Répertoire du Théâtre François: ou, Recueil des tragédies et comédies restées au théâtre depuis Rotrou pour faire suite aux éditions in-octavo de Corneille, Molière, Racine, Regnard, Crébillon, et au théâtre de Voltaire; avec des notices sur chaque auteur, et l'examen de chaque pièce, Volume 4

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M. Petitot (Claude-Bernard), Claude Bernard Petitot
P. Didot l'ainé, chez Perlet, 1803 - French drama
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Page 118 - Et les dieux en courroux, ces dieux par qui nous soinNe pourront demander pour victimes des hommes? Le sang que nous faisons couler à notre gré Sera-t-il donc pour eux uniquement sacré? Mais vous, de leurs décrets l'instrument et l'organe, Quel tribunal en vous les juge et les condamne"?
Page 68 - Noricus, je confesse, à ma honte, que tantôt, emporté d'une chaleur trop prompte, j'ai par un mot cruel blessé votre grand cœur ; mais, non moins que du mien, jaloux de votre honneur, je viens publiquement réparer cet outrage. Tous ces chefs assemblés vous rendront témoignage qu'ici je désavoue un aveugle transport : vous avez vaillamment secondé mon effort, quand du poste attaqué je me suis rendu maître ; et si j'ai réussi, je ne le dois, peut-être, qu'aux attaques déjà deux fois...
Page 77 - Ma mère!... votre fils ne sera point parjure; Non , vous serez vengée !... et de nouveau j'en jure ! Rome, tu périras!... On ne te verra plus A ton char insolent traîner les rois vaincus , T'enivrer de l'opprobre où ta rage les livre, Et leur faire à ce prix payer l'affront de vivre.
Page 41 - C'en est fait , Clytemnestre a consommé son crime. Ton sort, Idomenée, est encor plus affreux; Hâte-toi d'accomplir tes sacrilèges vœux.... Et toi Pyrrhus aussi , fier de tant d'homicides , Tu péris sans honneur par des mains parricides ; Au malheur des Troyens ton bras eut trop de part. Quoi ! c'est l'amour encor qui guide le poignard ! Tu vas brûler d'un feu qu'Andromaque déteste : Cours recevoir le prix de ta flamme funeste: Oreste va punir tes crimes par les siens, Et les Grecs que tu...
Page 22 - Le ciel m'en a punie : épouse, mere, reine , A chacun de ces noms il attache sa peine. Pyrrhus, dont la fureur anime tous les coups, Fit jaillir jusqu'à moi le sang de mon époux; Comme de tendres fleurs au matin moissonnées Mes fils ont vu trancher leurs tristes destinées; La guerre , dont j'ai seule allumé le flambeau , Les a précipités dans la nuit du tombeau. Reine! où sont mes sujets? qu'en reste-t-il? des femmes...
Page 144 - Qu'écrasé sous le poids de mon noir attentat, Fuyant le coup fatal que ma fureur implore, Je recherche le jour que je souille et j'abhorre! Proscrit, désespéré, sans asile, sans dieux, Misérable partout, et partout odieux, Tu m'aimes! et tu veux, ô comble de l'outrage! Tu veux dans ton ardeur, ou plutôt dans ta rage, Que je me souille encor du plus noir des forfaits, Pour racheter mes maux et payer tes bienfaits! Tu veux que, redoublant l'excès de mes alarmes, Afin de t'épargner quelques...
Page 111 - J'attendois chaque jour qu'un favorable orage Me livrât , sur ces bords de mes larmes trempés , Quelques malheureux Grecs au naufrage échappés , Pour instruire par eux Argos et ta tendresse Du cours de mes destins ignoré de la Grèce ; Sûre que ton grand cœur, pénétré de mon sort, M'affranchiroit d'un joug plus cruel que la mort. Inutiles projets ! les dieux dans leur vengeance M'ont voulu tout ravir, jusque
Page 43 - J'ai du moins dérobé sa flamme à mon vainqueur; Maisqu'il en coûte, hélas! d'affliger ce qu'on aime! Je partis de Tarente; il s'éloigna lui-même. On m'apprit que j'étois la fille de Crassus... Que de raisons, hélas ! d'oublier Spartacus ! D'un souvenir si cher toutefois possédée , Dans mon cœur en secret j'en...
Page 126 - Où s'égare ton cœur! Ose lui commander : Illustre l'amitié, loin de la dégrader. Pense moins à Pylade, et t'occupe d'Oreste; , Du plus beau sang des rois n'avilis point le reste. Sois homme et me fais voir le fils d'Agamemnon. Oublie et tes remords, et ton crime, et ton nom; Que notre honneur soit seul présent à ta pensée.
Page 36 - Spartacus un barbare !... aveugles que nous sommes ! Notre haine souvent juge ainsi les grands hommes ! De nos propres couleurs nous chargeons leurs portraits, et les défigurons, en leur prêtant nos traits !... ah ! Que, pour le repos de la triste Emilie...

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