uorrliée, et n'ayant jamais eu ni chancre ni symptôme secondaire.

Sa femme est une belle blonde parfaitement constituée et d'une famille où la fécondité est remarquable.

Après plusieurs années d'un mariage stérile, et la femme ayant été plusieurs fois, sur l'avis des accoucheurs, envoyée aux eaux ferrugineuses, il vint me confier ses déceptions et me rappeler ses écarts personnels. J'appris en même temps que ses fonctions génitales s'exerçaient toujours avec une parfaiteintégriléet une activité plus que satisfaisante. Je lui demandai de son sperme, il m'en procura séance tenante, que je reçus entre deux verres de montre, préalablement tiédis dans l'eau. Je les réunis avec du diachylon et les portai immédiatement à M. Hepp. Il ne contenait pas un seul zoosperme, pas même de traces épithéliales de leur destruction. Je reproduisis la même expérience quelques jours après avec un résultat identique. B. n'eut jamais d'enfant.

J'ai souvenance d'avoir observé plusieurs faits semblables où des individus, atteints d'orchite d'un seul côté et parfaitement guéris d'ailleurs, ne purent jamais avoir d'enfants, sans que j'eusse néanmoins examiné le sperme. Il existe d'ailleurs dans les auteurs la mention de la stérilité avec absence de zoospermes à la suite d'une seule orchite.

Voici maintenant deux autres faits où la stérilité chez l'homme est primitive ; je les ai observés tous deux l'année dernière.

Obs. II. Madame V., mariée depuis cinq ans, se tourmenle depuis la première année sur sa stérilité. Quoiqu'elle ait tous les attributs extérieurs qui annoncent la femme féconde; quoiqu'elle ait inutilement fait plusieurs voyages aux eaux ferrugineuses; quoique enfin l'examen de ses organes génitaux offre une intégrité parfaite, elle persiste à être traitée et examinée, apportant une véritable passion à la réalisation de son but. N'ayant plus de conseils à lui donner, je la présentai l'été dernier à M. le professeur Stoltz, qui ne put constater qu'un léger abaissement du col utérin et conseilla de se conduire en conséquence pendant l'acte de la copulation; aucun résultat ne s'ensuivit.

Un jour que le mari vint chez moi, je le questionnai sur ses antécédents. C'est un homme d'une taille ramassée, d'une vigueur

peu commune, qui n'a jamais eu le moindre incident vénérien ; il se vante de sa force prolifique, de ses prouesses conjugales, qui jamais ne le fatiguent, si fréquentes qu'elles puissent être; il m'apprend cependant que sur quatre de ses sœurs deux sont stériles et que cette stérilité alterne selon l'ordre de leur naissance. C'est la première et la troisième qui sont stériles, et ce fait n'est pas sans analogue dans sa famille.

Je pris rendez-vous avec lui pour le lendemain matin à l'hôpital : il devait m'apporter du sperme fraîchement mis dans une baudruche renfermée dans un verre.

Le liquide était encore chaud quand je le soumis à M. Hepp,il ne contenait pas les moindres traces de zoospermes. Cet examen, répété trois fois dans les mêmes circonstances, donna chaque fois le même résultat.

Je soumis M. V. aux lotions froides, à l'électricité induite en portant une sonde sur la prostate et l'autre conducteur sur le testicule; je lui administrai l'huile phosphorée; il se nourrit de truffes et de poissons pendant tout l'hiver. Aucun résultat ne fut obtenu.

Obs. III. Vers la fin de l'été passé, je traitai une dame de Mulhouse. Sa fille vint lui rendre une visite et me consulta sur sa stérilité qui durait depuis deux ans de mariage. C'était une jeune femme brune, magnifiquement développée, sans aucune obésité, ayant, en un mot, tous les attributs de la maternité; ni le toucher, ni le spéculum n'indiquaient la moindre anomalie dans ses organes génitaux. Je demandai avoir le mari. C'était un homme blond, petit, trapu, très-fort de couleur et de constitution. Il se vanta de ses forces génitales et de sa vigueur maritale, qui lui permettait de dépasser les limites imposées à la généralité des maris. J'examinai son sperme dans les mêmes conditions que celles indiquées ci-dessus; le résultat fut identiquement le même, pas la moindre trace de zoospermes, à peine quelques-uns de ces débris d'épilhélium indiquant les rudiments des animalcules et tels qu'on les a découverts dans les spermatorrhées graves. Je conseillai le même traitement que ci-dessus, et jusqu'à présent aucun résultat n'est venu à ma connaissance.

