LE KAMA SUTRA DE VATSYAYANA: ou Les Kama Soutra, Aphorismes sur l'amour

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Editions Dominique Leroy, Dec 18, 2007 - Comics & Graphic Novels - 167 pages
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Illustration originale de Georges Pichard comprenant 41 planches pleine page en hors-texte, 10 bandeaux, 7culs de lampe, 7 têtes de partie, 7 fins de partie, 10 fins de chapitre, 3 dessins pour la page de titre, la préface, la fin de l'ouvrage et un dessin grand format pour les gardes.
Préface de J.-M. Lo Duca.

Avant d'introduire le texte final de Vatsyayana, les « Kama Soutra » eurent dix auteurs. Notre « Kama Soutra » a donc onze auteurs, auxquels il convient d'en ajouter un douzième : Georges Pichard. Nous sommes en excellente compagnie. Son trait donne l'impression de venir directement du dieu inspirateur qui a bien voulu se soucier de nos amours terrestres. Sans le moindre besoin d'interpréter l'immense et prodigieuse iconographie de Konarak et Khajurâho, l'esprit de l'œuvre écrite s'inscrit dans le dessin de Pichard comme s'il s'était converti à la cosmogonie indienne depuis sa naissance.

Les « Kama Soutra » ou comme le voudrait une traduction plus littérale « Aphorismes sur l'amour » sont en fait un traité des règles de l'amour écrit en sanscrit vers le Ier ou le IIe siècle de notre ère par Mallinaga Vatsyayana. En dépit de son indéniable contenu érotique, c'est un ouvrage qui participe de l'art et de la philosophie religieuse de l'Inde.

Le rôle de Pichard est des plus faciles : il n'a pas à faire appel à notre mémoire mais à nos yeux. Il fige la tradition orale dans le trait profond et savant qui le caractérise parmi les meilleurs. Pichard illustre pour notre plus grand plaisir un des « buts de l'homme », conscient qu'il s'agit d'éclairer un véritable catéchisme des actes d'amour, (jusqu'aux extrêmes que l'amour comporte) de rituels à la gloire de notre corps. Il fallait être aveugle pour n'y voir qu'une sorte de catalogue à la Fourier ou à la Forberg. Aveugle ou sourd à la poésie de ce long rêve de chair et de sang.

Bien que ce texte ait un caractère didactique et soit en fait un ouvrage technique qui a pour sujet exclusif la recherche du plaisir amoureux, les « Kama soutra » ne s'intéressent à la recherche du désir et de l'extase que dans la mesure où ce désir ne pouvait se matérialiser que dans l'homme et sa chair, immortelle dans son renouvellement : « Le désir apparut le premier, errant au-dessus de tout. Il existait déjà avant le germe de la pensée. » Bhâgavata Purâna.

À noter que pour la première fois à Paris en janvier 2015, une exposition, Le Kâma-Sûtra : spiritualité et érotisme dans l'art indien, a été consacrée au plus célèbre des livres indiens,
Montée par la Pinacothèque de Paris, elle propose une vision d'ensemble de cet ouvrage de réflexion sur le plaisir et l'amour ainsi que sur le fameux répertoire de positions sexuelles.
Il convient aussi de lire le texte dans son intégralité, texte qu’on peut découvrir dans ce roman graphique somptueusement illustré par Georges Pichard.

Collection Vertiges Graphiques.

Roman graphique, 156 pages, 86 planches, dessins et couverture de Georges Pichard.

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Les "Kama Soutra" ou comme le voudrait une traduction plus littérale "Aphorismes sur l'amour" sont en fait un traité des règles de l'amour écrit en sanscrit vers le Ier ou le IIème siècle de notre ère par Mallinaga Vatsyayana. En dépit de son indéniable contenu érotique, c'est un ouvrage qui participe de l'art et de la philosophie religieuse de l'Inde.
Avant d'introduire le texte final de Vatsyayana, les "Kama Soutra" eurent dix auteurs. Notre "Kama Soutra" a donc onze auteurs, auxquels il convient d'en ajouter un douzième: Georges Pichard. Nous sommes en excellente compagnie. Son trait donne l'impression de venir directement du dieu inspirateur qui a bien voulu se soucier de nos amours terrestres. Sans le moindre besoin d'interpréter l'immense et prodigieuse iconographie de Konarak et Khajurâho, l'esprit de l'œuvre écrite s'inscrit dans le dessin de Pichard comme s'il s'était converti à la cosmogonie indienne depuis sa naissance.
 

About the author (2007)

La carrière de Georges Pichard est aujourd’hui bien connue des amateurs de BD et des autres. Le souvenir des ses titres les plus prestigieux (qui sont en même temps des personnages) le signale à notre admiration : Blanche Épiphanie, l’inépuisable Paulette, Caroline Choléra, cet Ulysse qui refait pour nous toute une mythologie… athénienne, Marie-Gabrielle de Saint Eutrope, son œuvre la plus achevée qui remplace tous les « Manuels de Pénitences et des Confesseurs », La Comtesse rouge, l’un des sommets de Georges Pichard et enfin sa dernière œuvre, Le Kama Soutra de Vatsyayana.
Un simple dessin de Georges Pichard devrait suffire à le présenter. Chacun connaît son baroque devenu un liberty somptueux, son goût de la chair généreuse, radieuse et élégante, sa sensualité faite d’une turgescente ingénue, ses fantasmes cruels ou Giotto l’a précédé avec une troublante identité.
Après avoir suivi les prestigieux cours à l’École des « Z’Arts Z’A », il enseignera à l’École Supérieure des Arts Appliqués Duperré. Sa participation au Rire, à La Veillée des Chaumières et à La Semaine de Suzette fait l’objet de travaux d’exégètes, mais ces savantes études négligent l’aspect le plus troublant de l’œuvre de Georges Pichard, sa profonde unité. Les femmes de Pichard ne s’estompent jamais dans la fragilité éthérée, mais elles n’ont pas non plus la dureté scintillante et impénétrable des matières plastiques d’avant-garde. Elles pèsent, elles s’épanouissent, elles souffrent, elles pleurent, elles rient. Bref elles existent, en regardant les autres héroïnes de BD on constate que ce n’est pas si fréquent et on comprend alors toute le magie de l’œuvre de Pichard.

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