Œuvres de P. Corneille: Pertharite, roi des Lombards. Œdipe. La toison d'or. Sertorius. Sophonisbe. Othan

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L. Hachette et Cie, 1862
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Page 127 - II n'est point de serpent ni de monstre odieux, Qui, par l'art imité, ne puisse plaire aux yeux : D'un pinceau délicat l'artifice agréable Du plus affreux objet fait un objet aimable.
Page 47 - Non, non, d'un ennemi respecter la misère, Sauver des malheureux, rendre un fils à sa mère, De cent peuples pour lui combattre la rigueur, Sans me faire payer son salut de mon cœur, Malgré moi, s'il le faut, lui donner un asile : Seigneur, voilà des soins dignes du fils d'Achille.
Page 402 - Je n'appelle plus Rome un enclos de murailles Que ses proscriptions comblent de funérailles; Ces murs, dont le destin fut autrefois si beau. N'en sont que la prison, ou plutôt le tombeau : Mais, pour revivre ailleurs dans sa première force. Avec les faux Romains elle a fait plein divorce; Et, comme autour de moi j'ai tous ses vrais appuis, Rome n'est plus dans Rome, elle est toute où je suis.
Page 184 - Ils agissent en nous quand nous pensons agir; Alors qu'on délibère on ne fait qu'obéir; Et notre volonté n'aime, hait, cherche, évite, Que suivant que d'en haut leur bras la précipite. D'un tel aveuglement daignez me dispenser. Le ciel, juste à punir, juste à récompenser, Pour rendre aux actions leur peine ou leur salaire , Doit nous offrir son aide, et puis nous laisser faire.
Page 417 - Je sais vous obéir, Mais je ne sais que c'est d'aimer ni de haïr; Et la part que tantôt vous aviez dans mon âme Fut un don de ma gloire, et non pas de ma flamme. Je n'en ai point pour lui, je n'en eus point pour vous Je ne veux point d'amant, mais je veux un époux; Mais je veux un héros , qui par son hyménée Sache élever si haut le trône où je suis née, Qu'il puisse de l'Espagne être l'heureux soutien, Et laisser de vrais rois de mon sang et du sien. Je le...
Page 184 - D'un astre impérieux doit suivre les caprices! Et Delphes , malgré nous , conduit nos actions Au plus bizarre effet de ses prédictions? L'âme est donc toute esclave? Une loi souveraine Vers le bien ou le mal incessamment l'entraîne, Et nous ne recevons ni crainte ni désir De cette liberté qui n'a rien à choisir? Attachés sans relâche à cet ordre sublime, Vertueux sans mérite et vicieux...
Page 613 - Mais cet empire immense est trop vaste pour elle : A moins que d'une tête un si grand corps chancelle; Et pour le nom des rois son invincible horreur S'est d'ailleurs si bien faite aux lois d'un empereur. Qu'elle ne peut souffrir, après cette habitude, Ni pleine liberté ni pleine servitude. Elle veut donc un maître, et Néron condamné Fait voir ce qu'elle veut en un front couronné.
Page 172 - Votre second hymen put avoir d'autres causes ; Mais j'oserai vous dire, à bien juger des choses, Que pour avoir reçu la vie en votre flanc, J'y dois avoir sucé fort peu de votre sang. Celui du grand Laïus, dont je m'y suis formée, Trouve bien qu'il est doux d'aimer et d'être aimée ; Mais il ne peut trouver qu'on soit digne du jour Quand aux soins de sa gloire on préfère l'amour.
Page 184 - C'est la faute des Dieux, et non pas des mortels. De toute la vertu sur la terre épandue, Tout le prix à ces dieux, toute la gloire est due; Ils agissent en nous quand nous pensons agir; Alors qu'on délibère on ne fait qu'obéir; Et notre volonté n'aime, hait, cherche, évite, Que suivant que d'en haut leur bras la précipite.
Page 255 - A vaincre tant de fois mes forces s'affaiblissent : L'État est florissant, mais les peuples gémissent; Leurs membres décharnés courbent sous mes hauts faits, Et la gloire du trône accable les sujets.

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