Lettres et épitres amoureuses d'Héloǐse et d'Abeilard, Volume 1

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Page 98 - Ont porté jusqu'à moi cette voix que j'entends. •«Arrête, chère sœur; arrête, me dit-elle! « Ma cendre attend la tienne , et ma tombe t'appelle. « Du repos qui te fuit c'est ici le séjour : « J'ai vécu , comme toi , victime de l'amour : * J'ai brûlé , comme toi , d'un feu sans espérance.
Page 87 - C'est pour toi, pour toi seul que couleront mes larmes. Aux pleurs des malheureux Dieu trouve-t-il des charmes? Écris-moi, je le veux : ce commerce enchanteur, Aimable épanchement de l'esprit et du cœur, Cet art de converser, sans se voir, sans s'entendre, Ce muet entretien, si charmant et si tendre; L'art d'écrire, Abailard, fut sans doute inventé Par l'amante captive et l'amant agité.
Page 95 - Héloïse aime et brûle au lever de l'aurore, Au coucher du soleil elle aime et brûle encore, Dans la fraîcheur des nuits elle brûle toujours : Elle dort, pour rêver dans le sein des amours. A peine le sommeil a fermé mes paupières, L'amour, me caressant de ses...
Page 85 - S'élève dans les sens d'une faible vestale :' De mes feux mal éteints qui ranime l'ardeur? Amour, cruel amour, renais-tu dans mon cœur ? Hélas ! je me trompais ;,j'aime , je brûle encore. O nom cher et fatal ! Abailard ! je t'adore.
Page 92 - La piété l'habite , et voilà sa richesse. Dans l'enclos ténébreux de cette forteresse, Sous ces dômes obscurs, à l'ombre de ces tours, Que ne peut pénétrer l'éclat des plus beaux jours, Mon amant autrefois répandait la lumière : Le soleil brillait moins au haut de sa carrière.
Page 91 - C'est le dernier des biens dont je veuille jouir. Viens; nous pourrons encor connaître le plaisir, Le chercher dans nos yeux, le trouver dans nos âmes. Je brûle ; de l'amour je sens toutes les flammes : Laisse-moi m'appuyer sur ton sein amoureux, Me pâmer sur ta bouche , y respirer nos feux... Quels momens, Abailard ! les sens-tu ? quelle joie ! O douce volupté , plaisir où je me noie ! Serre-moi dans tes bras, presse-moi sur ton cœur...
Page 96 - On n'y voit point briller le feu qui me dévore : Tes regards sont plus doux qu'un rayon de l'aurore. Viens donc, cher Abailard; que crains-tu près de moi?
Page 97 - Héloïse mourante; Fuis, et mets entre nous l'immensité des mers : Habitons les deux bouts de ce vaste univers. Dans le sein de mon Dieu quand mon amour expire, Je crains de respirer l'air qu' Abailard respire; Je crains de voir ses pas sur la poudre tracés; Tout me rappellerait des traits mal effacés.
Page 93 - Abeilard, et je vois tous les cœurs, Privés de mon amant, partager mes douleurs. Des larmes de ses sœurs, Héloïse attendrie, De voler dans leurs bras te conjure et te prie. Ah ! charité trompeuse ! ingénieux détour ! Ai-je d'autre vertu que celle de l'amour ! Viens, n'écoute que moi, moi seule je t'appelle; Abeilard, sois sensible à ma douleur mortelle.
Page 171 - Courbé sous mes malheurs, je m'en fis de nouveaux ; Où dans tous les mortels je crus voir des rivaux.

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