Epitres: contes et pastorales

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Lemerre et Vieuve Savigné, 1877 - 276 pages
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Page 8 - Heur bien aimée. Paysanne sans art, Dans une chambre parfumée Mendier un regard ; Les coupes de marbre et d'agate Sont pour les bluets bleus, Et pour le pavot écarlate. Tes voisins paresseux. Moins orgueilleuse que la rose, Au pauvre tu souris, Car de sa sueur il arrose Le sol où tu fleuris. C'est lui qui te tresse en guirlande Avec sa rude main. Et va te porter en offrande A la croix du chemin.
Page 97 - Ah ! que mars est un joli mois ! C'est le mois des surprises, Du matin au soir dans les bois, Tout change avec les brises. Le ruisseau n'est plus engourdi ; La terre n'est plus dure ; Le vent qui souffle du midi Prépare la verdure. Le rossignol n'est pas venu, Rempli de douces notes, Mais déjà sur le hêtre nu •Résonnent les linottes. Par dessus la haie en éveil, Fier de ses fleurs écloses, On voit le pêcher au soleil Ouvrir ses bourgeons roses. Gelée et vent, pluie et soleil Alors tout...
Page 136 - Ils prennent leurs repas; on les entend de loin Tirer du râtelier la luzerne et le foin ; Leur queue aux crins flottants, sur leurs flancs qu'ils caressent, Fouette à coups redoublés les mouches qui les blessent. A quelques pas plus loin, un poulain familier Frotte son poil bourru le long d'un vieux pailler, Et des chèvres, debout contre une claire-voie, Montrent leurs fronts cornus et leurs barbes de soie.
Page 135 - Là, profitant de l'heure accordée au repos, Bergers et laboureurs sont couchés sur le dos, Et, près de retourner à leurs rudes ouvrages, Dans un calme sommeil réparent leurs courages. Autour d'eux sont épars les fourches, les râteaux, La charrette allongée, et les lourds tombereaux. Par une...
Page 8 - Tu n'es ni rose ni belle, Tu crois en liberté, Et c'est de ta manne éternelle Que vit l'humanité. Tu fleuris dans la plaine blonde Lorsque Juin est en feu, Achevant ton œuvre féconde Sous le regard de Dieu. Dans ta corolle s'élabore Le suc puissant du grain; Le soleil l'achève et le -dore : Nous en ferons du pain! O rieur laborieuse et chaste, Salut, ô fleur du blé, Toi qui t'épanouis sans faste Dans l'épi barbelé.
Page 135 - Autour d'eux sont épars les fourches, les râteaux, La charrette allongée, et les lourds tombereaux. Par une porte ouverte, on voit l'étable pleine Des bœufs et des chevaux revenus de la plaine; Ils prennent leur repas; on les entend de loin Tirer du râtelier la luzerne et le foin; Leur queue aux crins flottans, sur leurs flancs qu'ils caressent, Fouette à coups redoublés les mouches qui les blessent.
Page 136 - Frotte son poil bourru le long d'un vieux pailler, Et des chèvres, debout contre une claire-voie, Montrent leurs fronts cornus et leurs barbes de soie. Les poules, hérissant leur dos bariolé, Grattent le sol, cherchant quelques graines de blé. Tout est en paix, le chien même dort sous un arbre, Sur la terre allongé comme un griffon de marbre. Au seuil de la maison, assise sur un banc, Entre ses doigts légers tournant son fuseau blanc, Le pied sur l'escabeau, la ménagère file, Surveillant...
Page 137 - Vous dormez, couflans en la bonté de Dieu, Heureux d'être abrités sous ce pan de ciel bleu. On vous a vus dormir de ce sommeil tranquille Quand sonnait le tocsin de la guerre civile, Alors qu'on entendait, de vos hameaux fleuris, Le tonnerre lointain du canon dans Paris. Laboureurs obstinés, semeurs que rien n'effraie, Cicatrisant toujours quelque nouvelle plaie, Réparant les dégâts faits par l'homme ou le ciel, Vous travaillez au blé comme l'abeille au miel. Que le tonnerre gronde au ciel...
Page 81 - L'AÏEULE. Elle avait vu passer tout un siècle troublé ; Les héros disparus et le trône écroulé Revivaient dans ses causeries ; Elle aimait le travail et les doigts diligents, Et gourmandait parfois les pâles jeunes gens Qui s'épuisent en rêveries. Les torts ne lassaient pas son oubli généreux ; De sa main qui s'ouvrait à tous les malheureux Tombaient les aumônes pieuses ; Son œil réfléchissait les profondeurs du ciel ; Les consolations coulaient comme le miel De ses lèvres harmonieuses....
Page 137 - Le nuage s'avance au souffle de la bise, 11 porte sur son flanc comme une tache grise... C'est la grêle! — Elle est là, sur le pays voisin, Écrasant sans pitié le seigle et le raisin. Rien ne trouble pourtant votre repos robuste, Laboureurs eudormis dans le sommeil du juste!

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