La poésie en Perse: Leçon d'ouverture faite au Collége de France, le 4 décembre 1876

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Page 49 - Musulmans ; car il traite sans ménagement ceux qui désho, oorent , par une semblable conduite , la profession religieuse. Sa morale est, en général, pure, et ne peut être accusée ni de relâchement ni de rigorisme; il sait tenir le milieu entre le fatalisme qui réduit l'homme à l'état d'un être entièrement passif, et l'indépendance qui le...
Page 49 - A en juger par ses écrits, ce n'était point un de ces sofis hypocrites qui embrassent la vie spirituelle pour vivre dans la volupté et la fainéantise aux dépens de la crédulité des pieux musulmans; car il traite sans ménagement ceux qui déshonorent par une semblable conduite la profession religieuse. Sa morale est en général pure et ne peut être accusée ni de relâchement ni de rigorisme ; il sait tenir le milieu entre le fatalisme qui réduit l'homme à l'état d'un être entièrement...
Page 8 - ... passé de l'Orient et ses transformations contemporaines, ses religions, ses idiomes, tout ce qui éclaire l'histoire de l'humanité relève de son jugement équitable, de sa critique toujours élevée et impersonnelle. Le Journal asiatique devint, grâce à son habile direction, le terrain neutre où toutes les opinions pouvaient se produire, pourvu qu'elles fussent consciencieusement élaborées et discutées avec convenance. C'est par cette hauteur de vues, par cette impartialité d'appréciation...
Page 4 - L'École de i83o, malgré certaines exagérations dont le temps a fait . justice, a rendu un service signalé aux littératures étrangères, en proscrivant le faux système de traduction qui prévalut à la fin du xviue siècle et sous le premier empire.
Page 54 - ... l'auteur, qui lui aurait fait mêler une certaine dose de piété mystique à ses vers plus légers pour les faire passer; mais ce calcul paraît étranger à la nature de l'homme. Je crois qu'il faut trouver le mot de l'énigme dans l'état général des esprits et de la culture de son temps , et la difficulté pour nous est seulement de nous représenter assez vivement l'état des esprits à cette époque en Perse, et la nature de l'influence que le soufisme y exerçait depuis des siècles...
Page 48 - Son inalterable bon sens, le charme et 1' esprit qui animent ses narrations, le ton de raillerie indulgente avec lequel il censure les vices et les travers de 1'humanite, tous ces merites, si rares en Orient, nous le rende"nt cher. On croit lire un moralist^ latin on un railleur du xvie siecle.
Page 7 - ... avec les savants les plus accrédités , entretenant des rapports réguliers avec les universités d'Allemagne et d'Angleterre, avec les sociétés scientifiques de l'Europe et de l'Inde, il recevait tout de première main et trouvait le temps de tout lire. C'est dans ces archives de l'orientalisme qu'il a mis le meilleur de son esprit et de son cœur : indulgent sans faiblesse , sévère seulement contre les œuvres frivoles, il excelle à resserrer le lien qui unit des travaux en apparence...
Page 7 - ... des monarques iraniens, sans que le traducteur les affuble jamais du costume et du ton déclamatoire si chers aux Bitaubé et aux Lebrun. Mais à côté, au-dessus peut-être de ce monument d'un labeur infatigable, il faut placer la belle série de rapports où M. Mohl a , pendant trente années , consigné et apprécié les progrès accomplis par les études orientales dans le champ immense de leur culture. Nul n'était mieux préparé à cette tâche difficile : en relation de travail ou d'amitié...
Page 40 - ... divers. Renan dira qu'il fut un « mystique en apparence, débauché en réalité, hypocrite consommé, mêlant le blasphème à l'hymne mystique, le rire à l'incrédulité >. Nicolas, qui le premier le traduisit en français, le vénéra comme un saint, et Barbier de Meynard écrivit : « que ce livre soit, comme on l'a prétendu, une protestation contre le dogmatisme musulman ou qu'il soit le produit d'une imagination maladive, singulier mélange de scepticisme, d'ironie et de négation amère,...
Page 39 - Chez les Persans et parmi les populations musulmanes de l'Inde, il s'est maintenu plus près de sa source : c'est toujours le panthéisme professé par les joguis et à peine dissimulé sous un certain nombre de formules liturgiques. Il ne recule devant aucun concept...

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