment la fille du ciel. Les molles clartés du couchant venaient mourir sur vous et vous entouraient d'un reflet magique. Vos yeux, levés vers la voûte bleue où se montraient à peine quelques étoiles timides, brillaient d'un feu sacré.
Page 289 - Il met aux choses leur ennui, comme tout ce qui n'est point animé par le souffle d'une conviction sincère, et on reconnaît en le lisant la triste vérité de cette parole de Lélia : » Qu'on ne s'y trompe point, les auteurs de profession ont le privilège de vanter tout ce qui est beau sans que leur cœur en soit ému et sans que leur bras soit au service de la cause qu'ils exaltent.
Page 4 - Cette prédilection pour le personnage fier et souffrant de Lélia m'a conduit à une erreur grave au point de vue de l'art : c'est de lui donner une existence tout à fait impossible, et qui, à cause de la demi-réalité des autres personnages, semble choquante de réalité, à force de vouloir être abstraite et symbolique.
Page 67 - ... insatiables désirs qui nous consument ; nous leur cherchons un but autour de nous, et, pauvres prodigues que nous sommes, nous parons nos périssables idoles, de toutes les beautés immatérielles aperçues dans nos rêves. Les émotions des sens ne nous suffisent pas. La nature n'a rien d'assez recherché, dans le trésor de ses joies naïves, pour apaiser la soif de bonheur qui est en nous ; il nous faut le ciel, et nous ne l'avons pas.
Page 207 - ... siècles, ne peut-on pas dire que celui-là est vraiment le fils de Dieu ? Dieu nous envoie alternativement des hommes puissants pour le mal et des hommes puissants pour le bien. La suprême volonté qui régit l'univers, quand il lui plaît de faire faire à l'esprit humain un pas immense en avant ou en arrière sur une partie du globe, peut, sans attendre la marche austère des siècles et le travail tardif des causes naturelles, opérer ces brusques transitions par le bras ou la parole d'un...
Page 213 - Bandeau d'épines qui ceignez la crâne, sanctuaire de l'intelligence, diadème fatal imposé à la puissance de l'homme ! Je vous ai souvent invoqués, je me suis souvent prosternée devant vous ! Mon âme s'est offerte souvent sur cette croix, elle a saigné sous ces épines ; elle a souvent adoré, sous le nom de Christ, la souffrance humaine relevée par l'espoir divin ; la résignation, c'est-à-dire l'acceptation de la vie humaine ; la rédemption, c'est-à-dire le calme dans l'agonie et l'espérance...
Page 54 - Sténio , lea yeux attachés sur elle, ne voyait qu'elle dans l'univers. Quand la brise, qui commençait à se lever par frissons brusques et rares, lui jetait au visage une tresse des cheveux noirs de Lélia, ou seulement la frange de son écharpe, il frémissait comme les eaux du lac, comme les roseaux du rivage; et puis la brise tombait tout à coup comme l'haleine épuisée d'un sein fatigué de souffrir.
Page 175 - Vous eussiez dit, si cette extase vous eût été donnée, qu'un ange envoyé vers vous du sein de Dieu se chargeait de vous initier aux épreuves sacrées de la vie humaine. Moi, je rêvai TOUT SIMPLEMENT d'un homme aux cheveux noirs qui se penchait vers moi pour effleurer mes lèvres de ses lèvres chaudes et vermeilles; et je m'éveillai oppressée, palpitante, heureuse plus que je ne m'étais imaginé devoir l'être jamais. Je regardai autour de moi : le soleil semait ses reflets sur les profondeurs...

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