Histoire des prisons de Paris et des départemens: contenant des mémoires rares et précieux, Volume 1

Front Cover
L'editeur, 1797 - France
0 Reviews
 

What people are saying - Write a review

We haven't found any reviews in the usual places.

Selected pages

Other editions - View all

Common terms and phrases

Popular passages

Page 211 - Quelquefois aussi son sexe reprenait le dessus, et on voyait qu'elle avait pleuré au souvenir de sa fille et de son époux. Ce mélange d'amollissement naturel et de force la rendait plus intéressante. La femme qui la servait me dit un jour : Devant vous elle rassemble toutes ses forces; mais dans la chambre elle reste quelquefois trois heures appuyée sur sa fenêtre, à pleurer.
Page 90 - Paris se hâte d'informer ses frères de tous les départements qu'une partie des conspirateurs féroces détenus dans les prisons a été mise à mort par le peuple : actes de justice qui lui ont paru indispensables pour retenir par la terreur les légions...
Page 4 - Eh ! monsieur, j'ai assez souffert ; je ne crains pas la mort ; par grâce, donnez-la-moi ici. > Ces paroles le rendirent immobile ; mais son camarade, en le regardant et en lui disant : • Allons donc, > le décida. Il l'enleva, le mit sur ses épaules et fut le porter dans la rue, où il reçut la mort...
Page 36 - ... c'est un combat à mort; je sens, comme vous, qu'il faut qu'ils périssent; mais, si vous êtes de bons citoyens, vous devez aimer la justice. Il n'est pas un de vous qui ne frémisse de l'idée affreuse de tremper ses mains dans le sang de l'innocence.
Page 32 - BillaudVarennes , substitut du procureur de la commune , qui les envoyait à l'Abbaye pour y être provisoirement déposés. On s'ameute , les cris redoublent ; un des prisonniers, sans doute aliéné, échauffé par ces murmures, passe son bras à travers la portière , et donne un coup de canne sur la tête d'un des fédérés qui accompagnaient ; celui-ci furieux tire son sabre , monte sur le marche-pied de la voiture , et le plonge à trois reprises dans le cœur de son agresseur.
Page 39 - Il ya des Suisses dans la prison ; ne perdez pas de « temps à les interroger, ils sont tous coupables , il ne doit « pas en échapper un seul. » Et la foule de crier : « C'est « juste, c'est juste, commençons par eux.
Page 35 - L'expédition des Carmes est terminée , ou avancée ; une bande de massacreurs revient couverte de sang et de poussière; ces monstres sont fatigués de carnage , mais non rassasiés de sang : ils sont hors d'haleine, ils demandent à boire du, vin, du vin ou la mort. Que répondre à cette volonté irrésistible? le comité civil de la section leur donne des bons de 24 pintes, assignés sur un marchand de vin voisin.
Page 48 - Croyeza vous que je n'aie gagné que 24 livres, disait hautement un » garçon boulanger, armé d'une massue; j'en ai tué plus » de 4o pour ma part. » Deux femmes furent rencontrées le matin , tenant à la main de la soupe et de la viande dans un potage. « Où allez-vous donc? leur dit leur voisine. — Je » portons à déjeuner, répondirent-elles, à nos hommes qui » travaillent à l'Abbaye. — Y at-il encore de la besogne...
Page 229 - J'ai vu plus de dix femmes qui, n'osant prendre du poison, avaient crié Vive le Roi! et chargeaient par ce moyen cet abominable tribunal du soin de terminer leurs jours...
Page 189 - Nous voilà donc tombés tous trois dans cet abîme des vivans , dans cette Conciergerie de Paris, teinte encore sur tous les murs du sang des victimes du 2 septembre, et où le tribunal révolutionnaire a dépassé toutes les bornes connues de la scélératesse et de la férocité. Avant d'y parvenir, nous avions été présentés à toutes les prisons...

Bibliographic information