Clifford Brown: Le roman d'un enfant sage

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Fayard, Mar 14, 2001 - Literary Collections - 290 pages
On imagine mal qu'un jazzman de génie puisse avoir été dans son jeune âge le plus gentil garçon de la terre, élève appliqué et obéissant, excellent fils, camarade recherché, avant de devenir à l'âge adulte bon citoyen, bon époux, calme et réfléchi, aussi timide que déterminé, sans prétention comme sans complaisance envers soi-même. Bref : un modèle d'équilibre et de lucidité. Ce mouton à cinq pattes, cet enfant sage dans la cour des enfants terribles, a bien existé. Il s'appelait Clifford Benjamin Brown et jouait de la trompette, mieux, beaucoup mieux que la quasi-totalité de ses rivaux.
Il aura fallu l'un de ces trop nombreux accidents de voiture qui ensanglantait alors les routes d'Amérique pour qu'en 1956 la mort mette fin brutalement, à l'âge de vingt-cinq ans, à sa fulgurante carrière qui, nonobstant sa brièveté, a brillé d'un éclat exceptionnel.
Entre la première trompette offerte à l'âge de douze ans par son père et le remplacement au pied levé du plus illustre membre de l'ensemble du grand Dizzy Gillespie, littéralement éberlué par la performance de ce débutant, sept ans seulement s'écoulèrent.
L'apprentissage intensif de l'instrument ainsi que l'initiation au piano, au vibraphone et à la contrebasse ne s'en étaient pas moins accompagnés d'une scolarisation brillante qui l'avait mené jusqu'à des études mathématiques universitaires.
Six années intenses lui restaient alors à vivre au cours desquelles son lyrisme jubilatoire tout comme la fraîcheur bondissante de son jeu allaient soulever tour à tour l'émerveillement de Fats Navarro, la jalousie mesquine de Lionel Hampton, l'admiration d'Art Blakey au sein des Jazz Messengers, et la complicité enthousiaste de Max Roach, Sarah Vaughan et Sonny Rollins avec lesquels il effectua ses derniers concerts et enregistrements.
Avec l'acuité musicale et poétique qu'on lui connaît, Alain Gerber retrace ici le parcours exemplaire d'un de ces anges de la musique dont, selon Sonny Rollins, " les ailes ont porté la musique au niveau supérieur ".
Producteur à France-Culture et France-Musiques, spécialiste reconnu du jazz, Alain Gerber a écrit bien des chroniques sur ce sujet et une trentaine d'ouvrages qui lui ont valu de nombreuses récompenses littéraires. Son Lester Young a reçu le prix de l'académie Charles Cros.

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About the author (2001)

Depuis plusieurs années, Alain Gerber réinvente dans ses romans la vie des plus grands jazzmen, de Louie (Fayard, 2001) à Miles (Fayard, 2007), en passant par Chet et Lady Day. En 2009, il a également publié Blues, fresque de l'Amérique à la fin de la guerre civile, au début de l'émancipation des noirs et aux origines de leur musique. Alain Gerber a reçu le Grand prix du roman de la Ville de Paris pour l'ensemble de son oeuvre.

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