Oeuvres complètes de George Sand: Lélia

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Page 53 - Nous vivrons dans le deuil et dans les larmes , il est vrai ; nous nous ensevelirons vivantes , nous renoncerons aux saintes joies de la famille aussi bien qu'aux enivrements de la volupté; mais nous garderons la mémoire de Jérusalem, le culte de l'idéal. Par là, nous protesterons contre l'impudeur et la grossièreté du siècle , et nous forcerons ces hommes, bientôt las de leurs abjects plaisirs, à nous faire une place nouvelle à leurs côtés...
Page 160 - ... le talisman de la délivrance, je l'ai perdu. Et pourtant, j'ai vu beaucoup de choses ; et, quand la souffrance me presse, quand l'indignation me dévore, quand je sens Prométhée s'agiter dans mon sein et battre de ses grandes ailes la pierre où il est scellé, quand l'enfer gronde sous moi comme un volcan prêt à m'engloutir, quand les esprits de la mer viennent pleurer à mes pieds, et ceux de l'air frémir sur mon front... oh ! alors, en proie à un délire sans nom, à un désespoir sans...
Page 158 - ... souffrance et la plainte émanent de tous les pores de la création. Cette vague se tord sur la grève en gémissant, ce vent pleure lamentablement dans la forêt. Tous ces arbres qui se plient et qui se relèvent pour retomber encore sous le fouet de la tempête, subissent une torture effroyable. Il ya un être malheureux, maudit, un être immense, terrible, et tel que ce monde où nous vivons ne peut le contenir. Cet être invisible est dans tout, et sa voix remplit l'espace d'un éternel sanglot....
Page 156 - Votre grande âme, celle d'Annibal et de plusieurs autres se sont rattachées au dernier lambeau de la foi, sans songer qu'il valait mieux arracher ce lambeau, puisqu'il ne servait qu'à voiler encore la vérité. Une philosophie nouvelle, une foi plus pure et plus éclairée , va se lever à l'horizon.
Page 42 - Seulement, j'ai examiné le fond, j'ai analysé l'essence de la religion chrétienne , et je crois l'avoir mieux comprise que tous ceux qui s'en disent les apôtres. Je la crois progressive, perfectible, par la permission, par la volonté même de son divin auteur; et, quoique je sache bien que je suis hérétique au point de vue de...
Page 228 - ... lent , et rationnel, on y vit d'autant plus reparaître les lignes de l'impérissable beauté du type. On l'admira encore dans l'âge où l'amour n'est plus de saison , et dans le respect avec lequel on la saluait, entourée et embrassée par les charmants enfants de Sarah , on sentait encore l'émotion qui se fait dans l'âme à la vue d'un ciel pur, harmonieux et placide que le soleil vien* d'abandonner.
Page 85 - ... nous bien tous les deux : un jeune homme riche et » beau qui paie l'amour d'une femme , et une femme » perdue qui méprise cet homme et son argent! Voilà » les êtres que tu sers, que tu crains, que tu respectes... » Ramasse donc les outils de ton travail, ces boulets de (1) Martin, t. ix, p. 240. 12) Lelia, t. i", p. 90. » ton bagne éternel, et frappe! Écrase ces êtres para» sites qui mangent ton pain et te volent jusqu'à ta » place au soleil! Tue cet homme qui dort bercé par »...
Page 157 - IL est des heures dans la nuit où je me sens accablée d'une épouvantable douleur. D'abord c'est une tristesse vague , un malaise inexprimable. La nature tout entière pèse sur moi , et je me traîne brisée, fléchissant sous le fardeau de la vie comme un nain qui serait forcé de porter un géant. Dans ces moments-là, j'ai besoin d'expansion, j'ai besoin de soulagement, et je voudrais embrasser l'univers dans une effusion filiale et fraternelle ; mais il semble que l'univers me repousse tout...
Page 195 - Rien , allez-vous-en et revenez demain soir. Olivier se leva : — Je vous demande pardon , monsieur le comte , dit-il, vous vous trompez, c'est mon chapeau que vous prenez pour le vôtre; veuillez me le rendre, je vais avoir l'honneur de vous saluer. Le comte, toujours prudent, non par absence de courage (il était brave), mais jwr habitude de circonspection et par crainte du ridicule, fut enchanté d'en être quitte ainsi.
Page 225 - Sarah pour lui ; il en avait toujours repoussé l'idée, mais maintenant tout le lui disait, et chaque regard deMétella, quelle qu'en fût l'expression, lui en donnait une confirmation irrécusable. Olivier chérissait si réellement, si tendrement sa mère adoptive, il avait connu auprès d'elle une manière d'aimer si paisible et si bienfaisante, qu'il s'était cru incapable d'une passion plus vive : il s'était donc livré en toute sécurité au danger d'avoir pour sœur une créature vraiment...

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