Nous voyons dans ces deux derniers faits l'existence primitive de la stérilité sans aucune cause antécédente appréciable.

Non-seulement l'état général de ces deux hommes indiquait une constitution des plus vigoureuses, mais, chose digne de remarque et sur laquelle tous deux ont insisté, c'est que l'éjaculation n'était suivie chez aucun d'eux de ce sentiment de fatigue qu'elle emporte généralement à l'état physioogique. Ce fait pourrait peut-être, s'il se généralisait, servir de signe ou du moins appeler l'attention.

Obs. IV. J. B., jeune homme d'une force physique peu commune, mais d'un caractère timide et d'un tempérament nerveux, est marié depuis dix ans à une jeune femme, sa proche parente, d'une belle constitution sanguine.

Après plusieurs années de stérilité, madame B. fut envoyée aux eaux de Schwalbach, quoique rien, ni dans son organisation, ni dans ses organes sexuels, n'indiquât un dérangement quelconque. Sa stérilité ayant continué, nous vîmes plusieurs fois le maii, qui nous fit part de ses déceptions. En l'interrogeant sur ses fonctions personnelles, nous apprîmes que les rapprochements étaient faciles, les érections fréquentes, mais que, malgré la durée de ces rapprochements, l'éjaculation ne s'ensuivait pas, et que tantôt il se retirait sans que l'érection eût cessé, tantôt celle-ci se terminait sans résultat, et que le lendemain les urines conte-" tenaient une matière blanchâtre.

L'idée de quelque rétrécissement valvulaire près du col nous vint alors à l'esprit : nous l'engageâmes à nous envoyer ses urines lorsqu'elles contiendraient la matière en question et nous y découvrîmes un grand nombre de zoospermes.

Le malade s'adressa à M. le professeur RiGaud, qui le traita par le dilatateur et par des sondes de très-gros calibre. Aucun résultat ne fut obtenu quant à la fécondation.

Il fut envoyé inutilement aux bains de mer d'Ostende. Un jour, if y a à peu près un an, B. sentit pendant l'acte générateur une vive douleur suivie d'éjaculation ; il retira son membre tout sanglant. A dater de ce moment l'éjaculation put avoir lieu, et, il y a trois semaines, il m'écrivit que sa femme venait d'accoucher d'un garçon après onze ans de mariage.

Il est infiniment probable que dans ce cas un obstacle quelconque, peut-être une étroitesse nodulaire des canaux éjaculateurs, se trouvait vers le veru montanum; car il faut

intenses, et qu'avant leur apparition ses fonctions génitales s'étaient toujours exécutées normalement.

Dr Hirtz, Professeur agrégé à la Faculté de médecine de Strasbourg,

III. Aneat béate locale employée avec «uccès pour l'opération de l'ongle incarne, par le procédé Baudcna. Note lue à

la Société de médecine de Besançon par le docteur Mahtenot De Cordocx , médecin major de irc classe.

Tous les traitements palliatifs employés pour combattre l'ongle qui entre dans les chairs des gros orteils sont d'une application longue, difficile et complètement inutile. 11 faut que le malade se résigne à garder son infirmité ou à supporter l'opération.

Je ne veux pas passer en revue les nombreux moyens qui ont été mis en usage et préconisés tour à tour par différents auteurs. L'application des caustiques a compté quelques succès achetés par une perte de temps considérable; c'est à l'opération sanglante qu'il faut avoir recours quand le malade y consent; c'est certainement celle qui présente les meirleurs résultats et qui est la plus rationnelle.

Sans m'occuper de tous les procédés décrits par les auteurs, je ne vtux mettre en parallèle que celui de Dupuytren et celui de Baudens. Le premier consiste à fendre l'ongle avec de forts ciseaux, de son extrémité libre jusque vers son extrémité inférieure, puis, avec des pinces à disséquer, enlever séparément chaque moitié.

Cette opération est très-douloureuse, et la RUérison est presque toujours entravée par la formation des productions cornées irrégulières qui sortent du fond de la matrice de l'ongle, productions qu'il faut arracheravec de nouvelles douleurs, et qui reparaissent quelquefois indéfiniment

Le procédé Baudens consiste à enlever tout un côté de l'ongle d'un seul coup, en portant son bistouri perpendiculairement au dessus de l'origine de la matrice, puis en le ramenant au-dessous en le tournant à plat, pour enlever d'un seul coup l'ongle et les chairs fongueuses qui existent toujours à l'endroit du mal. •exactement comme s'il s'agissait de donner le premier coup de canif à une plume à écrire.

