Les religions et les philosophies dans l'Asie centrale (Google eBook)

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Didier et cie, 1866 - Babism - 543 pages
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Popular passages

Page 302 - C'étaient deux petits garçons, dont l'aîné avait quatorze ans, et qui, rouges de leur propre sang, les chairs calcinées, écoutaient froidement le dialogue ; le père répondit, en se couchant par terre, qu'il était prêt, et l'aîné des enfants, réclamant avec emportement son droit d'aînesse, demanda à être égorgé le premier l.
Page 6 - Ils ont besoin du monde qu'on ne voit pas; ils le sentent peser sur eux; ils se débattent contre l'impression perpétuelle du mystère; ils cherchent quelque chose au-dessus de la vie courante, et, dans une agitation, dans une attente, dans un désir, dans une fièvre qui ne se calme pas, on les voit en alerte, leurs yeux cherchant à s'ouvrir sans mesure, regardant en l'air et partout, inquiets de la vie à venir bien plus que de tout ce qui est au monde. Ils ont peur de manquer Dieu ou même que...
Page 15 - C'est là ce que la philosophie asiatique de tous les âges et de toutes les sectes connaît et pratique, et que l'on appelle le Ketmdn. Un Européen serait porté à voir dans ce système, qui ne rend pas seulement la réticence indispensable, mais qui détermine l'emploi du mensonge sur la plus vaste échelle, il y verrait, dis-je, une situation humiliante. L'Asiatique au rebours la trouve glorieuse. » Gobineau, Les Religions et les Pltilosup/ties dans l'Asie Centrale, Ed.
Page 2 - Avoir affaire aux nations sans les connaître, sans les comprendre, c'est bon pour des conquérants; moins bon pour des alliés et même pour des protecteurs; et rien n'est plus détestable et plus insensé pour des civilisateurs, ce que nous avons la prétention d'être.
Page 271 - Il y eut un moment d'angoisse terrible chez les chefs militaires et les partisans du prince. D'abord, ils crurent eux-mêmes au miracle comme tous les autres assistants; puis, sans avoir besoin pour cela de miracle, ils comprirent bien vite, à l'espèce de rugissement d'admiration que poussa la foule, quel danger ils couraient. Mais quand le Bâb fut dans ce corps de garde, un capitaine d'infanterie du sultan, appelé Goutj-Aly, entra après lui et le chargea de coups de sabre.
Page 302 - nous sommes à Dieu et nous retournons à lui! » Quelques-uns des enfants expirèrent dans le trajet. Les bourreaux jetèrent leurs corps sous les pieds de leurs pères et de leurs sœurs, qui marchèrent fièrement dessus et ne leur donnèrent pas deux regards. 1. M. de Gobineau, ouvr. cit.. p. 301 et suiv. Quand on arriva au lieu d'exécution, on proposa encore aux victimes la vie pour leur abjuration.
Page 267 - ... on les promena ainsi par la ville, dans toutes les rues et dans tous les bazars, en les accablant d'injures et de coups. La foule remplissait les chemins et les gens montaient sur les épaules les uns des autres pour considérer de leur mieux l'homme dontonavaittant parlé.
Page 114 - Voilà, certes, un grand mal, dit le cavalier, mais puisque vous n'êtes plus jeune, n'avez-vous pas eu le temps de vous y faire ? Ce n'est pas pour cela que vous gémissez si fort. — Je pleure sans doute pour une autre cause encore, répliqua le séyd ; c'est que je lis en ce moment le Livre de Dieu, et en consi\ierant combien c'est beau, juste et bien dit, je ne saurais me défendre de verser des larmes de tendresse.
Page 244 - Gobineau1, m'en ont raconté sur place des épisodes. Ils m'ont montré, en imagination, les bâbys montant et descendant les terrasses et y portant à bras leurs canons. Souvent le plancher peu solide, en terre battue, s'enfonçait; on relevait, on remontait la pièce à force de bras ; on étayait le sol, par-dessous, avec des poutres. Quand l'ennemi arrivait, la foule entourait les pièces avec passion, tous les bras s'étendaient pour les relever, et quand les porteurs tombaient sous la mitraille,...
Page 270 - Bâb ne reçut aucune blessure, et la corde qui le retenait en l'air fut coupée par une balle. Il tomba sur ses pieds, se releva rapidement et se mit à fuir; puis, tout à coup, apercevant un corps de garde, il s'y précipita. Si au lieu de ce mouvement, sans doute irréfléchi, il s'était jeté au milieu de la foule, stupéfaite de ce qu'elle venait de voir et applaudissant au miracle, il n'ya aucun doute, et les musulmans en tombent d'accord, que la population de Tebriz aurait pris, immédiatement...

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