Madame Sans-Gene: (Madame Devil-may-care)

Front Cover
S. French, 1912 - 83 pages
0 Reviews
 

What people are saying - Write a review

We haven't found any reviews in the usual places.

Selected pages

Common terms and phrases

Popular passages

Page 73 - L'empereur continue, arpentant son cabinet, les mains derrière le dos, s'arrêtant par secousse, puis repartant.) Alors, c'est une gageure ? Et ce que je savais de vous ne suffisait pas ? Il y fallait encore vos frasques de ce soir. J'ai été bien avisé vraiment de faire votre mari duc et maréchal d'empire, sans prévoir que celle qui porterait ces titres avec lui les couvrirait de ridicule. Bientôt, grâce à vous, ma cour sera la risée de l'Europe, et les gazetiers de la Tamise la diront...
Page 75 - L'EMPEREUR. — Vivandière ? CATHERINE. — Et c'est d' ça qu' Leux Altesses m'ont fait honte ! L'EMPEREUR. — C'est stupide ! CATHERINE. — C'est pas moi qui Г dis ! L'EMPEREUR. — Mais, vivandière ? Où ? Quand ? Comment ? CATHERINE. — Avec Lefebvre, au 15e léger. L'EMPEREUR, intéressé. — Armée des Vosges ? CATHERINE. — Armée des Vosges, armée de la Moselle, armée de Sambre-et-Meuse, armée du Rhin ! Trente-six mois de campagne ! Douze combats : Manheim, Frimont, Fleurus ! L'EMPEREUR....
Page 77 - L'EMPEREUR. — Vous vous figurez que l'Empereur va régler vos comptes de blanchisseuse ? CATHERINE. — • Oh ! quand Vot' Majesté saura Г nom ! L'EMPEREUR, haussant ¡es épaules. — Vous êtes folle ! Allons !... Il est minuit ! Finissons ! Plaise à Dieu que tout le monde fasse comme votre débiteur, qui oublie sa dette, et votre ancien métier ! CATHERINE. — Oh ! j'ai de quoi lui rafraîchir la mémoire, avec c'te lettre, ousqu'y demande crédit... (L'Empereur a un geste d'impatience....
Page 76 - D'ailleurs, nous allons concilier tout cela. Vous garderez vos galons si bien gagnés, et vous resterez la maréchale Lefebvre, duchesse de Dantzig ; seulement, vous éviterez de paraître à la cour, où vous devez d'ailleurs vous sentir dépaysée et mal à l'aise. CATHERINE, gaiement. — Ah ! quant à ça, j' peux dire qu' ça ne m
Page 79 - L'EMPEREUR, se lève. — Enfin, ! Ne marchandons pas ! Nous disons donc que Buonaparte vous doit ? CATHERINE, tendant la main. — Trois napoléons ! L'EMPEREUR, fouillant son gousset — Eh bien, ma chère, c'est une fatalité ! Je ne les ai pas sur moi ! CATHERINE. — Qu'à ça ne tienne ! Je peux vous faire encore crédit vingt-quatre heures. L'EMPEREUR, dans un sourire. — Merci ! Vous êtes une malicieuse personne, madame Sans-Gêne !... (il lui pince et lui secoue amicalement l'oreille.)...
Page 80 - Une fois surtout, que j' suis v'nue, l' matin, su' l' coup d'onze heures, vous porter vot' linge !... Je m'étais requinquée et mise sur mon pus propre, la polonaise toute ruchée, l' fichu galant, les petits souliers, le battant l'œil. Ah ! j'étais bien appétissante ! Je grimpe vos cinq étages, m...
Page 79 - ... capitaine que le pauvre homme a signé, quelques jours avant le dix août, était le mien. Il désignait son successeur ! En attendant, je battais le pavé de Paris en quête d'une profession, et je pensais à me faire marchand de meubles. CATHERINE, riant. — Y a pus de profit à c' que vous faites ! L'EMPEREUR, de même.
Page 78 - En effet !... Attendez donc !... Rue Sainte-Anne ? CATHERINE. — Au coin d' la rue des Orties ! L'EMPEREUR. — Parbleu, oui, je me souviens !... mais c'est votre nom que je cherche. CATHERINE. — Catherine Hubscher... L'EMPEREUR. — Non ! l'autre ! Un surnom ? CATHERINE. — Ah ! oui... Madame... L'EMPEREUR. — Attendez !... Madame Sans-Gêne ! CATHERINE. — Le v'ià ! L'EMPEREUR, riant. — Et il vous sied bien !... Comment, cette bonne fille, si gaie '? CATHERINE. — C'était moi ! L'EMPEREUR,...
Page 80 - ... jeunesse qu'a pas encore vu le feu. J' cogne à vot' porte... Toc, toc! — « Entrez! — Oh ! mon bon Dieu ! que j'me dis, qu'est-ce qui va se passer? » J'entr' dans le local d' Vot' Majesté, qu'était assise à une petite table, le nez collé su'une cart
Page 80 - Г carreau, et frôlant vot' chaise au passage. Mais bernique !... Vous grouillez pas pus d' vot' table, qu'si j'étais un' mouche ! — « Pour sûr, qu' je m' dis, s'y n' bat pas Г briquet pus fort qu' ça, y n'allumera pas l'amadou ! » Et, soufflant comme si j'avais trop chaud, j'enlève mon fichu, avec c't...

Bibliographic information