Alfred de Musset: étude littéraire (Google eBook)

Front Cover
H. Delisle et F. Regamey, 1875 - 158 pages
0 Reviews
  

What people are saying - Write a review

We haven't found any reviews in the usual places.

Common terms and phrases

Popular passages

Page 102 - Pendant les guerres de l'Empire, tandis que les maris et les frères étaient en Allemagne, les mères inquiètes avaient mis au monde une génération ardente, pâle, nerveuse. Conçus entre deux batailles, élevés dans les collèges au roulement des tambours, des milliers d'enfants se regardaient entre eux d'un œil sombre, en essayant leurs muscles chétifs.
Page 38 - Salut, jeunes champions d'une cause un peu vieille, Classiques bien rasés, à la face vermeille, Romantiques barbus, aux visages blêmis ! Vous qui des Grecs défunts balayez le rivage, Ou d'un poignard sanglant fouillez le moyen âge, Salut ! — J'ai combattu dans vos camps ennemis. Par cent coups meurtriers devenu respectable, Vétéran, je m'assois sur mon tambour crevé.
Page 53 - Regrettez-vous le temps où le ciel sur la terre Marchait et respirait dans un peuple de dieux? Où Vénus Astarté, fille de l'onde amère, Secouait, vierge encor, les larmes de sa mère, Et fécondait le monde en tordant ses cheveux?
Page 55 - Ta gloire est morte, ô Christ ! et sur nos croix d'ébène Ton cadavre céleste en poussière est tombé! Eh bien! qu'il soit permis d'en baiser la poussière Au moins crédule enfant de ce siècle sans foi, Et de pleurer, ô Christ ! sur cette froide terre Qui vivait de ta mort, et qui mourra sans toi...
Page 75 - LA MUSE POÈTE, prends ton luth et me donne un baiser ; La fleur de l'églantier sent ses bourgeons éclore, Le printemps naît ce soir; les vents vont s'embraser; Et la bergeronnette, en attendant l'aurore, Aux premiers buissons verts commence à se poser. Poète, prends ton luth, et me donne un baiser.
Page 40 - Je ne me suis pas fait écrivain politique, N'étant pas amoureux de la place publique. D'ailleurs, il n'entre pas dans mes prétentions D'être l'homme du siècle et de ses passions. C'est un triste métier que de suivre la foule, Et de vouloir crier plus fort que les meneurs, Pendant qu'on se raccroche au manteau des tralneurs.
Page 82 - Les pleurs que je versais m'ont fait penser à toi. Qui de nous, Lamartine, et de notre jeunesse, Ne sait par cœur ce chant, des amants adoré, Qu'un soir, au bord d'un lac, tu nous as soupiré? Qui n'a lu mille fois, qui ne relit sans cesse Ces vers mystérieux où parle ta maîtresse, Et qui n'a sangloté sur ces divins sanglots, Profonds comme le ciel et purs comme les flots? Hélas ! ces longs regrets des amours mensongères...
Page 103 - Toute la maladie du siècle présent vient de deux causes : le peuple qui a passé par 93 et par 1814 porte au cœur deux blessures. Tout ce qui était n'est plus ; tout ce qui sera n'est pas encore. Ne cherchez pas ailleurs le secret de nos maux.
Page 41 - Un artiste est un homme — il écrit pour des hommes. Pour prêtresse du temple, il a la liberté ; Pour trépied, l'univers ; pour éléments, la vie ; Pour encens, la douleur, l'amour et l'harmonie; Pour victime, son cœur — pour dieu, la vérité.
Page 81 - Borné dans sa nature, infini dans ses vœux, L'homme est un dieu tombé qui se souvient des cieux...

Bibliographic information