Le serment d'Hedwige: Madame de Nailhac (Google eBook)

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Hachette, 1870 - 304 pages
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Page 298 - Sur la terre d'exil pourquoi res"té-je encore ? Il n'eSt rien de commun entre la terre et moi. Quand la feuille des bois tombe dans la prairie, Le vent du soir s'élève et l'arrache aux vallons ; Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie : Emportez -moi comme elle, orageux aquilons ! II...
Page 58 - ... adresser, reprit-elle ; mon père va venir, vous me baiserez la main devant lui. C'est un peu d'hypocrisie que je vous demande, rien qu'un peu. Vous pouvez faire de moi ce qui vous plaira, je me suis donnée; mais lui, épargnez-le. — Ordonnez, je ferai ce que vous voudrez. — Ce que je voudrai? En êtes-vous bien sûr? — Oui, car, sachant ce que vous savez, vous n'exigerez de moi que ce que je puis accorder. — Vous avez raison, et je vous remercie de la bonne opinion que vous avez de...
Page 134 - ... rameau d'aubépine dont elle avait coiffé son chapeau. Dans ce sentier ombreux, ils s'étaient promenés, lentement, à pied, à l'heure où le soleil se couche. Quand la foule des souvenirs le pressait trop vivement, il devenait sérieux, et une ombre de tristesse se répandait sur son visage. Il évitait de passer par Saint-James. Les yeux d'Hedwige ne perdaient rien de ces nuances fugitives. Elle en avait le secret, et ne s'en montrait ni plus rêveuse ni moins égale. Triste, elle le laissait...
Page 31 - ... Stéphane devint pâle comme un mort. C'était un coup de massue. 11 y eut un silence. — Aujourd'hui même, reprit Kloska, le comte Zeleski te présentera officiellement à sa fille. Stéphane quitta son père dans un état d'accablement indescriptible. Ainsi ce que redoutait la comtesse Logobowitz était vrai! On voulait le marier; on n'avait pas attendu son arrivée, on ne l'avait pas consulté ! Tous ses rêves étaient anéantis, toutes ses espérances brisées. L'avenir se fermait. Que...
Page 25 - ... pensiez-vous? dit-elle. — Je pensais... — Taisez-vous! s'écria-t-elle. Je devine que vous ne pensiez pas à moi. Ne m'auriez-vous pas embrassé les mains déjà, et l'une après l'autre, et toutes deux ensemble, si je me trompais? Pour qui ou pourquoi me trahissez-vous, dites? Ah! que vous me ressemblez peu! Moi, je n'ai que vous dans l'esprit, dans le cœur, dans le souvenir, dans l'espérance... Il l'attira près de lui, elle se laissa faire. — Je pense quelquefois, reprit-elle, aux...
Page 73 - Il ne faut pas lui en vouloir, reprit-il à haute voix; les hommes ont des obligations sacrées devant lesquelles il ne leur est pas permis de reculer. — Oh! je ne lui en veux pas... Il m'a dit qu'il m'écrirait... Je vous afflige en pleurant, c'est plus fort que moi. — Pauvre chère enfant! Lui aussi doit être bien malheureux... Hedwige resta plusieurs jours sans nouvelles, dévorant ses larmes, étouffant son chagrin. Elle fit le même récit au comte Kloska, qui lui demandait des nouvelles...
Page 142 - Je vous aime, et vous croyez que cela suffit, que tout sera effacé ! Quel cœur me supposez-vous donc? — Je ne suppose rien, je t'aime, s'écria Stéphane. Oui, je t'ai méconnue, oui, j'ai eu l'âme la plus ingrate et la plus dure; mais je me repens, je me maudis, il n'est pas une fibre de mon être qui ne t'appartienne... Il la couvrait de baisers brûlans et la tenait palpitante serrée contre sa poitrine. Un effort désespéré la rendit libre. Elle s'enveloppa soudain d'une écharpe de dentelles...
Page 131 - ... agitation. Aujourd'hui on ne s'expliquerait pas M. de Rancé. Des hommes se trouvent qui, leurs idoles brisées, n'y retournent plus et se plient à des travaux dans lesquels ils parviennent à s'absorber par un effort constant de la volonté; mais d'autres, d'une nature plus tendre et plus expansive, ne se peuvent éloigner longtemps de l'atmosphère dans laquelle ils ont vécu. Comme un cerf qui retourne au fort où les chiens l'ont attaqué, c'est à l'amour qu'ils demandent la guérison de...
Page 130 - Il ne croyait pas Hedwige si entièrement détachée de lui. Rien de joué dans son attitude, — le ton naturel, presque amical d'une personne dont la bienveillance vous est acquise, et rien de plus. Quand il avait voulu percer cette surface, aucune aide, mais au contraire un air d'indifférence mêlé de raideurs subites qui le repoussaient. Le temps avait fait son œuvre. Cette fière Hedwige, qui ne comprenait pas qu'on pût changer, elle était transformée, elle aussi, et ne gardait plus aucun...
Page 120 - C'était donc pour cela que Stéphane n'avait plus rencontré nulle part le marquis Rispoglio. Si dure que fût la secousse, Stéphane était d'un caractère trop viril pour s'abandonner longtemps aux lâches conseils de la douleur. Bientôt il lutta contre cette première prostration qui suit les violentes crises. Il entra plus avant dans les projets de son père; il voyagea, parcourut l'Angleterre, l'Allemagne, l'Italie, et grâce à des efforts incessans maintint son esprit dans sa vigueur native....

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