L'Argent

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Hærès, Sep 14, 2012 - Political Science
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L’Argent, ou une tribune sans concession du règne de l’argent. Un refus de l’asservissement, par la rhétorique et les mécanismes de l’économie moderne. Un authentique plaidoyer pour la charité, la fraternité, pour l’élévation par le mérite, par le labeur, par le gout du travail bien fait. Une charge menée avec verve, contre certains idéologues du siècle passé ; un texte mystique contre l’attrait du confort, comme fin en soi. — EXTRAIT : « Un artisan d’aujourd’hui n’est plus un artisan. Dans ce bel honneur de métier convergeaient tous les plus beaux, tous les plus nobles sentiments. Une dignité. Une fierté. Ne jamais rien demander à personne, disaient-ils. Voilà dans quelles idées nous avons été élevés. Car demander du travail, ce n’était pas demander. C’était le plus normalement du monde, le plus naturellement réclamer, pas même réclamer. C’était se mettre à sa place dans un atelier. C’était, dans une cité laborieuse, se mettre tranquillement à la place de travail qui vous attendait,... Ces ouvriers ne servaient pas. Ils travaillaient. Ils avaient un honneur, absolu, comme c’est le propre d’un honneur. Il fallait qu’un bâton de chaise fût bien fait. C’était entendu. C’était un primat. Il ne fallait pas qu’il fût bien fait pour le salaire ou moyennant le salaire. Il ne fallait pas qu’il fût bien fait pour le patron ni pour les connaisseurs ni pour les clients du patron. Il fallait qu’il fût bien fait lui-même, en lui-même, pour lui-même, dans son être même. Une tradition, venue, montée du plus profond de la race, une histoire, un absolu, un honneur voulait que ce bâton de chaise fût bien fait. Toute partie, dans la chaise, qui ne se voyait pas, était exactement aussi parfaitement faite que ce qu’on voyait. C’est le principe même des cathédrales. »
 

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