Le style poétique et la révolution romantique (Google eBook)

Front Cover
Hachette, 1904 - French language - 316 pages
0 Reviews
  

What people are saying - Write a review

We haven't found any reviews in the usual places.

Common terms and phrases

Popular passages

Page 73 - Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie: Emportez-moi comme elle, orageux aquilons.
Page 282 - Les astres émaillaient le ciel profond et sombre ; Le croissant fin et clair parmi ces fleurs de l'ombre Brillait à l'occident, et Ruth se demandait, Immobile, ouvrant l'œil à moitié sous ses voiles, Quel dieu, quel moissonneur de l'éternel été Avait, en s'en allant, négligemment jeté Cette faucille d'or dans le champ des étoiles.
Page 75 - Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres Le crépuscule encor jette un dernier rayon; Et le char vaporeux de la reine des ombres Monte et blanchit déjà les bords de l'horizon.
Page 47 - J'aimais à voir le camp plongé dans le sommeil, les tentes encore fermées d'où sortaient quelques soldats à moitié vêtus, le centurion qui se promenait devant les faisceaux d'armes en balançant son cep de vigne, la sentinelle immobile qui, pour résister au sommeil, tenait un doigt levé dans l'attitude du silence, le cavalier qui traversait le fleuve coloré des feux du matin, le victimaire qui puisait l'eau du sacrifice , et souvent un berger appuyé sur sa houlette, qui regardait boire...
Page 50 - La nuit /-était délicieuse. Le génie des airs secouait sa chevelure ' bleue, embaumée de la senteur des pins; et l'on respirait la faible odeur d'ambre qu'exhalaient les crocodiles couchés sous les tamarins des fleuves. La lune brillait au milieu d'un azur sans tache , et sa lumière gris de perle descendait sur la cime indéterminée des forêts. Aucun bruit ne se faisait entendre , hors je ne sais quelle harmonie lointaine...
Page 162 - Ce type, c'est le grotesque. Cette forme, c'est la comédie. Et ici, qu'il nous soit permis d'insister; car nous venons d'indiquer le trait caractéristique, la différence fondamentale qui sépare, à notre avis, l'art moderne de l'art antique, la forme actuelle de la forme morte, ou, pour nous servir de mots plus vagues, mais plus accrédités, la littérature romantique de la littérature classique.
Page 311 - Le vers est partout dans la langue où il ya rythme, partout, excepté dans les affiches et à la quatrième page des journaux. Dans le genre appelé prose, il ya des vers, quelquefois admirables, de tous rythmes. Mais, en vérité, il n'ya pas de prose : il ya l'alphabet, et puis des vers plus ou moins serrés, plus ou moins diffus. Toutes les fois qu'il ya effort au style, il ya versification.
Page 299 - COMME un dernier rayon, comme un dernier zéphyre Animent la fin d'un beau jour, Au pied de l'échafaud j'essaye encor ma lyre. Peut-être est-ce bientôt mon tour. Peut-être avant que l'heure en cercle promenée Ait posé sur l'émail brillant, Dans les soixante pas où sa route est bornée, Son pied sonore et vigilant, Le sommeil du tombeau pressera ma paupière.
Page 33 - Mais aujourd'hui qu'enfin la vieillesse venue, Sous mes faux cheveux blonds déjà toute chenue, A jeté sur ma tête, avec ses doigts pesants, Onze lustres complets surchargés de deux ans.
Page 228 - Elle file, elle coud, et garde à la maison Un père vieux, aveugle et privé de raison. Si, pour chasser de lui la terreur délirante, Elle chante parfois, une toux déchirante La prend dans sa chanson, pousse en sifflant un cri Et lance les graviers de son poumon meurtri.

Bibliographic information