Afghanistan, opium de guerre, opium de paix

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Fayard/Mille et une nuits, Dec 7, 2005 - Social Science - 396 pages
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En Afghanistan, l'opium a financé les guerres au cours des trois dernières décennies. L'opium sera-t-il un obstacle à la paix ou y contribuera-t-il ?
La réussite de la reconstruction du pays dépend d'un défi économique et politique unique. L'économie de la drogue représente, en effet, environ 60 % du PIB - chiffre qui n'a été égalé par aucun autre pays, pas même par la Colombie, premier producteur mondial de cocaïne, dont la part n'excéda jamais les 7%. La situation inédite de l'Afghanistan invite donc à s interroger non seulement sur le rôle que la production et le commerce de l'opium jouent dans une économie de post-conflit dévastée, mais aussi sur l'influence qu'ils peuvent avoir dans le processus complexe de reconstruction de l'Etat.

Plusieurs responsables de gouvernements occidentaux et d'organisations internationales s'accordent à dire qu'il ne faut pas négliger le risque réel que l'Afghanistan, premier producteur mondial d'opiacés depuis une dizaine d'années, devienne un « narco-État ». D'autres observateurs estiment que cette situation n'a pas que des effets négatifs, du moins à court terme. Dans la mesure où les campagnes anti-drogue se révéleraient efficaces, une baisse très sensible de cette ressource ne risquerait-elle pas de déstabiliser le pays ? Le président Hamid Karzaï s'est engagé devant la communauté internationale à lutter contre la culture du pavot, mais le niveau de la production reste fies élevé.

Alain Labrousse revient sur l'histoire récente de la production d'opium à laquelle prirent part les seigneurs de guerre et les taliban aujourd'hui acteurs sur le nouvel échiquier politique - pour mieux éclairer les enjeux tant nationaux qu'internationaux devant lesquels le pays est placé. Car, pour de nombreux pays occidentaux, la « guerre à la drogue » est une justification supplémentaire pour intervenir en Afghanistan.

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About the author (2005)

Alain Labrousse est docteur en Lettres (Université de Bordeaux) et en Sociologie (Paris I). Après avoir enseigné cinq ans au lycée français de Montevideo en Uruguay (1965-1970) et deux ans au Maroc (1969-1971), il a publié une demi douzaine d’ouvrages sur les mouvements sociopolitiques du cône Sud de l’Amérique latine (les Tupamaros d’Uruguay, le Chili de l’Unité populaire, l’Argentine du retour de Perón) et les mouvements indiens des pays andins (1981-1985) ainsi que sur la guérilla maoïste du Sentier lumineux du Pérou (1989).

À la suite de recherches sur « Identité indienne et mobilisation politique », notamment en Bolivie et au Pérou, Alain Labrousse s’est intéressé à la feuille de coca et à la géopolitique des drogues, matière de plusieurs ouvrages dont Coca Coke (La Découverte, 1985), La Drogue, l’argent et les armes (Fayard, 1991), Drogue, un marché de dupes (Alternatives, 2000) et Le Dictionnaire des drogues (De Boeck, 2002). Alain Labrousse a fondé, puis dirigé l’Observatoire géopolitique des drogues (OGD) de 1990 à 2000.

Parallèlement à son intérêt pour l’Amérique latine, il a suivi l’évolution de la situation des drogues en Afghanistan où il a fait quatre séjours entre 1992 et 2001. En vue de la rédaction de son livre Afghanistan, opium de guerre, opium de paix (Les Mille et une nuits, 2005), il a passé de deux mois (avril-mai 2005) dans différentes régions de ce pays.

Alain Labrousse travaille comme expert indépendant dans le domaine des drogues, notamment auprès de l’Union européenne. Depuis 2005, il est membre du collège scientifique de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) et secrétaire du conseil d’administration de la Mission d’aide aux économies rurales en Afghanistan (MADERA). Son dernier ouvrage publié est Géopolitique des drogues (PUF, « Que sais-je ? », 2004 et 2006).

Alain Labrousse va publier aux éditions l’Harmattan, en mai 2008, un recueil de récits fantastiques, intitulé La Mort métisse, dans lequel il lève un voile sur des situations qu’il a abordées comme journaliste politique. Il prépare également un deuxième livre sur le mouvement sur lequel avait porté son premier ouvrage : Les Tupamaros (1962-2009) : des armes aux urnes, à paraître aux Éditions du Rocher en 2009.

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