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Après les provinces d'Ontario et de Québec, c'est celle du Nouveau-Brunswick qui offre, au point de vue de l'instruction publique, le plus d'intérêt. La question des écoles communes et des écoles confessionnelles ou, pour mieux dire, de l'enseignement religieux dans les écoles de l'Etat, y a excité, comme nous l'avons dit en commençant, une agitation qui s'est étendue dans toute la confédération et a exercé, particulièrement dans la province de Québec, une très-grande influence sur les élections pour la Chambre des communes.

En fait d'enseignement classique, le NouveauBrunswick possède une université à Frédérickton, des écoles de grammure établies sous la direction du bureau de l'éducation dans chaque comté, un collége catholique et plusieurs académies.

L'Université fut créée d'abord par une charte provinciale^ 1800, sous le nom de « Collége du NouveauBrunswick. » Par une charte impériale datant de 1828, son nom fut changé en celui de « King's College » auquel fut substitué, en 1860, celui d' «Université du Nouveau-Brunswick. » Les degrés qui se donnent sont ceux de maître-ès-arts, debachelier-ès-scieqces, de docteur en philosophie, de bachelier et de docteur en droit civil et de docteur-ès-lois. Le lieutenantgouverneur est visiteur. L'Université est gouvernée par un sénat composé de douze membres. Il y a sept professeurs et un lycée ou High School où l'on prépare les élèves pour les cours. C'est en même temps l'école de grammaire du comté de York.

Il y a une école de grammaire dans chaque comté, sous la direction immédiate de syndics. Elles sont au nombre de 14, et ellesont 898élèves dont 690étudient la littérature anglaise, 274 le latin, 59 le grec, 169 le français, 42 la philosophie, 122 l'algèbre, 131 la géométrie. A l'exception de 4, ces écoles sont unies aux écoles de district, en vertu d'une disposition de la loi qui rend cette union facultative.

Le collége deSt.-Joseph de Memramcook est dirigé par un ordre religieux, établi en Canada depuis quelques années et dont la maison-mère esta St.-Laurent, près de Montréal. Cet ordre comprend des Pères et des Frères, les premiers connus sous le nom de Pères de Ste. Croix, les autres sous celui de Frères de St. Joseph, Le collége a été fondé il y a une dizaine d'années. Le rév. J. Lefebvre en est le supérieur. Il y a 10 professeurs et 180 élèves.

Un édifice très-coûteux, et de vastes dimensions, a été inauguré cette année.

Cette institution est de la plus haute importance pour l'avenir des populations acadiennes du NouveauBrunswick. Elle est appelée à faire pour elles ce qu'ont fait les anciens colléges du Bas-Canada pour les Canadiens-français.

Il y a aussi une académie classique et commerciale sous la direction des Frères des écoles chrétiennes à St.-Jean, une autre à Chalham, sous la surveillance immédiate de l'évêque du diocèse, et une troisième à St.-Louis, sous la direction du rév. M. Richard et de trois professeurs laïques. Dins plusieurs de ces institutions le français est la langue enseignante.

Le département de l'instruction publique se compose d'un surintendant et d'un bureau ou conseil (Board of Education). Le gouverneur de la province, les membres du Conseil exécutif, le président de l'Université et le surintendant forment ce bureau dont le surintendant est le secrétaire. La distribution des pouvoirs entre le bureau et le surintendant est à peu près semblable à ce que nous avons décrit pour les deux autres provinces, avec cette différence que le rôle du surintendant et son initiative sont moindres. Il y a 14 inspecteurs d'écoles; leurs districts d'inspection sont déterminés par le bureau d'éducation. On exige des aspirants à cette charge les conditions suivantes: avoir obtenu un certificat, après examen, de professeur d'une école de grammaire et avoir enseigné pendant trois ans. De plus, aussitôt après sa nomination, l'inspecteur doit suivre les cours de l'école normale, pendant une session.

La dernière loi d'éducation (1872) ressemble plus, dans quelques-unes de ses dispositions, à la loi d'Ontario qu'à celle de Québec; mais en d'autres points elle diffère de l'une et de l'autre. Nous ne signalerons que ces différences.

La province est divisée en districts d'école par le bureau d'éducation. Chaque district peut avoir plusieurs écoles, mais doit contenir au moins 50 enfants en âge de les fréquenter. Les contribuables de chaque district élisent lessyndics des écoles,lesquelles sont entretenues par une subvention du gouvernement et par des cotisations locales. Elles sont toutes gratuites; les élèves ne payent aucune rétribution. La subvention du gouvernement est payée en partie directement aux instituteurs et en partie aux syndics. Il y a des examinateurs nommés parle bureau d'éducation. Le mode de distribution de la subvention est en partie basé sur le degré du diplôme obtenu par l'instituteur, et en partie sur le degré de succès constaté par le rapport que l'inspecteur fait de l'école. Il se perçoit deux sortes de contributions locales: les unes sur tout le comté, les autres sur le district seulement. La moitié des taxes prélevées sur le comté est destinée au traitement des instituteurs. Les taxes imposées au district (ou arrondissement) d'école suppléent les premières tant pour le salaire des instituteurs que pour l'entretien de l'école, la construction des maisons d'école et toutes les autres dépenses, en général. Une subvention supplémentaire est payée aux districts pauvres par le gouvernement.

Il existe des dispositions particulières pour les cités de St.-Jean et de Frédéricton assez semblables à celles qui ont été faites dans la province de Québec, pour les cités de Québec et de Montréal, avec cette grande différence, toutefois, qu'il n'y a qu'un seul bureau pour chaque cité, tandis qu'à Québec et à Montréal il y a un bureau catholique et un bureau protestant. Les écoles se divisent en écoles élémentaires et en écoles supérieures. Celles-ci, comme nous l'avons dit, peuvent être unies aux écoles de grammaire par arrangement facultatif entre les deux bureaux de direction. Il ne peut y avoir qu'une seule école primaire supérieure dans chaque paroisse. Cette division correspond assez à celle qui est faite dans la province de Québec en académies, écolesmodèles ou primaires supérieures et écoles élémentaires. Pour établir une école supérieure dans une paroisse, il faut d'abord que les syndics aient engagé, du consentement de l'inspecteur, un instituteur

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