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Écrits philosophiques et morceaux propres a donner une idée générale de son système

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Joubert, 1847 - 423 pages
  

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Page 329 - ... proprement un tribut payé à la nature. La troisième période de l'histoire est celle où ce qui , dans les périodes précédentes , apparaissait comme destin ou comme nature , se développera et se manifestera comme providence; de sorte que ce qui paraissait l'œuvre du destin ou de la nature était déjà le commencement d'une providence qui se révélait imparfaitement. Quand cette période commencera-t-elle?
Page 234 - C'est ainsi que le principe se détermine d'une manière plus précise. Mais, en même temps, on prétend que, dans la nature, l'imparfait est mêlé avec le parfait , le laid avec le beau. Comment donc celui qui n'a d'autre rapport avec la nature que celui de l'imiter servilement doit-il distinguer l'un de l'autre? La coutume des imitateurs, c'est de s'approprier les fautes de leurs modèles...
Page 248 - ... métal. Sur le seuil même de la vie, lorsqu'elle songe déjà à l'organisation, elle retombe , vaincue par la puissance de la forme, dans la pétrification. La vie des plantes consiste dans une silencieuse sensibilité; mais dans quels contours précis et serrés cette vie souffrante n'est.elle pas enfermée? Dans le règne animal, paraît, pour la première fois, commencer précisément le combat entre la vie et la forme. La nature cache ses premières œuvres sous de dures écailles, et là...
Page lix - Aussi pourrait-on à juste titre regarder comme plus qu'humaine la possession de cette science. Car la nature de l'homme est esclave par tant de points, que Dieu seul, pour parler comme Simonide, devrait jouir de ce beau privilège. Toutefois il est indigne de l'homme de ne pas chercher...
Page 247 - L'art qui voudrait représenter l'écorce vide, ou le simple contour extérieur des objets individuels , serait mort et d'une rudesse insupportable. Sans doute, ce n'est pas l'individu que nous voulons voir , c'est quelque chose de plus , son idée vivante. Mais lorsque l'artiste reconnaît en lui le regard et l'essence de l'idée créatrice et les fait ressortir , il façonne l'individu de manière à en faire un inonde en soi, une espèce, un type éternel.
Page 240 - Il faut nous élever au-dessus de la forme, pour la retrouver elle-même d'une manière intelligente, vivante, pour k sentir véritablement. Considérez les plus belles formes de la nature, que reste-t-il lorsque vous en avez retiré le principe actif qui les anime ? Rien que des propriétés insignifiantes, telles que l'étendue et leur rapport dans l'espace. Qu'une partie de la matière soit à côté et en dehors d'une autre, en quoi cela importet-il le moins du monde à son essence intérieure...
Page 289 - ... apparemment pour mieux en faire justice) , la beauté n'existe que dans l'art, et nullement dans la nature. Nous pourrions demander où la nouvelle philosophie a établi une pareille esthétique et soutenu une telle opinion. Ne nous rappelons-nous pas plutôt ici, quelle idée des juges de cette espèce ont coutume d'attacher au mot de nature, particulièrement dans l'art? Le critique en question est loin, du reste, de désapprouver l'opinion qu'il nous attribue ; il cherche plutôt à la fortifier...
Page 251 - Winckelmann compare la beauté à l'eau qui, puisée à sa source, est regardée comme d'autant plus salutaire qu'elle a moins de goût. Il est vrai que la plus haute beauté est sans caractère ; mais elle l'est dans le même sens que nous disons de l'univers qu'il n'a aucune mesure déterminée , ni longueur , ni largeur, ni profondeur, parce qu'il renferme toutes les dimensions dans une égale infinité; elle l'est dans ce sens que l'art de la nature créatrice est sans forme, parce qu'elle-même...
Page xxvi - ... du siècle , n'at-on pas déserté celui des idées ? On a aussi proposé d'autres doctrines , d'autres systèmes, mais ces prétendus systèmes n'ont jamais pu parvenir à s'organiser, à se formuler nettement et d'une manière complète. Ce sont des solutions partielles à divers problèmes très-importants sans doute, mais sans portée universelle. Les questions sociales, industrielles, historiques ou religieuses y jouent un rôle exclusif, absorbent , effacent tout le reste, sont données...
Page 258 - Car, de même que la vertu ne consiste pas dans l'absence de passions, mais dans la force de l'esprit qui les maîtrise, de même ce n'est pas en les écartant, ou en les amoindrissant, que l'on produit la beauté , mais par l'empire qu'exerce la beauté sur elles. La force des passions doit, par conséquent, se montrer. Il doit être visible qu'elles peuvent se soulever dans toute leur violence, mais qu'elles sont maintenues par l'énergie du caractère, et qu'elles viennent se briser contre les...

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