Correspondance inédite entre Goethe et Bettina d'Arnim, Volume 1

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Au Comptoir des imprimeurs unis, 1843
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Page 67 - J'avais la certitude que je volais et que je planais ; j'en étais fière intérieurement et je me complaisais dans cette conviction. Une simple pression élastique de la pointe des pieds, et j'étais dans les airs ; je planais silencieusement et avec délices à deux ou trois pieds de terre ; je redescendais, je remontais encore ; je volais de côté et d'autre , puis je revenais. Je dansais ainsi, à ma grande joie, dans...
Page 13 - Longue pause. J'étais toujours exilée sur ce fatal canapé, tremblante et craintive. Vous savez qu'il m'est impossible de rester assise en personne bien élevée. Hélas! mère, peut-on se conduire comme je l'ai fait?
Page 12 - Munie de ce billet, je partis. Sa maison est située en face de la fontaine. Comme le bruit de l'eau me donnait le vertige! je montai l'escalier; dans les niches de la muraille se trouvent des statues de plâtre; elles semblent commander le silence. Moi, au moins, je n'osai faire de bruit sur ce seuil sacré.
Page 12 - Pauvre enfant ! vous ai-je fait peur ? ce furent les premières paroles qu'il prononça et qui pénétrèrent dans mon âme. Il me conduisit dans sa chambre, et me fit asseoir sur le canapé en face de lui. Nous nous taisions tous deux ; il rompit enfin le silence...
Page 13 - Je ne peux rester sur ce canapé. Et je me levai précipitamment. - — Eh bien, faites ce qu'il vous plaira, me dit-il. » Je me jetai à son cou et lui m'attira contre ses genoux et me serra contre son cœur. Tout devint silencieux. Tout s'évanouit. Les années s'étaient écoulées dans l'attente de le voir. Il y avait longtemps que je n'avais dormi. Je m'endormis sur son cœur et quand je me réveillai, une nouvelle existence commençait pour moi.
Page 13 - Vraiment ! Je croyais que tout ce qui arrivait à Weimar vous intéressait? — Non. rien ne m'intéresse que vous et je suis beaucoup trop impatiente pour feuilleter un journal. — Vous êtes une aimable enfant.
Page 5 - C'est demain que tout cela s'essaie et que tout cela ira parce que je l'ai commandé bien large et très commode. Puis je me jette dans une chaise de poste et je voyage nuit et jour comme un courrier à travers les armées amies et ennemies. Toutes les forteresses s'ouvrent devant moi et ainsi de suite jusqu'à Berlin où l'on expédiera quelques affaires qui ne me regardent pas. Mais ensuite on revient promptement et l'on ne s'arrête plus qu'à Weimar. » Bettina a fait de ce voyage le récit le...
Page 51 - L'œuvre d'art ne doit exprimer que ce qui élève l'âme, la réjouit noblement, et rien de plus. Le sentiment de l'artiste ne doit porter que là-dessus, tout le reste est faux. » (BETTINE A LA MÈRE DE GOETHE).
Page 86 - V essuie-mains de pierres, et l'avait noué autour de son cou; sans doute elle avait eu l'idée de se jeter dans le Rhin, mais le coup de couteau qu'elle se donna dans le cœur la fit tomber à la renverse. C'est ainsi que le paysan la trouva sous les arbres près de l'endroit le plus profond de l'eau.
Page 12 - ... l'eau me donnait le vertige, je montai l'escalier. Dans les niches de la muraille se trouvent des statues de plâtre. Elles semblent commander le silence. Moi au moins, je n'osais faire de bruit sur ce seuil sacré. Tout est d'un style gracieux et pourtant élevé. Les appartements sont fort simples; ils vous invitent à la confiance. N'aie pas peur, me disaient les modestes murailles. Il va venir et il ne voudra pas être et il ne sera pas plus que toi. Tout à coup, la porte s'ouvrit et il...

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