Fous et bouffons: étude physiologique, psychologique et historique

Front Cover
Baillière, 1885 - Clowns - 283 pages
0 Reviews
Reviews aren't verified, but Google checks for and removes fake content when it's identified
 

What people are saying - Write a review

We haven't found any reviews in the usual places.

Selected pages

Contents

Other editions - View all

Common terms and phrases

Popular passages

Page 193 - Triboulet est difforme, Triboulet est malade, Triboulet est bouffon de cour ; triple misère qui le rend méchant. Triboulet hait le roi parce qu'il est le roi, les seigneurs parce qu'ils sont les seigneurs, les hommes parce qu'ils n'ont pas tous une bosse sur le dos. Son seul passe-temps est d'entre-heurter sans relâche les seigneurs contre le roi, brisant le plus faible au plus fort.
Page 142 - Le suprême pouvoir a toujours aimé cette antithèse de la suprême abjection. — Un fou contrefait, jasant avec les grelots de sa marotte sur les marches du trône, est un contraste dont les rois du moyen âge ne se faisaient pas faute: ce n'est pas le cas en Turquie, où les fous sont vénérés comme des saints, mais il est toujours agréable, quand on est un radieux sultan, d'avoir près de soi une espèce de singe humain qui fait ressortir vos splendeurs. Le premier a une robe jaune, serrée...
Page 36 - Les fous semblent être dans l'extrémité opposée, car il ne me paraît pas que ces derniers aient perdu la faculté de raisonner; mais ayant joint mal à propos certaines idées, ils les prennent pour des vérités et se trompent de la même manière que ceux qui raisonnent juste sur de faux principes. Ainsi, vous verrez un fou qui, s'imaginant d'être roi, prétend, par une juste conséquence, être servi, honoré et obéi selon sa dignité.
Page 185 - Maistresse, ma grande amie, en qui j'ay eu tousjours mon reconfort. Je te prie de supplier Dieu pour moy, et estre mon advocate envers luy, qu'il me pardonne la mort de mon frere ; que j'ay fait empoisonner par ce meschant Abbe de S.
Page 170 - ... c'est la mère de tous les débats, la nourrice des procès, la source des divisions et des guerres. Si l'on dit qu'elle est l'organe de la vérité", c'est aussi celui de l'erreur, et, qui pis est, de la calomnie. Par elle on détruit les villes, on persuade de méchantes choses. Si d'un côté elle loue les dieux, de l'autre elle profère des blasphèmes contre leur puissance.
Page 205 - Compiègne, tant qu'ils purent aller, et demeurèrent là outrés. Si bien que Brusquet achepta bien le cheval de M. le mareschal par telle perte; et le tout se faisoit en riant jusqu'au rendre. « Un autre jour, Brusquet alla prier M. le mareschal d'accord, et qu'ils fissent au moins trefves de ces jeux nuisans et d'importance, mais de legers et de nul mal, tant qu'on voudroit.
Page 184 - Entre plusieurs bons tours des dissimulations, faintes, finesses et galanteries que fit ce bon roy en son temps, ce fut celuy, lorsque par gentille industrie...
Page 90 - Pharaons et les princes de leur cour avaient, pour ces êtres difformes, la même affection que les rois et les nobles du moyen âge chrétien ou musulman, et leur maison n'aurait pas été complète s'ils n'y avaient pas attaché un ou plusieurs nains d'aspect plus ou moins grotesque. Ti en avait un qu'il a fait peindre avec lui dans son tombeau. Le pauvre hère tient dans sa main droite une sorte de grand sceptre en bois, terminé en forme de main humaine, et conduit en laisse un lévrier presque...
Page 143 - M. Tissot, à qui la littérature est redevable d'ouvrages remarquables et si profonds sur les mœurs des différents peuples contemporains, rapporte le fait suivant : Voyageant dans la Petite Russie, il est reçu dans un château... « Le comte, en robe de chambre de soie, sa chemise russe sans col, boutonnée vers l'épaule droite, était renversé dans un fauteuil et lisait la Revue des Deux Mondes. Il avait à ses côtés un petit...
Page 270 - ... diable, ils respondirent qu'ils en avoient bien veu d'autres, et qu'ils ne le craignoient point. Brusquet donc, les ayant conduicts jusques à la porte de la chambre, sans aucun empeschement des serviteurs, car il les cognoissoit comme pain, et aussy qu'il leur avoit faict accroire que M.

Bibliographic information