Oeuvres complètes, Volume 6

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Calmann Lévy, 1891
 

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Page 18 - Ce pays passe pour le point central de toute la Gaule. Là se rendent de toutes parts ceux qui ont des différends, et ils obéissent aux jugements et aux décisions des druides. « On croit que cette religion a pris naissance dans la Bretagne (l'Angleterre), et qu'elle fut de là transportée {dans la Gaule.
Page 130 - Marches, position superbe. Au retour, par la rive gauche, entre Goncelin et Pontcharra, je suis monté avec respect sur un coteau assez élevé qui tient à la montagne : là sont les ruines du château Bayard. Ici naquit Pierre du Terrail, cet homme si simple, qui, comme le marquis de Posa de Schiller, semble appartenir, par l'élévation et la sérénité de l'âme, à un siècle plus avancé que celui où il vécut.
Page 18 - Séduits par de si grands privilèges, beaucoup de Gaulois viennent auprès d'eux de leur propre mouvement, ou y sont envoyés par leurs proches. On enseigne aux néophytes un grand nombre de vers, et il en est qui passent vingt années dans cet apprentissage. Il n'est pas permis de confier ces vers à l'écriture. Dans la plupart des autres affaires publiques et privées, les Gaulois se servent des lettres grecques.
Page 182 - D'un autre côté, le paysan savoyard n'agit jamais à l'élourdie comme l'heureux paysan des environs de Paris ; « il n'étend le bras que là où il y voit clair, et ne se mêle d'aucune affaire que lorsqu'il n'aperçoit au travers ni noise avec l'autorité, ni brouille avec ses voisins, ni rapprochement quelconque avec les carabiniers royaux (les gendarmes), » Au fond, le paysan savoyard est excellent ; si elle eût duré pour lui, la Révolution française lui eût donné le courage d'oser....
Page 112 - Vous savez que ce monument, qui n'était qu'un simple aqueduc, s'élève majestueusement au milieu de la plus profonde solitude. L'âme est jetée dans un long et profond étonnement. C'est à peine si le Colisée, à Rome, m'a plongé dans une rêverie aussi profonde. Ces arcades que nous admirons faisaient partie de l'aqueduc de sept lieues de long qui conduisait à Nîmes les eaux de la fontaine d'Eure ; il fallait leur faire traverser une vallée étroite et profonde; de là le monument. On n'y...
Page 151 - II y avait une petite avant-garde composée de quelques hommes placés en avant du bataillon; l'aide de camp fit le commandement de en joue et feu. Un des soldats se trouvait à demi-portée de Napoléon et l'avait mis en joue. En entendant le commandement de feu il retourna la tête, et dit : Est-ce mon chef de bataillon qui me commande de faire feu? — Feu, répéta l'aide de camp. Le soldat répliqua : Je tirerai si mon chef de bataillon me dit de faire feu.
Page 213 - Vers 1804, quelques Genevois faisaient un journal, la Bibliothèque britannique*, que l'on pouvait toujours ouvrir avec plaisir, quand on était excédé du verbiage brillant et sans idée des journalistes français. Ce journal n'était décidément ennuyeux que quand il parlait morale; il voulait que tout le monde fût heureux à la genevoise. Comme il n'ya pas fabrique de livres et littérature nationale à Genève, ce journal n'était point obligé à mentir constamment, sous peine de se faire...
Page 215 - Mon style est destiné à faire de grands sots; » et Jean- Jacques eût pu lui voler cette idée. Ce style comédien favorise l'hypocrisie, maintenant nécessaire à tous les Français, et donne de grandes facilités aux sots ; voyez notre beau style actuel ! tandis que leur stérilité naturelle est mise à une rude épreuve sitôt qu'ils veulent imiter l'admirable clarté de Voltaire, ou le condensé de Montesquieu.
Page 22 - En France, le contour que les forêts tracent sur le ciel est composé d'une suite de petites pointes ; en Angleterre ce contour est formé par de grosses masses arrondies. Serait-ce qu'il ya plus de vieux arbres en Angleterre ? Voici les idées qui m'occupaient dans la diligence de Hennebon à Lorient.
Page 142 - C'est une double allée d'arbres de huit mille deux cenis mètres de long qui s'étend en ligne droite de la porte de la Graille (ou de la Corneille) au pont de Claix. Les arbres, surtout vers le pont, sont chétifs ; on a mal choisi les espèces ; il fallait des blancs de Hollande, des peupliers, de ces arbres qui croissent dans le sable. Jadis, vers 1770, il y avait des peupliers de soixante pieds de haut, mais la mode vint à abandonner ces grands arbres, on les coupa. (Abattre un grand arbre...

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