M. Baudens a appelé ce procédé le coup de ajouter que B. avait eu plusieurs gonorrhées canif, parce que, en effet, le chirurgien opère

Ce procédé est douloureux, mais il est d'une rapidité extrême, et il offre surtout l'avantage d'enlever la matrice de l'ong'e et toutes les chairs fongueuses qui sont respectées par les autres procédés et offrent de graves inconvénients pour le résultat de l'opération.

Depuis vingt ans j'ai fait choix du procédé Baudens, et je m'en suis toujours bien trouvé. Aujourd'hui je veux vous entretenir d'un fait particulier à cette opération, et qui permet de faire disparaître son plus grave inconvénient, la douleur, tout en évitant les dangers de l'anesthésie complète; je veux parler de l'anestliésie locale, que je viens de mettre en usage avec un succès complet sur deux militaires à l'hôpital Saint-Jacques.

Voici de quelle manière je procède : Je fais à la base de l'orteil une assez forte compression à l'aide d'une ligature, puis j'applique pendant quinze à vingt minutes une couche assez épaisse de charpie imbibée de chloroforme camphré, et recouverte d'un linge assez épais, ou mieux encore d'une toile cirée, pour empêcher l'évaporation trop rapide. Le camphre se dissout avec une facilité extrême dans le chloroforme; il ne faut pas en mettre jusqu'à saturation, on peut l'employer presque à parties égales : je me contente de mettre vingt grammes de camphre pour trente de chloroforme. Du reste il n'y a pas de règle absolue ni pour la quantité de camphre à employer, ni pour la durée de l 'application de ce mélange. Le chiru gien s'assure, en piquant l'orteil avec une épingle, que la sensibilité a disparu, et choisit le moment de l'opération. Le chloroforme camphré, joint à la ligature, amène Paneslhésie locale d'une manière parfaite, et permet d'achever celle opération si douloureuse sans que le malade s'en aperçoive.

Mon premier opéré a éprouvé des douleurs peu de temps après l'opération : du reste, il était d'un tempérament très-irritable; il est sorti de l'hôpital, radicalement guéri, après Tingt cinq jours de traitement.

Chez li> second l'onyxis était double sur le même gros orteil. J'ai fait les deux opérations coup sur coup, sans que le malade accusât la moindre douleur; je considère ce résultat comme excessivement remarquab'e, car, je le répète, malgré sa promptitude, cette opération

est une des plus douloureuses qui existent: La matrice, les chairs fongueuses et les deux côtés de l'ongle ont été enlevés; il ne reste que la partie moyenne de l'ongle avec la portion de matrice correspondante. Ce malade est encore en traitement, et je pense qu'il pourra sortir, comme l'autre, aprè3 vingt-cinq jours de présence a l'hôpital.

HYGIENE.

IV. \o(i- sur l'emploi alimentaire des champignon! vénéneux.

Les personnes qui parcourent nos forêts y voient apparaître et se perdre une immense quantité de volumineux champignons. La plupart de ceux-ci pourraient offrir à l'homme une nourriture abondante et substantielle; mais un petit nombre étant vénéneux, tous ont été enveloppés dans la même proscription.

C'est un non-sens d'économie domestique. Il fallait chercher s'il ne serait pas possible de trouver un moyen sûr et facile d'en éliminer l'agent toxique, comme on le fait à l'égard de certains aliments d'un usage journalier sur nos tables. Tel est le tapioka que nous ne mangeons qu'après qu'on en a extrait le principe vénéneux; et celui-ci est si énergique, que les nègres qui veulent se donner la mort y ont communément recours. L'action en est terrible comme celle de l'acide cyanhydrique; car c'est lui, dit-on, qui se trouve dans la plante.

La direction que nous indiquons est d'autant plus rationnelle qu'en étudiant la toxicologie mycétologique, on reconnaît immédiatement que, quoiqu'il y ait réellement des champignon» dont le poison est d'une effrayante énergie, il existe cependant à l'égard de ceux-ci de grandes dissidences parmi les naturalistes. Et, d'un autre côté, on sait que dans cerlains pays on mange indistinctement toutes les espèces de champignons que l'on rencontre dans les forêts.

Daubenton, étonné, comme nous l'avons été nous-même, de l'énorme quantité de champignons qui se perdent dans les campagnes, avait voulu, en dernière ressource, les utiliser pour la nourriture des bestiaux, et ayant essayé de presque toutes nos espèces indigènes, il s'aperçut qu'il n'y en avait qu'un fort petit nombre de délétères.

