Oeuvres de Crébillon, Volume 2

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A. A. Renouard, 1818 - Drama - 411 pages
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Page 361 - Suis-moi, m'at-elle dit, infortuné Thyeste.» Le spectre , à la lueur d'un triste et noir flambeau , A ces mots, m'a traîné jusque sur son tombeau. J'ai frémi d'y trouver le redoutable Atrée , Le geste menaçant et la vue égarée , Plus terrible pour moi , dans ces cruels moments , Que le tombeau, le spectre et ses gémissements.
Page 211 - Il est vrai qu'autrefois, plus jeune et plus sensible (Vous l'avez ignoré ce projet si terrible, Vous l'ignorez encor), je formai le dessein De vous plonger à tous un poignard dans le sein. L'objet qui vous dérobe à ma juste colère Ne...
Page 217 - Vous êtes généreux : devenez aujourd'hui, Ainsi que notre espoir, notre plus ferme appui. Nos injustes soupçons n'ont plus besoin d'otage : D'un homme tel que vous la gloire est le seul gage. Vous, sénateurs, veillez à notre sûreté. Il s'agit du sénat et de la liberté. Courons sans différer où l'honneur nous appelle. Adieu, Catilina : j'attends de votre zèle Tous les secours qu'on doit attendre d'un grand cœur.
Page 172 - D'un reproche odieux réprimez la licence , Madame , ou contraignez vos soupçons au silence : Songez, pour violer le respect qui m'est dû , Qu'il faut auparavant que je sois convaincu ; Qu'il faut l'être, soi-même , avant que d'oser croire La moindre lâcheté qui peut flétrir ma gloire ; Que l'amour est déchu de son autorité , Dès qu'il veut de l'honneur blesser la dignité. Souvenez-vous enfin qu'un généreux courage Pardonne à qui le hait , mais point à qui l'outrage.
Page 361 - Asservissent mon âme à ces vaines images. Cette nuit même encor, j'ai senti dans mon cœur Tout ce que peut un songe inspirer de terreur. Près de ces noirs détours que la rive infernale Forme à replis divers dans cette île fatale, J'ai cru long-temps errer parmi des cris affreux Que des mânes plaintifs poussoient jusques aux cieux.
Page 186 - Ainsi donc le sénat veut , sans me consulter , Me charger d'un emploi que je puis rejeter. Je ne sais s'il a cru me forcer à le prendre ; Mais j'ignore comment vous osez me l'apprendre, Et croire m'éblouir jusqu'à me déguiser Tout l'affront d'un honneur que je dois mépriser.
Page 364 - Un guerrier généreux , que la vertu couronne , Vaut bien un roi formé par le secours des lois : Le premier qui le fut n'eut pour lui que sa voix.
Page 324 - Dans leurs mains chaque jour tu déposes ta lyre. Ma muse , un jour de gloire est un jour de délire ; Sers mon audace, et prends la lyre dans leurs mains. Téméraire , arrêtez , et respectez Minerve : Elle a , comme Apollon , ses autels en ces lieux. La raison y préside , et son front sérieux Se rideroit aux traits d'une indiscrète verve. Je la vois qui déjà blâme nos vains efforts.
Page 208 - ... haine a souvent fait plus de faux coupables , Qu'un penchant malheureux n'en fait de véritables. Je dis plus, et quand même il seroit criminel , Faut-il, comme Caton, être toujours cruel? Dans son sang le plus pur voulez-vous noyer Rome ! Songez qu'un seul remords peut vous rendre un grand homn La rigueur n'a jamais produit le repentir : Ce n'est qu'en pardonnant qu'on nous le fait sentir.
Page 207 - On diroit, à vous voir assemblés en tumulte, Que Rome des Gaulois craigne encore une insulte, Et qu'un autre Annibal va marcher sur leurs pas. Où sont des conjurés les chefs et les soldats ? Les fureurs de Caton et son impatience Dans le sein du sénat semant la défiance, On accuse à-la-fois Cépion, Lentulus, Dolabella, César, et moi-même Crassus.

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