L'Europe de Thomas Platter: France, Angleterre, Pays-Bas 1599-1600. (Le siècle des Platter III)

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Fayard, Jan 25, 2006 - Literary Criticism - 638 pages
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Cette tierce livraison du Siècle des Platter est consacrée pour l'essentiel à Thomas junior, troisième personnage marquant de l'extraordinaire dynastie bâloise étudiée depuis des décennies par Emmanuel Le Roy Ladurie. Thomas II est d'autant plus passionnant qu'il sera (dans l'« Hexagone ») un peu moins connu et reconnu que ses deux aînés, père et frère, bien que son texte demeure, comme celui de Felix, un monument de la culture française ainsi qu'européenne, à l'époque de la Renaissance et du baroque.

Le présent volume contient la seconde partie du voyage, celle qui couvre la France du Nord, les Pays-Bas du Sud et l'Angleterre, avant le retour définitif au pays bâlois. Le futur médecin, réformé comme ses père et frère, cherche à comprendre le « papisme » et la Contre-Réforme, y compris dans leurs aspects les plus extrêmes, à commencer par le culte des reliques. Si protestant soit-il (ou parce que protestant éclairé), il s'intéresse à toutes les religions passées (les reliquats pagano-romains, monumentaux) ou présentes (les croyances juives, protestantes et catholiques), celles-ci considérées avec une certaine sympathie de facto. Passionné par les grandes entreprises industrielles (salines, moulins, arsenaux des galères, gigantesques ardoisières), qui sont comme des germes de l'avenir capitaliste, il manifeste une grande ouverture d'esprit face aux problèmes relatifs aux femmes, aux villes, aux républiques urbaines. Enfin, il observe avec une attention marquée les diverses monarchies qu'il envisage de visu : monarchie espagnole, tolérante aux libertés urbaines à défaut de l'être aux non-catholiques ; monarchie « belge », fonctionnant sur le mode archiducal par délégation de Madrid ; monarchie anglaise, donc anglicane, dépourvue de tout sectarisme zwinglien et déjà pénétrée d'influences américaines, notamment... tabagistes ; monarchie française enfin, celle d'Henri IV, avec l'attention d'icelle portée à la tolérance religieuse, à la croissance économique, au pouvoir partagé avec les élites, au contact avec les puissances maritimes, protestantes, libérales, capitalistes... Le tout entrecoupé d'extraordinaires morceaux de bravoure : ainsi l'entrée joyeuse des archiducs à Bruxelles et d'étonnants passages sur le trésor du duc de Berry à Bourges, ou les coches autour de Paris...

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About the author (2006)

