Idylles

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Plon, 1885 - 262 pages
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Page 73 - A forêt se faisait noire ; un coin de ciel bleu pâle apparaissait entre les grands troncs des pins ; une raie d'or éteint marquait l'horizon, et l'orée du bois claire encore, avec ses troncs épars et son herbe semée de fleurettes, semblait le vestibule de quelque palais magique tiède et velouté, où l'on ne devait entrer qu'avec respect. Les prés étaient déjà rafraîchis par la rosée du soir, mais la chaleur du soleil disparu devait encore reposer quelques heures sur le tapis roux des...
Page 19 - ... le seuil des maisons, personne devant les granges; pas une poule, pas un chien, — rien qui parlât de vie et d'habitation humaine. Le cœur de plus en plus serré, il entra dans la cour de sa ferme : elle était déserte aussi. Poussé par l'instinct, il courut à la bergerie. Qu'elle était grande, et haute, et sombre ! Le jour semblait n'y avoir jamais pénétré qu'à regret; plein de colère contre la négligence de ses serviteurs, Laurent pénétra plus loin, et, à mesure qu'il avançait...
Page 5 - ... plaisir et qu'il croit avoir une mère. Elle écarta un peu son tablier et laissa voir l'agneau repu, endormi, blotti dans son giron, avec la pose abandonnée d'un être heureux et réchauffé. Laurent regarda la jeune fille, puis la bestiole, et, troublé lui-même, il ne savait par quelle émotion bizarre et nouvelle, il promena son regard autour de la bergerie. Elle était grande et haute, chaude en hiver, fraîche en été, avec une petite fenêtre à l'ouest, faisant face à la porte à...
Page 57 - ... le ciel embrasé, — et devant lui, l'abîme blanc et doux à l'œil comme la soie nouvellement dévidée, comme la graine moelleuse du cotonnier. Une barque passa à peu de distance : la coque était invisible ; seule la voile blanche glissait entre la brume de l'onde et celle du ciel ; Martial n'osait remuer, craignant de...
Page 121 - ... et se marier. Mélie se leva toute droite, toute blanche, les yeux fixés sur le visage de celui qui l'abandonnait et qui baissait la tête, incapable de soutenir son regard. — Tu te maries ? dit-elle d'une voix rauque. — Oui, — mes parents le veulent, et je ne peux pas les contrarier. — Et moi? — Ah bien! toi... je ne t'avais pas promis le mariage au bout du compte ! fit le don Juan de village en se révoltant. • — Oh ! non ! tu ne m'avais rien promis du tout. • — Puisque tu...
Page 68 - ... jamais. La mer dort là-bas, douce, bleue, sans une ride ; une voile rousse se fait voir, mais si loin qu'elle semble immobile. Les grandes mauves aux ailes blanches dorment dans le creux des rochers, la falaise gazonneuse brille au soleil comme une cuirasse d'émeraude, les panaches des hautes fougères s'inclinent de temps en temps et montrent leurs dessous plus clairs au passage de quelque animal farouche.
Page 79 - Réal hésitait : cette rencontre avait pour lui le charme inexprimable du rêve ; la poésie entrevue dans Virgile pendant les heures d'étude venait d'apparaître brusquement dans sa vie ; mais les lumières du château brillaient à quelque distance dans l'obscurité ; on l'attendait pour souper. — Adieu, dit-il, non sans regret. — Tu reviendras ? demanda Sylvie avec une douceur de flûte dans sa voix d'enfant. — Oui, répondit Réal.
Page 123 - ... voulait prendre la jeune fille par la taille et appliquer un baiser sur ses joues décolorées ; elle bondit en arrière, s'appuyant au montant de la cheminée, et, regardant en face l'homme qu'elle avait aimé, elle lui cracha au visage. — Va-t'en! lui dit-elle, pendant que Jean stupéfait...
Page 143 - Après qu'ils eurent ainsi franchi la moitié de l'avenue, ils se trouvèrent pourtant moins loin l'un de l'autre, et force leur fut de se parler. — C'est décidé alors, dit-elle d'une voix douce où tremblait pourtant un reste de colère, vous voulez faire le malheur de ces enfants ? — Je veux, au contraire, que notre petitefille ne puisse jamais me reprocher d'avoir causé son malheur par mon imprudence.

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