Oeuvres de Crébillon, Volume 2

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A. A. Renouard, 1818 - French drama - 411 pages
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Page 359 - Suis-moi, m'at-elle dit, infortuné Thyeste.» Le spectre , à la lueur d'un triste et noir flambeau , A ces mots, m'a traîné jusque sur son tombeau. J'ai frémi d'y trouver le redoutable Atrée , Le geste menaçant et la vue égarée , Plus terrible pour moi , dans ces cruels moments , Que le tombeau, le spectre et ses gémissements. J'ai cru voir le barbare entouré de Furies ; Un glaive encor fumant...
Page 355 - S'il n'en eût inspiré le barbare dessein , Non , je n'aurois jamais promis de sang humain, « Sauve des malheureux si voisins du naufrage , Dieu puissant, m'écriai- je, et rends-nous au rivage : / Le premier des sujets rencontré par son roi A Neptune immolé satisfera pour moi.
Page 359 - Hrope, a cet aspect, plaintive et désolée, De ses lambeaux sanglants à mes yeux s'est voilée. Alors j'ai fait pour fuir des efforts impuissants : L'horreur a suspendu l'usage de mes sens. A mille affreux objets l'ame entière livrée, Ma frayeur m'a jeté sans force aux pieds d'Atrée.
Page 359 - Tout ce que peut un songe inspirer de terreur. Près de ces noirs détours que la rive infernale Forme à replis divers dans cette île fatale, J'ai cru long-temps errer parmi des cris affreux Que des mânes plaintifs poussoient jusques aux cieux.
Page 71 - Tandis qu'au fond de l'ame on déteste sa mère. Tu m'as plainte un moment, perfide ! mais ton cœur S'est bientôt rebuté de ce soin imposteur. Juge si je puis voir, sans un excès de joie, Les douloureux transports où ton ame est en proie. Regarde en quel état un déplorable amour Réduit l'infortunée à qui tu dois le jour. Prive-moi de celui qu'à regret je respire : Ne t'en tiens point au soin de me ravir l'empire ; Arrache-moi du moins aux horribles transports Qui s'emparent de moi malgré...
Page 184 - Ainsi donc le sénat veut , sans me consulter , Me charger d'un emploi que je puis rejeter. Je ne sais s'il a cru me forcer à le prendre ; Mais j'ignore comment vous osez me l'apprendre , Et croire m'éblouir jusqu'à me déguiser Tout l'affront d'un honneur que je dois mépriser.
Page 209 - Ne parlait point alors en faveur de son père; Mais un autre penchant plus digne d'un Romain M'arracha tout à coup le glaive de la main : Je sentis, malgré moi, l'amour de la patrie S'armer pour des cruels indignes de la vie. Aujourd'hui, que tout doit...
Page 322 - Je les vois tout couverts de tes rayons divins ; Dans leurs mains chaque jour tu déposes ta lyre. Ma muse , un jour de gloire est un jour de délire ; Sers mon audace , et prends la lyre dans leurs mains» Téméraire , arrêtez , et respectez Minerve : Elle a , comme Apollon , ses autels en ces lieux. La raison y préside , et son front sérieux Se rideroit aux traits d'une indiscrète verve. Je la vois qui déjà blâme nos vains efforts.
Page 332 - L'âge, qui détruit tout, rajeunit sa vieillesse : Son génie étoit fait pour braver tous les temps. Albion ', qui prétend nous servir de modèle, Croit que Locke et Newton n'eurent jamais d'égaux ; Le Germain, que Leibnitz compte peu de rivaux ; Et nous, que l'univers n'aura qu'un Fontenelle. Prodigue en sa faveur, le ciel n'a point borné Les présents qu'il lui fit au seul don du génie ; Minerve l'instruisit, et son cœur fut orné De toutes les vertus par les soins d'Uranie. Loin de s'enorgueillir...
Page 264 - Ils ne regardent point leur tyran comme un roi Qu'élève au-dessus d'eux la naissance ou la loi; Et, sans avoir pour lui les lois ni la naissance, César osa des rois s'arroger la puissance. Non que des conjurés j'approuve la fureur ; Je déteste leur crime, encor plus son vengeur; Car vous multipliez...

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