Bory-Saint-Vincent rapporte même que durant sos voyages,, ayant fait usage de tous tes champignons qu'il rencontrait, il n'en a jamais été incommodé. Bosc avait déjà dit à peu près la même chose.

En Saxe, au rapport de Schwœgsichen, les habitants des campagnes emploient tous les champignons qu'ils trouvent. Le célèbre mycétologue Paulet dit que cela a lieu également en Hongrie et en Pologne. Dans certains districts de la forêt Noire, j'ai vu régner le même usage. Les champignons que les charbonniers y cueillaient étaient cuits sur le gril, épicés et mangés indistinctement. Dans diverses villes du midi de l'Europe, j'ai vu vendre des masses de champignons secs et d'espèces les plus variées.

D'un autre côté, les plus inexpliquables dissidences régnent dans les œuvres des botanistes à l'égard de l'innocuité de certains champignons.

L'agaric acre, considéré comme un poison parOrfilaet tous les toxicologistes, est, au contraire, signalé comme alimentaire par Paulet Celui-ci rapporte même que dans certains pays on ne se contente pas de le manger frais, et qu'on le fait confire pour l'hiver.

Vagaric meurtrier est considéré par Bulliard comme extrêmement redoutable; tandis qu'un autre mycétologue, Persoon , dit qu'on peut le manger avec sécurité, et que ce n'est même qu'une variété de Yagaricus deliciosiis.

M. Desmartis prétend avoir mangé impunément Vagaric fausse oronge, tandis que Vicat, Paulet, Chevalier, Persoon, Targioni, Vauquelin, Orfila, Roques et Gérard, d'après leurs observations ou leurs expériences, regardent cette fausse oronge comme un des plus redoutables poisons du règne végétal, ce qui est aussi notre opinion.

En présence de ces assertions si contradictoires, que l'on pourrait multiplier à l'inGni, il devenait évident pour nous:

i* Qu'ainsi que l'ont reconnu tous les mycétologues sérieux, il était impossible d'assigner aucun caractère précis qui puisse permettre de distinguer un champignon édule d'un champignon vénéneux;

2° Que le principe toxique de ceux-ci devait être ou soluble ou volatil, ce qui expliquerait toutes les dissidences des savants;

3° Que la diversité des allégations de ceux-ci

ne peut s'expliquer que par la manière dont on apprête les champignons.

Ce qui précède m'avait conduit à penser que, quelle que soit la nature fixe ou volatile du principe toxique des champignons, celui-ci était soluble dans l'eau à la température normale et encore plus dans l'eau bouillante.

J'ai démontré ce fait par un double procédé expérimental, de manière à le rendre d'une incontestable évidence. J'ai choisi parmi les champignonsceux dont le poison était reconnu comme le plus redoutable; tandis qu'avec leur chair je nourrissais parfaitement bien des animaux, avec la décoction de celle-ci j'empoisonnais infailliblement les autres. C'était, comme on le voit, l'expérience démontrée par sa contreépreuve.

J'ai d'abord expérimenté sur l'amanite à.mouche ou fausse oronge, amanita muscaria (Persoon), très-abondante dans les forêts des environs de Rouen. Les champignons de cette espèce, après avoir été coupés en gros fragments, étaient déposés dans des casseroles en terre et on y ajoutait seulement assez d'eau pour les submerger. Celle-ci était ensuite portée à l'ébullilion pendant assez de temps pour leur donner le degré de cuisson qui suffit pour les manger. Aussitôt que celle opération était terminée , ces champignons étaient extraits de l'eau et on les mettait égoutter.

Lorsque ces champignons étaient égouttés suffisamment, on en faisait une pâtée compacte en les mêlant à très-peu de viande ou de pain, et on les donnait à mangera un chien de chasse de médiocre taille, qui, pendant toute la durée de mes expériences (environ deux mois), en était presque entièrement alimenté. A l'aide de ce régime, qui paraissait lui être agréable, la santé de cet animal s'entretint à merveille; il engraissait et était constamment gai et alerte.

Ensuite l'eau qui avait servi à la décoction était mêlée aux aliments de plusieurs chiens, parmi lesquels il y en avait de forte race, des dogues et même des chiens de Terre-Neuve; et, constamment, tandis que la chair de cette amanite vénéneuse nourrissait parfaitement l'un des chiens, au contraire tous ceux auxquels la décoction était donnée périssaient.

