Anne Hébert: le secret de vie et de mort

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University of Ottawa Press, 2000 - Biography & Autobiography - 284 pages
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Tr s rapidement, Anne H bert trouve sa voie, singuli re entre toutes celles de notre litt rature : le mat rialisme. Entendons par l que, r cusant l'enseignement religieux, c'est dans les profondeurs du moi que l'auteure cherche la v rit de l' tre ; et la plong e en soi r v le essentiellement, comme le disait Freud, le jeu des pulsions. Pulsions de vie et de mort. Toute l'oeuvre est un qu te du secret log dans le coeur charnel, une qu te du d sir et des risques mortels qu'il fait courir celui ou celle (Fran ois, Catherine, Elisabeth, Julie, H lo se, Stevens...) qui s'ab me en lui. Cette tude couvre l'ensemble des crits (po sie, roman, th tre), jusqu'aux plus r cents publi s par Anne H bert. Les textes les plus importants font l'objet d'une analyse d taill e. Les continuit s th matiques, relev es avec pr cision, font ressortir l'unit de l'oeuvre ainsi que la complicit entre roman et po sie. Et la mise en lumi re des diff rences permet d'observer l' volution de la probl matique d'ensemble. crit dans une langue claire, le discours critique vite tout jargon, et l'analyse se garde de toute perspective r ductrice. L'oeuvre est mise en parall le avec les grandes orientations litt raires contemporaines, ce qui met en vidence des aspects nouveaux comme la diff rence fondamentale avec l'oeuvre de Saint-Denys Garneau, et r v le en Anne H bert l'une des grandes exploratrices de l'int riorit pulsionnelle de notre litt rature.
 

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Popular passages

Page 140 - Nous n'osons plus sortir depuis qu'elle est là C'est une enfant blanche dans ses jupes mousseuses D'où rayonne une étrange nuit laiteuse. Nous nous efforçons de vivre à l'intérieur Sans faire de bruit Balayer la chambre Et ranger l'ennui Laisser les gestes se balancer tout seuls Au bout d'un fil invisible À même nos veines ouvertes.
Page 102 - Plus de question, plus de réponse, une longue saison, sans âge ni raison, ni responsabilité, une espèce de temps sauvage, hors du temps et de la conscience.
Page 139 - Puis on s'eSt barricadé, chacun chez soi. Tant la peur qu'on a de cette femme eSt grande et profonde. Chacun se dit que la faim de vivre de cette femme, enterrée vive, il ya si longtemps, doit être si féroce et entière, accumulée sous la terre, depuis des siècles I On n'en a sans doute jamais connu de semblable.
Page 95 - ... innocent La joie se mit à crier, jeune accouchée à l'odeur sauvagine sous les joncs. Le printemps délivré fut si beau qu'il nous prit le cœur avec une seule main Les trois coups de la création du monde sonnèrent à nos oreilles, rendus pareils aux battements de notre sang En un seul éblouissement l'instant fut.
Page 139 - Dans un champ aride, sous les pierres, on a déterré une femme noire, vivante, datant d'une époque reculée et sauvage. Étrangement conservée.
Page 47 - Jette ton image aux fontaines dures Ta plus dure image sans ombre ni couleur. Vois, ces glaces sont profondes Comme des armoires Toujours quelque mort y habite sous le tain Et couvre aussitôt ton reflet Se colle à toi comme une algue S'ajuste à toi, mince et nu, Et simule l'amour en un lent frisson amer.
Page 89 - Jésus prit du pain; et l'ayant béni , il le rompit , et le donna à ses disciples , en disant : Prenez et mangez ; ceci est mon corps, 27.
Page 74 - en face du silence de Michel [CB, p. 87] ». Ni lumière, ni couleurs, ni odeurs, ni paroles ne doivent pénétrer cet univers feutré. « Le silence enfermait Michel [CB, p. 104]. » Le silence devient une présence physique qui s'installe irrémédiablement dans les chambres closes : — Comme c'est tranquille, ici ! Dis quelque chose, Michel, je t'en prie, parle, fais quelque chose ! Ça y est, le tic-tac de l'horloge va prendre encore toute la place ! — Comme un cœur monstrueux, Catherine,...
Page 162 - CAGE D'OISEAU Je suis une cage d'oiseau Une cage d'os Avec un oiseau L'oiseau dans sa cage d'os C'est la mort qui fait son nid Lorsque rien n'arrive On entend froisser ses ailes Et quand on a ri beaucoup Si l'on cesse tout à coup On l'entend qui roucoule Au fond Comme un grelot C'est un oiseau tenu captif La mort dans ma cage d'os...
Page 117 - Il faut conjurer le danger. Empêcher à tout prix que l'ordre du monde soit perturbé à nouveau. Que je fasse défaut un seul instant et tout redevient possible. La folie renaîtra de ses cendres et je lui serai à nouveau livrée, pieds et poings liés, fagot bon pour le feu éternel.

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About the author (2000)

Long recognized for his works of criticism, Andre Brochu's astounding body of work now includes poetry, short stories, novellas, and two novels. Several of his books have received prestigious literary honours, including the Governor General's Award for "La croix du nord".

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