gîes , à cause qu'on ne peut pas violer les Statuts d'un Ordre sans contrevenir à l'esprit de l Instituteur, quanti pr&fumptionis tíi , difc plm* fuis regulant frangat quam » fanttis patribui trad t,*m ntn ignorat. Quj« n'accuseroit, dit-il, d'un extreme « orgueil & d'une p esomption insup- « portable le Religieux qui ozc trans- « gresser une discipline reguliere qu'il « íçait avoir esté si utilementestablie « par les saints Pères & par les pre- « miers Instituteurs. Et pourquoy ? « parce que c'est se preferer en quelque façon à eux que de rejetter la forme de vivre qu'ils ont donnée de la part de Dieu, comme la plus propre & & la plus conforme à l'esprit de leur ordre; En effet le Religieux qui est obligé en conscience d'observer ses vœux & de le servir des moiens propres pour cette fin, s'il a tant soit peu d'humilité,doit tenir pour aíseuré que ceux qui sont marqués dans la regle sont les meilleurs, & que instituteur ne s'est pas trompé dans le choix qu'il en a fait avec beaucoupJ,e déliberation 5 8c les regardant comme

les meilleurs, ne devroit-il pas s'y soûmettre humblement.

C'est ce que Vvalafridus Strabo avoit déja enseigné dés le dixième íîecle, lors qu'il accuse d'arrogance & de presomption ceux qui proposeroient quelque changement en la disposition du Breviaire que saint Benoist avoit reglé & ordonne à ses Religieux, quoy qu'il eût permis de lé disposer autrement si on le jugeoit à propos : car s'il les traitta de presomptueux & d'arrogans , simplement à cause qu'ils n'auroient pas esté soumis à un reglement qui n'estoit qu'à discretion, & qui nefaisoit qu'une petite partie des observances regulie.» tes ;Qoe n'auroit-il point dit contre eux, s'il les avoit veus dans le dessein de s'exemter de toute la discipline Monastique quand bon leur sembleroit. On en peut lire lc passage en la i. p. de ce traitté, siecle i o. d'où il semble qu'on peut conclure que la transgression volontaire de nos regles ne peut estre non plus exempte de peché que d'orgueil & de presomption ; si ce n'est que nous les transgressions en la mesme maniere que saint Hilaire permet de transgresser les loix , àl'exemple de Jesus-Christ, qui ea qua in lege pr&fcripta sucrant, profeBu non abolitione transgreffus efls c'est eft son commentaire sur saine Math. can. 4. Oiiy , nous pouvons « transgresser la loy, non point en re- « susant de faire ce qu'elle ordonne, « mais en faisant plus qu'elle ne de- « mande. Olaglorieuse maniere de « transgresser les loix & les regles, quand on fait plus qu'on n'est obligé de faire. Plût à Dieu qu'on n'eût jamais dans les cloistres d'autres transgressions à denoncer aux Superieurs, que celles.là.

CHAPITRE V. .
Cinquième Raifon.

ON ne peut pas excuser de peché le Religieux qui s'eíloigne volontairement de la fin propre & particuliere de son Estat; c'est pourtant ce que nous faisons quand nous negligeons de pratiquer ce qui nous est ordonné dans nostre Regle & nos Constitutions. Ces loixqui nous ont esté imposées par la sagesse de no» Instituteurs , sont autant de moyens pour arriver à cette fin. Ce sont autant de voyes qui y conduisent, & sont autant de lignesqui y aboutissent comme à leur centre. Si nous resusons d'user de ces moyens , si nous nous écartons de ces voyes , si nous ne suivons point la droiture de ces lignes selon ltí cours ordinaire de la grace, nous ne pouvons point obtenir cette fin : Nostre negligence à l'égard de nostre regle c'est un empeschement & uns obstacle que nous mettons au secours du Ciel que Dieu attache communement aux moyens qu'elle nous enseigne.

C'est nous tromper nous- mesme que de croire que nous ayons de l'amour pour la fin de nostre vocation , tandis que nous nous éloignons du chemin, que nos Peres nous onr marqué pour y arriver. Ce n'est pas là marcher sur leurs traces, ce n' est pas estre leurs imitateurs & leurs enîans. Pour mieux reconnoistre la fia propre & particuliere de nostre estat, jettons s'il vous plaist, la veuc sur la diversité des Ordres ou des Instituts qui sont dans le sacré parterre de lEglise, comme autant de carreaux ornés de belles rieurs.

A l'égard des Ordres qui n'ont esté instituez que pour le seul service de Dieu, tels que sont ceux de saint Pacôme, de saint Basile , de saint Augustin, de saint Benoist, de saint Bruno , Pcc. Quelle est leur fin propre & particuliere, sinon les exercices de la vie solitaire & contemplative en la maniere prescrite par leurs ConstitHtions >

A l'égard des Ordres érablis pour servir Dieu dans ses membres, & les membres pour l'amour du Chef, quelle est leur fin propre & speciale, sinon les fonctions de la vie active?par exemple , s'il s'agit des Chevaliers de saint Jean de Jerusalem , de saint Jacques,de saint Estienne & de S. Lazare , quelle est leur fin propre & speciale, sinon de combattre pour la deffense de l'Eglisc, & de repouíser les ennemis de la foy?S'il s'agit des

« PreviousContinue »