Histoire et théorie de la conjugaison française

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A. Franck, 1868 - French language - 133 pages
 

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Page 49 - ... Je suis tombé, j'ai aimé expriment l'un et l'autre une proposition, mais ne l'expriment qu'implicitement, puisqu'il faut que l'analyse logique s'y applique pour dégager le verbe de l'attribut. Ce sont des formes de la conjugaison des verbes attributifs aimer, tomber. Je suis aimé, au contraire, n'est pas une forme du verbe aimer, car suis, ici , n'est point auxiliaire ; il ne prête rien à aimé, il n'entre pas dans une combinaison, il garde son indépendance entière et la plénitude de...
Page 10 - ... et tout porte à croire qu'à l'époque du haut moyen âge tous les verbes déponents suivaient dans la langue parlée la conjugaison active, du moins quant à leurs temps simples, car leurs temps composés étaient trop d'accord avec les tendances des langues nouvelles qui se formaient pour ne pas être maintenus, et nous les retrouvons, en effet, parfaitement conservés dans la conjugaison de nos verbes réfléchis et de la plupart de nos verbes intransitifs.
Page 38 - ... grammatical dont l'histoire de la langue peut seule rendre compte, les grammairiens ont fait assaut de subtilités pour expliquer par la logique pure cette anomalie et fonder sur des raisons intrinsèques la règle qui la consacre. Vainement; car, dans ce cas comme dans celui où le régime suit, perdu est le complément direct de ai et nullement un adjectif, comme on le prétend, qualifiant bourse.
Page 49 - Aussi convient-il de ne pas admettre pour nos verbes de voix passive, comme forme particulière de leur conjugaison. Ce qui constitue en effet et caractérise une forme verbale, c'est d'être une modification du thème, moyennant des flexions qui n'ont aucune valeur indépendante, ou à l'aide de verbes auxiliaires qui, privés complètement ou en partie de leur propre signification , ne jouent plus eux-mêmes que le rôle de simples flexions. Or, nous venons de voir que tel n'est pas le rôle de...
Page 34 - Evidemment encore personne ne s'en étonne. Qu'on ne s'étonne donc pas davantage de voir en français des verbes conjugués avec être, dans les temps composés desquels cet auxiliaire ne joue pas d'autre rôle que sum dans ceux des verbes déponents latins, recevoir comme ceux-ci un complément direct.
Page 38 - ... points qui ne sont chez lui que des accessoires ou des notes, mais qui m'intéressent, car je suis aussi un curieux de grammaire. Notre participe passé, dans son emploi avec les régimes, présente des anomalies et a excité bien des discussions. «C'est avec beaucoup de raison, dit M. Chabaneau, que la langue actuelle laisse le participe invariable, au lieu de le faire accorder, comme faisait le plus souvent en pareil cas l'ancienne langue, avec le complément direct du verbe. Mais, moins logique...
Page 55 - ... verbes que l'on y classe font partie du matériel de la langue, ils servent à ses besoins ; mais le moule dans lequel. ils furent fondus n'a plus servi, ne servira plus ; car ils le brisèrent, pour ainsi dire, en s'en dégageant. Aussi convient-il de diviser les conjugaisons françaises en deux grandes classes : premièrement, celle des conjugaisons dont les flexions, presque toutes accentuées en latin, ont survécu par conséquent à l'action des lois phonétiques, et sur le modèle desquelles...
Page 34 - ... temps patient; mais il n'ya rien de changé pour cela dans les rapports du verbe avec son complément. Dans je me suis frappé, par exemple, me est le complément de suis frappé, comme il le serait de ai frappé dans la phrase supposée plus correcte je m'ai frappé, comme il l'est de frappe dans je me frappe; et l'on n'est pas plus fondé à le considérer comme le complément de suis dans le premier cas, et de ai dans le second, qu'on ne le serait, dans le troisième, à séparer du thème...
Page 38 - Ce grammairien et beaucoup d'autres, avant comme après lui, ont prétendu attribuer au participe un rôle et des propriétés différentes selon qu'il est suivi ou précédé du régime du verbe. Il me semble évident que dans les deux cas son rôle est le même et que ses propriétés doivent rester identiques. L'analyse logique, d'ailleurs, peut servir à le prouver : La bourse que j'ai perdue = la bourse que j'ai été perdant, comme j'ai perdu ma bourse = j'ai été perdant ma bourse.
Page 82 - ... génie simple et logique de notre langue, qui, de bonne heure, conçut comme l'idéal d'une conjugaison régulière celle qui laissait à toutes les formes le radical identique et inaltéré, en y ajoutant des flexions sensibles. » Et ailleurs, en parlant de nos régularités grammaticales : « Esprit étroit si l'on veut, mais qui est l'esprit français lui-même, amoureux surtout d'uniformité et confondant volontiers la variété avec le désordre. » Je suis fort loin de blâmer ces expressions...

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