Le tour de France du Fils de Giboyer, ou, Recueil complet des jugements exprimés par les principaux journaux politiques et littéraires de Paris, de la province et de l'étranger au sujet de la comédie de m. Emile Augier (Le fils de Giboyer): suivi des vers satiriques, des polémiques ... etc., que cette pièce a suscités

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L. Gosselin, 1864 - 180 pages
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Page 139 - Comme l'affaire de la comédie est de représenter en général tous les défauts des hommes, et principalement des hommes de notre siècle, il est impossible à Molière de faire aucun caractère qui ne rencontre quelqu'un dans le monde; et s'il faut qu'on l'accuse d'avoir songé toutes les personnes où l'on peut trouver les défauts qu'il peint, il faut sans doute qu'il ne fasse plus de comédies.
Page 160 - Son livre est une énigme , quoi qu'on veuille dire, inexplicable ; c'est une chimère, c'est le visage d'une belle femme avec des pieds et une queue de serpent, ou de quelque autre bête plus difforme : c'est un monstrueux assemblage d'une morale fine et ingénieuse et d'une sale corruption. Où il est mauvais, il passe bien loin au-delà du pire, c'est le charme de la canaille : où il est bon , il va jusqu'à l'exquis et à l'excellent , il peut être le mets des plus délicats.
Page 76 - II m'est également bien difficile de vous prendre pour un champion sérieux de la liberté, quand il vous échappe des maladresses comme ce petit mot de manans qui nous montrerait assez si nous ne le savions déjà par maintes expériences, ce que vous et vos amis feriez de la liberté et de la révolution, si on vous laissait faire.
Page 76 - Je ne vous demanderai pas ce que vous entendez par les manans, — nia quel endroit de ma pièce et à l'adresse de quel maître vous avez découvert une flatterie ; je vous demanderai dans quel budget, dans quel butin vous avez vu figurer mon nom î — Apprenez, si vous l'ignorez, que je vis de ma plume, ne relevant que de mon travail et de ma conscience...
Page 66 - Cela, c'est le métier de l'insulteur,-et le pire du métier. Et quand l'opération s'exerce en sécurité parfaite contre des gens tenus au secret, elle est de telle nature qu'aucun vocable français ne la caractérise parfaitement. « M. Augier me semble avoir fait une mauvaise campagne. Il a reçu des avertissements pénibles. Suivant la belle métaphore qu'il a créée pour peindre les magnificences de l'amour paternel, le voilà réduit à lécher le chemin devant les pas de son Fils Giboyer....
Page 73 - On est très libéral, même en flattant le maître, Quand du nom de progrès on se fait un appeau, Et qu'on a démocrate écrit sur son chapeau. Je sais ce qu'en vaut l'aune et le fond de boutique De ces gens vernissés du mot démocratique; Le même lambeau rouge, un peu raccommodé, Après la carmagnole a fait l'habit brodé. Vous voulez du galon, messieurs les bons apôtres! Vos pères, vos...
Page 70 - Cest le cas de monter sur vos grands étalons. Chasse à courre! et poussez contre ces boudeurs fauves! Forcez-les bravement jusqu'au fond des alcôves. Figurez-vous des gens affreux, hideux, sournois, Ayant voiture, hôtel, château, vignes et bois, Payant de bons impôts et montant bien leur garde, Aimant beaucoup leurs fils qui portent la cocarde, Et qui vont, pour la France et le gouvernement, Au Mexique, au Japon, mourir — tout bonnement ; Des gens qui, tous les soirs, à la faveur des lustres,...
Page 65 - Pour — 238 — accabler l'innocence. Car M. Augier, sauf envers moi, est innocent ou repentant. Je viens de lire sa préface. Il proteste de son respect pour tous ceux qu'on l'accuse méchamment d'avoir voulu vilipender ; il atteste ses dieux qu'il n'a eu le dessein de vilipender absolument que moi. Un aveu si candide m'imposerait le silence quand même je me sentirais blessé. «M. Augier, avouant l'intention d'injure et la diffamation envers moi, s'excusant sur le reste, me laisse uniquement...
Page 52 - II faut garder précieusement cette date, elle fera époque dans l'histoire du théâtre français. Je ne crois pas que, depuis le Mariage de Figaro, une œuvre plus hardie, plus singulière, plus émouvante, ait été présentée au public. M. Emile Augier a mis sur la scène notre état politique et social, comme autrefois Beaumarchais ; il a rassemblé nos idées, nos croyances, nos passions, sous des formes vivantes qu'il a jetées dans un drame plein de
Page 65 - Delord, autre ingénu, qui trempe dans le Siècle et qui croit aussi que rien ne manque à personne, observe que j'ai le droit de faire à mon tour ma comédie Giboyer. Ce M. Delord est certainement doué d'un joli rire! Mais si je trouvais séant d'imiter les mauvais exemples, je devrais craindre de perdre au moins mon temps. Faut-il apprendre à M. Delord qu'il ya une censure? Elle pourrait se trouver plus forte contre mon grossier dialogue qu'elle ne l'a été contre celui de M. Augier, académicien...

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