Les mots latins dans les langues brittoniques

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E. Bouillon, 1892 - Breton language - 246 pages
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Page 13 - Excidio Britanniœ l'histoire de son pays avant le VIe siècle ; pour toute cette période, il se sert de documents étrangers à la Bretagne et qu'il n'a même pas compris. Il ne sait rien de la fondation des églises bretonnes, à part le martyre d'Albanus à Verulamium, de Julianus et Aaron à Civitas Legionum (Caerleon) sous Dioclétien; tout ce qu'il nous apprend, nous le savons mieux par Eusébe et Sulpice-Sévère (3). Il fait construire le mur d'Antonin et celui d'Hadrien au Ve siècle, mais...
Page 22 - Nantes va invoquer la pitié du chef breton Weroc en faveur de ses ouailles, il le trouve à Aula Quiriaca (Guérande) (2), ce qui prouve que sur la côte sud, à cette époque, vers 579, les Bretons avaient à peu près atteint la limite extrême où devait s'étendre leur domination. Le pays occupé par les Bretons était tout entier de langue romane. Il ne peut rester sur ce point important le plus léger doute. Bon nombre de lieux, en effet, répandus par toute la Bretagne, et incontestablement...
Page 27 - Ibid., p. 132. présentant le trait caractéristisque de l'affaiblissement de la ténue intervocalique ont été empruntés probablement fort tard au roman de la Gaule : les rapports des Anglo-Saxons avec les rois francs sont bien connus. Aedilberct qui régnait dans le pays de Kent en 560-616 avait épousé Bercta la fille de Chariberct. Elle avait été accompagnée de l'évêque Liudhard. Depuis cette époque, qui est aussi celle du commencement de la conversion des Anglo-Saxons, les rapports...
Page 13 - Les contradictions, les puérilités, les inepties de toute sorte s'entassent dans l'œuvre de ce Jérémie de dixième ordre, dont l'ignorance, en dehors des Écritures, défie toute comparaison et dont le manque de jugement se traduit par d'incroyables enfantillages.
Page 24 - Chenciniac, que alio uomine nuncupatur Ran Conmorin : la première appellation et le premier nom sont gallo-romans; le Ran Conmorin est complètement breton. Néanmoins, on peut évaluer encore à plus de deux cents le nombre des noms de lieux authentiques en -ac. Or, ces noms, absolument en période d'évolution romane au moment où ils ont été adoptés par les Bretons, ne présentent aucune trace de l'affaiblissement de la ténue intervocalique. Le brittonique, dans l'écriture, à partir du...
Page 24 - Dans la partie la plus fortement et la plus anciennement bretonisée et actuellement encore de langue brittonique, ils sont relativement rares : les Bretons s'y sont, sans doute, établis en masses plus compactes; le travail d'élimination et de transformation des noms de lieux romans s'y est opéré sans que nous puissions le suivre, tandis que pour la partie est du Morbihan, et les régions avoisinantes, le Cartulaire de Redon nous renseigne suffisamment dès la fin du VIII
Page 19 - ... parlaient déjà roman. 2° Les emprunts latins faits par les Anglo-Saxons dans l'île, diffèrent nettement de ceux du continent par un trait commun et caractéristique : l'affaiblissement des ténues intervocaliques ou le changement de p, t, c, entre deux voyelles en b, d, g. C'est pour lui un critérium certain pour distinguer les emprunts faits au latin par ces peuples sur le continent, de ceux qu'ils ont faits dans l'île. Ce phénomène se serait produit en Gaule vers 400 après Jésus-Christ,...
Page 232 - S initial + voyelle n'est conservé, en briltonique, que dans les mots latins, ou dans les mots indigènes où il était, en vieux-celtique, suivi de t. Or, la réduction de st à s s'est terminée à l'époque des emprunts latins , mais n'était pas encore accomplie à ce moment (cf. soft = *stub'la, stipula; swmwl = stum'lus, stimulus; mais ystarn, sustarn, etc.)- A en juger par l'analogie, en gaulois, à l'époque de la conquête romaine, st- initial devait donc être intact; dès lors les mots...
Page 90 - Il est possible que l'a soit dû à une forme non accentuée. Gall. llafn, arm. laoun = lamina et non lamina. Quand une forme de ce genre ne se trouve qu'en comique et en armoricain, il est fort probable qu'on est en présence d'un emprunt postérieur à l'unité brittonique : en corn, pras, arm. prat = prdtum pré; arm. marchad = mercdtus; corn, et arm. segal = secdle, etc. b) ô : le gallois présente un certain nombre de mots, ou ô est remplacé par ^ : arawd = ôrâtio et non ôrâtio, arawdr...
Page 17 - ... longtemps encore après le départ des troupes? On conçoit la gravité de cette question : si l'affirmative était prouvée, il s'ensuivrait nécessairement que le latin a été vraiment pendant et après l'occupation une langue nationale en Bretagne, et qu'une partie considérable de la populalion avait désappris le celtique. Par contre-coup, il y aurait de grandes chances de retrouver chez les Anglo-Saxons, en contact avec cette population romanisée, de nombreuses traces des mœurs et des...

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