Sainte Theudosie

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Imp. de Lenoel-Herouart, 1853 - Catacombs - 46 pages
 

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Page 11 - ... destruction consommée! Pas encore. En y regardant bien, vous reconnaîtrez des contours humains : ce petit tas , qui touche à une des extrémités longitudinales de la niche, c'est la tête ; ces deux autres tas , plus petits encore et plus déprimés, placés parallèlement un peu au-dessous, à droite et à gauche du premier, ce sont les épaules; ces deux autres, les genoux. Les longs ossements sont représentés par ces faibles traînées, dans lesquelles vous remarquez quelques interruptions....
Page 11 - ... tournent à la pierre. Un peu plus loin, voici une tombe dans laquelle il ya une lutte entre la force qui fait le squelette et la force qui fait la poussière : la première se défend, la seconde gagne, mais lentement. Le combat qui existe en vous et en moi entre la mort et la vie , sera fini , que ce combat entre une mort et une mort durera encore longtemps.
Page 11 - ... à droite et à gauche du premier, ce sont les épaules ; ces deux autres, les genoux. Les longs ossements sont représentés par ces faibles traînées , dans lesquelles vous remarquez quelques interruptions. Ce dernier calque de l'homme, cette forme si vague, si effacée, à peine empreinte sur une poussière à peu près impalpable, volatile, presque transparente, d'un blanc mat et incertain, est ce qui donne le mieux quelque idée de ce que les anciens appelaient une ombre. Si vous introduisez...
Page 11 - ... que ce combat entre une mort et une mort durera encore longtemps. Dans le sépulcre voisin , tout ce qui fut un corps humain n'est déjà plus, excepté une seule partie, qu'une espèce de nappe de poussière, un peu chiffonnée et déployée comme un petit suaire blanchâtre, d'où sort une tête. Regardez enfin dans cette autre niche : là, il n'ya décidément plus rien que de la pure poussière, dont la couleur même est un peu douteuse, à raison d'une légère teinte de rousseur. Voilà...
Page 10 - ... fleurs. Dans un certain nombre de niches sépulcrales qui ont été ouvertes à diverses époques, on peut suivre, en quelque sorte pas à pas, les formes successives, de plus en plus éloignées de la vie, par lesquelles ce qui est là arrive à toucher d'aussi près qu'il est possible au pur néant. Regardez d'abord ce squelette : s'il est bien conservé , malgré tous ses siècles...
Page 8 - ... bavardages les plus déplacés, par une gaieté insolente pour les vivants et pour les morts. Malgré cela, une visite aux catacombes fait un effet solennel et profond. On ne peut rencontrer nulle part une aussi vive apparition des premiers âges du christianisme. La source d'eau de l'antique baptistère, préservée de tout usage profane, coule toujours pure comme la grâce dont elle est l'emblème. Cette longue file de flambeaux portés par les visiteurs qui...
Page 11 - ... respiration. Cette forme est plus frêle que l'aile d'un papillon, plus prompte à s'évanouir que la goutte de rosée suspendue à un brin d'herbe au soleil ; un peu d'air agité par votre main , un souffle , un son deviennent ici des agents puissants qui peuvent anéantir en une seconde ce que dix-sept siècles , peutêtre, de destruction ont épargné. Voyez , vous venez de respirer, et la forme a disparu. Voilà la fin de l'histoire de l'homme en ce monde.
Page 5 - ... de la poussière des vieux siècles, de recoins étranges, d'histoires tragiques , de sorte que ces lieux, avec les mille plis et replis de leurs sentiers et de leurs mystères, conviennent très-bien pour être des palais de la mort, qui est si pleine elle-même de surprises, de secrets terribles, et qui suit souvent, pour frapper ses coups, des routes aussi tortueuses. De chaque côté de ces corridors, on a pratiqué, dans le mur, pour y déposer les cadavres, des espèces de niches oblongues,...
Page 6 - ... ceux-ci, après avoir été fermés autrefois parce qu'ils étaient pleins, sont fermés de nouveau parce qu'ils sont vides. Ces galeries mortuaires sont en général étroites. L'air y est épais et lourd, et le terrain presque partout exempt d'humidité. De temps en temps l'espace s'élargit, et vous respirez plus à l'aise en arrivant à des chambres sépulcrales, à des chapelles qui conservent encore des peintures antiques, et quelquefois à un baptistère. Dans plusieurs de ces cimetières,...
Page 10 - L'humidité, qui dissout tant d'autres choses, durcit ces ossements en les recouvrant d'une croûte qui leur donne plus de consistance qu'ils n'en avaient lorsqu'ils étaient les membres d'un corps vivant. Mais cette consistance n'en est pas moins un progrès de la destruction : ces ossements d'hommes tournent à- la pierre.

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