Parfois ils expiraient dans la nuit même; d'au 1res fois dans la seconde nuit.

La mort n'avait pas été précédée de vomissemenls, et l'autopsie offrait ordinairement des traces d'une vive irritation intestinale. J'ai parfois aussi trouvé la muqueuse de l'intestin grêle d'un rouge cerise par places. Quelquefois aussi, mais plus rarement, les membranes du cerveau étaient enflammées.

J'ai aussi expérimenté sur l'amanite vénéneuse, a munit a venenosa, Pers. — et, en employant celle-ci, j'ai obtenu absolument les mêmes résultats qu'avec l'espèce qui précède.

Ainsi donc, j'avais strictement démontré, et de deux manières qui se contrôlent mutuellement, qu'on pouvait nourrir des animaux avec la cbair des plus redoutables champignons et que le principe toxique de ceux-ci est soluble, puisque leur décoction empoisonne les autres.

U n'était nullement douteux que sur l'homme les expériences amèneraient les mêmes résultats : M. Gérard en a pris la courageuse initiative, et c'est un hommage que nous devons rendre à sa mémoire. 11 a proposé aux savants de se nourrir, lui et sa famille, des espèces les plus délétères, après les avoir fait cuire à grande eau. Et il l'a fait.

C'est ici le moment de dire que l'on n'observe d'empoisonnement par les champignons que quand ceux-ci, au lieu d'avoir été cuits préalablement dans l'eau et égouttés, sont au contraire apprêtés avec l'aliment lui-même. Ainsi le principe délétère se mêle en entier à celui-ci et agit avec sa déplorable énergie. Quand on est appelé à soigner des personnes empoisonnées, on peut les pronostiquer à l'avance. C'est ce qu'il m'est arrivé d'observer dans un cas où toute une famille, à l'exception d'un seul enfant, succomba après avoir mangé un ragoût fait avec Y amanite vénéneuse, qui est l'une des espèces qui cause en Normandie le plus d'accidents parce qu'on la confond souvent avec V agaric comestible.

D'après ce qui précède, on voit pourquoi certains auteurs ont pu, avec raison, proposer d'enlever le principe vénéneux des champi

gnons en les faisant mariner dans de l'eau vinaigrée ou salée. Je ne pense pas que le sel ou le vinaigre agissent chimiquement en neutralisant l'agent toxique; ils en favorisent seulement la détersion et ne peuvent nuire. Mais l'ébullition pure et simple est d'uue efficacité bien plus évidente.

Pouchet, de Rouen.

Note de la rédaction. — Quoique M. Pouchet semble ne pas attacher une grande importance à l'addition du vinaigre et du sel à l'eau qui sert à mariner les champignons vénéneux , comme on ne saurait prendre trop de précautions en pareille occurrence, nous indiquerons le procédé employé par M. F. Gérard pour enlever le principe toxique aux champignons suspects.

« Pour chaque 500 grammes de champignons coupés de médiocre grandeur, il faut un litre d'eau acidulée par deux ou trois cuillerées de vinaigre, ou deux cuillerées de sel gris, si l'on n'a pas autre chose. Dans le cas où l'on n'aurait que de l'eau à sa disposition, il faut la renouveler deux ou trois fois. On laisse les champignons macérer pendant deux heures entières. Puis on les lave à grande eau. Ils sont alors mis dans l'eau froide, qu'on porte à l'ébullition, et après une demi-heure, on les retire, on les lave encore, on les essuie et on les apprête comme mets spécial. Inutile de dire que toutes les eaux qui ont servi à laver les champignons doivent être jetées. »

La méthode de M. Gérard, expérimentée devant une commission, obtint un rapport se terminant par cette conclusion, « qu'il .est possible de rendre inoffensifs les champignons. » Ces conclusions furent adoptées par le conseil de salubrité. Toutefois, dans la crainte que le public ne prît pas toujours les précautions indiquées et qu'il en résultât des accidents, le conseil ne donna pas une notoriété officielle à des faits qui, sans doute,.se propageront d'eux-mêmes.

II. REPERTOIRE MEDICAL.

BxpaUten «ta placenta avant l'enfant, i des craintes légitimes : des hémorrhagies abonpar M. Missa. — L'insertion du placenta sur I dantes, quelquefois mortelles, en sont la conle cot de l'utérus inspire à tous les accoucheurs I séquence la plus habituelle. Il est une autre

« PreviousContinue »