Oeuvres de M. Boileau Despréaux...: Avec des eclaircissemens historiques donnés par lui-même, Volume 2

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Charles Hugues Letebvré de Saint Marc
David, 1747
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Page 157 - Je sais qu'un noble esprit peut , sans honte et sans crime , Tirer de son travail un tribut légitime ; Mais je ne puis souffrir ces auteurs renommés Qui, dégoûtés de gloire et d'argent affamés, Mettent leur Apollon aux gages d'un libraire , Et font d'un art divin un métier mercenaire.
Page 23 - Ronsard, qui le suivit, par une autre méthode, Réglant tout, brouilla tout, fit un art à sa mode, Et toutefois longtemps eut un heureux destin. Mais sa muse, en français parlant grec et latin, Vit dans l'âge suivant, par un retour grotesque, Tomber de ses grands mots le faste pédantesque. Ce poète orgueilleux, trébuché de si haut, Rendit plus retenus Desportes et Bertaut.
Page 354 - S'en va tomber sous la foudre , Qui dompta Lille , Courtrai , Gand la superbe Espagnole , Saint-Omer, Besançon , Dole , Ypres, Mastricht, et Cambrai. Mes présages s'accomplissent : II commence à chanceler ; Sous les coups qui retentissent Ses murs s'en vont s'écrouler.
Page 26 - Enfin Malherbe vint, et, le premier en France, Fit sentir dans les vers une juste cadence, D'un mot mis en sa place enseigna le pouvoir, Et réduisit la muse aux règles du devoir. Par ce sage écrivain la langue réparée N'offrit plus rien de rude à l'oreille épurée.
Page 52 - L'ardeur de se montrer et non pas de médire , Arma la Vérité du vers de la Satire. Lucile le premier osa la faire voir ; Aux vices des Romains présenta le miroir; "Vengea l'humble vertu de la richesse altière , Et l'honnête homme à pied du faquin en litière.
Page 107 - N'imitez pas ce fou qui, décrivant les mers, Et peignant, au milieu de leurs flots entr'ouverts, L'Hébreu sauvé du joug de ses injustes maîtres, Met, pour le voir passer, les poissons aux fenêtres ; Peint le petit enfant qui va, saute, revient, Et joyeux à sa mère offre un caillou qu'il tient.
Page 42 - Tantôt, comme une abeille ardente à son ouvrage, Elle s'en va de fleurs dépouiller le rivage : Elle peint les festins, les danses et les ris...
Page 103 - C'est d'un scrupule vain s'alarmer sottement Et vouloir aux lecteurs plaire sans agrément. Bientôt ils défendront de peindre la Prudence, De donner à Thémis ni bandeau ni balance, De figurer aux yeux la Guerre au front d'airain, Ou le Temps qui s'enfuit une horloge à la main ; Et partout des discours comme une idolâtrie, Dans leur faux zèle, iront chasser l'Allégorie.
Page 65 - Si d'un beau mouvement l'agréable fureur Souvent ne nous remplit d'une douce terreur, Ou n'excite en notre âme une pitié...
Page 137 - Vient d'un fils amoureux gourmander l'imprudence; De quel air cet amant écoute ses leçons, Et court chez sa maîtresse oublier ces chansons. Ce n'est pas un portrait, une image semblable, C'est un amant, un fils, un père véritable.

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