Élisabeth, ou les exilés de Sibérie: Ptie. 1

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1806
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Page 139 - Le moment est venu, leur dit-elle ; tout favorise mes projets : la Providence m'ouvre une route sûre, le ciel m'approuve et bénit mes intentions. 0 mes parents ! ne les approuverez-vous pas, ne les bénirez-vous pas comme lui ?" A ces mots, Springer tressaillit, car il comprit ce qu'il allait entendre ; mais Phédora, qui n'en avait aucune idée, s'écria : " Elisabeth, quel est donc ce mystère, et que contient ce papier ?" Et elle fit un mouvement pour le prendre ; sa fille osa le retenir.
Page 30 - Sa santé se fortifiait par le grand air, sa taille se développait par l'exercice, et sur son visage, où reposait la paix de l'innocence, on voyait chaque jour naître un agrément de plus. Ainsi, loin du monde et des hommes, croissait en beauté cette jeune vierge pour les yeux seuls de ses parents, pour l'unique charme de leur cœur; semblable à la fleur du désert, qui ne s'épanouit qu'en présence du soleil, et ne se pare pas moins de vives couleurs, quoiqu'elle ne puisse être vue que par...
Page 192 - A ces mots , Elisabeth s'appuya à demi évanouie contre le mur de la chaumière. Son père vit qu'il l'avait trop émue, il se reprocha vivement sa faiblesse. « Ma fille , lui dit-il avec une voix plus calme, prends courage : je prendrai courage aussi ; je te promets , non de consoler ta mère, mais de la fortifier contre la douleur de ton départ ; je te promets de te la rendre quand tu reviendras ici. Oui , mon enfant , soit que le succès couronne ou non ton pieux voyage , tes parents ne mourront...
Page 13 - ... les habitent , il n'en est point. La plupart de ces infortunés demeurent dans les villages qui bordent le fleuve, depuis Tobolsk jusqu'aux limites du cercle d'Ischim ; d'autres sont relégués dans des cabanes, au milieu des champs. Le gouvernement fournit à la nourriture de quelques-uns; ceux qu'il abandonne vivent de leurs chasses d'hiver : presque tous sont en ces lieux l'objet de la pitié publique , et n'y sont désignés que par le nom de malheureux.
Page 8 - ... la terre ne dégèle pas à un pied ; de tristes et larges fleuves dont les eaux glacées n'ont jamais arrosé une prairie, ni vu épanouir une fleur. En avançant davantage vers le pôle, les cèdres, les sapins, tous les grands arbres disparaissent ; des broussailles de mélèzes...
Page 195 - Aucun souffle de vent ne ridait la surface du lac, n'agitait les feuilles des arbres ; celles mêmes du bouleau étaient tranquilles ; les oiseaux ne chantaient point, tout se taisait, jusqu'au moindre insecte. On eût dit que la nature entière se tenait dans un respectueux silence afin que la voix d'un père qui à travers la forêt criait encore un adieu à sa fille fût le dernier son qu'elle pût entendre. J'ai essayé de dire les douleurs du père ; mais celles de la mère, je ne l'essaierai...
Page 9 - ... d'où partent des colonnes de lumière mobile, elles donnent à ces régions hyperborées des spectacles dont les merveilles sont inconnues aux peuples du Midi. Au sud de Tobolsk s'étend le cercle d'Ischim ; des landes, parsemées de tombeaux et entrecoupées de lacs amers, le séparent des Kirguis, peuple nomade et idolâtre. A gauche, il est borné par l'Irtish, qui va se perdre, après de nombreux détours, sur les frontières de la Chine, et à droite par le Tobol.
Page 7 - LE trait qui fait le sujet de cette histoire, est vrai: l'imagination n'invente point des actions si touchantes, ni des sentiments si généreux ; le cœur seul peut les inspirer. La jeune fille qui a conçu le noble dessein d'arracher son père à l'exil ; qui l'a exécuté en dépit de tous les obstacles, a réellement existé ; sans doute elle existe encore : si on trouve quelque intérêt dans mon ouvrage, c'est à cette pensée que je le devrai.
Page 20 - Il attrapait quelquefois des martres zibelines, assez rares dans ce canton, et plus souvent des hermines qui y sont en grand nombre ; du prix de leur fourrure, il faisait venir de Tobolsk des meubles commodes et agréables pour sa femme, et des livres pour sa fille. Les longues soirées étaient employées à l'instruction de la jeune Elisabeth.
Page 198 - ... avec du papier, et où, pour surcroît de désagrément dormaient pêle-mêle le père, la mère, les enfants, et quelquefois même une partie du bétail de la famille. A quarante verstes de Tioumen...

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