Poésies ...

Front Cover
A. Lemerre, 1885
 

What people are saying - Write a review

We haven't found any reviews in the usual places.

Selected pages

Contents

Common terms and phrases

Popular passages

Page 80 - Vous qui luirez toujours, étoiles immobiles, Clartés dont la douceur étonne les enfants, Nous voyez-vous, nous tous qui souffrons dans les villes? Entendez-vous les voix qui pleurent dans les champs? Merveilleux univers sourd à l'homme qui pense, Ton espace infini m'épouvante, et j'ai peur De son immensité moins que de son silence, Gouffre où nous n'entendons battre que notre cœur.
Page 9 - L«ES papillons bleus, les papillons blancs Sur les prés mouillés et les blés tremblants Vont battant des ailes. C'est sous le soleil un frémissement Qui fait s'incliner les fleurs doucement Sur leurs tiges frêles. Contre les rochers, avec des sanglots, En bas, l'Océan vient briser ses flots Brodés d'étincelles. Là-haut, sans souci des flots onduleux, Les papillons blancs, les papillons bleus...
Page 168 - Cette félicité magique fut la vôtre. Mais cependant il est une route tout autre : II en est qui n'ont pas le courage de fuir Ce siècle qu'il leur faut adorer et haïr, Tout à la fois. Leur temps les possède et les force, Tels que Milon, les mains prises dans son écorce, A vivre de sa vie anxieuse, à jamais. Ils ne connaîtront pas le calme des sommets, Eux qui se sont jetés dans cet enfer qui souffre D'un coup, comme avait fait Curtius dans son-gouffre, Et qui, sombres forçats de leur bagne...
Page 152 - Meurt sans avoir douté de son cher Idéal, A l'âge où les deux mains n'ayant pas fait de mal Nos remords les plus vrais sont de pieux mensonges. Heureux encor celui pour qui tu te prolonges, O sainte Illusion du rêve baptismal, Et qui, sous l'humble abri de son clocher natal, Vit et meurt dans la douce extase où tu le plonges. Mais combien malheureux celui qui, comme moi, Brise à moitié le joug, et guérit de la foi Sans guérir du besoin généreux du martyre!
Page 32 - ND tes yeux s'ouvriront sur un beau paysage, Si le ravissement te fait verser des pleurs, Ne retiens pas ces pleurs, mon enfant, sois plus sage, Et ne te raille pas de ces vaines douleurs. Ces larmes sans objet, ces angoisses divines Qui nous prennent devant l'océan et les cieux, Cette extase sans nom qui court dans nos poitrines Comme un frémissement triste et délicieux...
Page 90 - IL faut plaindre tous ceux qui n'ont pas eu de mère, Car leur espoir est triste et leur joie est amère. Même quand une main d'ami s'ouvre pour eux, Ils tremblent : on dirait qu'ils ont peur d'être heureux ; Et leur âme, avant l'âge à l'effort asservie, N'est pas apprivoisée aux douceurs de la vie.
Page 18 - LA chapelle est tapie au creux d'un grand rocher. La croix de fer doré brille en haut du clocher, Le porche en bois est plein de sculptures antiques, Où des saints douloureux et des anges mystiques Charment les cœurs dévots depuis quatre cents ans. Les dimanches, c'était un flot de paysans Qui tous portaient la veste ancienne en bure bleue. Ils avaient pour venir marché plus d'une lieue; La poussière couvrait leurs guêtres de cuir brun ; Le noir chapeau de feutre en arrière, un par un Ils...
Page 9 - Dont le bruit apaisé semble un chant merveilleux, A l'heure où le grand soleil tombe '... Il ya de plus dans ces deux volumes nombre de pièces qui, de toute éternité, semblent destinées à figurer dans les anthologies : Sur la Falaise : Les papillons bleus, les papillons blancs Sur les prés mouillés et les blés tremblants Vont battant des ailes.
Page 18 - Où des saints douloureux et des anges mystiques Charment les cœurs dévots depuis quatre cents ans. Les dimanches, c'était un flot de paysans Qui tous portaient la veste ancienne en bure bleue. Ils avaient pour venir marché plus d'une lieue ; La poussière couvrait leurs guêtres de cuir brun ; Le noir chapeau de feutre en arrière, un par un Ils sortaient. Puis venait, en bonnet de dentelle, La femme qui conduit ses enfants devant elle, Le chapelet aux doigts, d'un air calme et pieux, — Et...
Page 72 - AMI, l'art vrai n'est pas, quoique la foule en dise, Un jouet qu'on reprenne ou qu'on quitte à sa guise, II veut, pour accomplir ses travaux glorieux, De forts lutteurs, toujours pensifs et sérieux, Qui chérissent le Beau d'une immense tendresse.

Bibliographic information