Né en 1929, Emmanuel Le Roy Ladurie est normalien, agrégé d’histoire et docteur ès lettres. Il a été professeur à Montpellier de 1953 à 1969, professeur à l’université Paris-VII de 1970 à 1973, administrateur général de la Bibliothèque nationale de 1987 à 1994. Professeur au Collège de France depuis 1973 (il succède à Fernand Braudel dont il fut d’ailleurs le disciple), il est membre de l’Institut (Académie des Sciences morales et politiques) depuis 1995, et membre du comité de rédaction de la revue Les Annales.
On doit à Emmanuel Le Roy Ladurie une vingtaine d’ouvrages et quelques dizaines d’articles savants. Sa bibliographie reflète bien la multiplicité de ses centres d’intérêt : Emmanuel Le Roy Ladurie ne se cantonne pas, comme beaucoup d’historiens, à une période unique de l’histoire, à un territoire précis, à une thématique particulière. Son inlassable curiosité et son absence de préjugés l’ont ainsi conduit à s’intéresser, successivement ou parallèlement, au monde rural (Les Paysans de Languedoc sous l’Ancien Régime, sa thèse ; Montaillou, village occitan, étude d’une communauté paysanne du Midi au tournant du XIVe siècle d’après l’enquête de l’inquisiteur Jacques Fournier, étude parue en 1979, et vendue à plus de 100 000 exemplaires) ; à la façon dont les hommes des XVIIe et XVIIIe siècles, à travers le duc de Saint-Simon, se représentaient la société – radicalement inégalitaire – de l’Ancien Régime (Saint-Simon ou le système de la Cour, 1997); aux questions religieuses (la réforme de la Suisse à travers une famille de médecins bâlois de la Renaissance : Le Siècle des Platter, 3 tomes, 1995-2006) ; à l’histoire politique (les deux volumes de l’Histoire de France, Hachette : L’État royal, 1460-1610, paru en 1987 ; L’Ancien Régime, 1610-1770, paru en 1991 ; Ouverture, société, pouvoir. De l’édit de Nantes à la chute du communisme, paru en 2005) ; aux phénomènes qui affectent la longue durée (Histoire du climat depuis l’an mil, paru en 1967 ; notons par ailleurs ses importantes collaborations à l’Histoire économique et sociale de la France, à l’Histoire de la France rurale et à l’Histoire de la France urbaine, ainsi qu’à l’Histoire humaine et comparée du climat. Canicules et glaciers, XIIIe-XVIIIe, vol.1, 2004, Disettes et révolutions, 1740-1860, vol.2, 2006.)
Comme ses livres, ses articles spécialisés portent sur tous les thèmes de recherche de la « nouvelle histoire »: démographie, histoire des mentalités, histoire du livre, histoire des idées et des sciences, économie, etc. Il est nécessaire, aussi, de dire un mot de son style qui n’est pas celui, souvent compassé, de ses collègues historiens. Habité du constant souci de faire pénétrer son lecteur dans des mondes difficiles à cerner pour l’homme d’aujourd’hui, il émaille son propos de métaphores éclairantes, de néologismes et de mots du vocabulaire ancien. Sans jamais commettre le péché mortel de l’historien – l’anachronisme –, il ne craint pas, par un clin d’œil bien placé, de rapprocher tel aspect du passé avec la réalité contemporaine.
Il ne faudrait pas oublier, enfin, l’infatigable lecteur et le chroniqueur à l’œil infaillible qui, dans Le Monde, Le Nouvel Observateur, L’Express et à présent Le Figaro littéraire, fait connaître au public les livres d’histoire qui comptent.
Historien de haute volée, administrateur (c’est lui qui a conduit la mutation de l’ancienne Bibliothèque nationale en Bibliothèque nationale de France), il est aussi spectateur engagé (il a été parmi les premiers intellectuels à dénoncer, dès les années 50, le péril totalitaire). Emmanuel Le Roy Ladurie est sans doute l’historien français vivant le plus connu à l’étranger – en Europe comme en Amérique –, et l’un des plus traduits.

Née d’une mère française et d’un père suisse, Francine -Dominique Liechtenhan, fait ses études d’histoire, de philologie russe et française à l’université de Bâle où elle soutient une thèse de doctorat sur Astolphe de Custine, voyageur et philosophe (Champion-Slatkine, 1990). Poursuivant ses études à l’Université de Paris-Sorbonne, elle y soutient sa thèse d’habilitation sur le rôle de la Russie dans la guerre de Succession d’Autriche (publiée sous le titre La Russie entre en Europe, CNRS Editions, 1997, traduction russe publiée chez OGI en 1998). Cet ouvrage lui vaut le prix E. Colas de l’Académie française. Chargée de recherche au CNRS, spécialiste de l’histoire de Russie, elle enseigne à l’Université de Paris Sorbonne (Paris IV) et à l’Institut catholique de Paris. Ses cours sur l’histoire contemporaine soviétique ont donné lieu à deux ouvrages : Le Grand pillage ; du butin des Nazis aux trophées des Soviétiques (ED. Ouest France, 1998) et Le Laboratoire du GOULAG (DDB, 2004). Consacrant l’essentiel de ses recherches à la Russie à l’époque moderne, elle signe de nombreux articles, éditions de textes ou synthèses dont Les Trois christianismes et la Russie (CNRS Editions 2002). Elle vient de publier Elisabeth Ire de Russie, l’autre impératrice (Fayard, 2007). Francine-Dominique Liechtenhan a aussi collaboré au Siècle des Platter (Fayard 1995-2006) d’Emmanuel Le Roy Ladurie. Elle dirige actuellement un projet consacré aux Français dans la vie intellectuelle et scientifique russe (XVIIIe-XXe siècles) et prépare une édition de textes sur le commerce franco-russe au XVIIIe siècle.

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