Samuel Brohl et cie

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Librairie Hachette, 1880 - French fiction - 330 pages
 

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Page 197 - ... C'est vous qui nous l'avez envoyé, ou plutôt à vous appartient le mérite de l'avoir découvert, inventé. — Oh ^permettez, il ne faut rien exagérer, répondit humblement M. Moriaz, il s'est bien inventé lui-même. — C'est vous du moins qui l'avez patronné, qui l'avez produit; sans vous,'le monde n'eût jamais soupçonné l'existence de ce beau génie, de ce noble caractère, qui se cachait sous l'herbe du chemin comme la violette. — C'est décidément un remué de germain, se dit...
Page 103 - Jessica; il n'est pas jusqu'au plus petit de ces globes que tu contemples, qui par ses mouvemens ne produise une harmonie angélique, laquelle s'accorde avec les voix des chérubins aux yeux éternellement jeunes. Les âmes immortelles portent en elles-mêmes une semblable musique; mais aussi longtemps que ce vêtement de boue, fait pour tomber, l'emprisonne grossièrement entre ses cloisons, nous ne pouvons l'entendre. — Samuel se relevait quelquefois la nuit pour regarder le ciel, et il croyait...
Page 136 - Avant toute chose, permettez-moi de vous exposer mes petites idées. On me reproche d'avoir des préjugés, c'est une affreuse calomnie. Je vais vous faire ma profession de foi, vous en jugerez : je suis en guerre sur plus d'un point avec nos mœurs françaises; je déplore l'habitude que nous avons prise de considérer le mariage comme une affaire, de le tenir pour une sorte d'association financière ou commerciale, et de tout subordonner au grand principe de l'égalité des apports. Ce principe...
Page 174 - Galet, à qui j'ai servi, selon vos ordres, le quartier de sa pension. Comme vous la gâtez ! J'ai trouvé sur sa table un bouquet de duchesse, elle a prétendu que vous le lui aviez envoyé de là-bas, et j'ai eu toutes les peines du monde à lui faire comprendre qu'on ne cueille pas des camellias doubles sur le glacier du Roseg. Semez de fleurs, si vous le voulez, l'existence et la mansarde de...
Page 191 - ... de publicains et de poissonniers, que, si le Christ s'avisait de venir prêcher sur le boulevard des Italiens le sermon de la montagne... — .Pour la vraisemblance du fait, place au moins la scène à Montmartre, interrompit-il. Franchement, je ne vois pas très bien quel rapport il peut y avoir entre le Christ et le comte Larinski, et puis la théologie, n'en parlons pas, ce n'est pas mon affaire. La religion me paraît être une bonne chose, une chose utile, et j'accepte volontiers le christianisme;...
Page 134 - ... faire. — Pourquoi cela? — Vous dirai-je ma raison ? Je n'aime pas à rompre la glace, et les Polonais se plaignent que ce qu'il ya de plus glacial au monde, c'est la froideur parisienne. — Cela s'explique, s'écria Camille. Paris, le vrai Paris, est une petite ville de cent mille âmes, et cette petite ville est envahie de plus en plus par l'étranger, qui vient y chercher le plaisir ou la fortune. Il est naturel que Paris se défende. — Les Parisiens se piquent de finesse, reprit Samuel....
Page 199 - Je n'en doute pas un instant, répondit M. Moriaz en prenant le livre des mains de l'abbé Miollens et le reposant avec respect sur la table. Heureusement notre ami Larinski, comme vous l'appelez, a eu l'excellente idée de ressusciter il ya quelque trente ans, ce qui nous a procuré la joie de le rencontrer à Saint-Moritz, et puisque nous en sommes sur ce chapitre...
Page 50 - ... miche de pain mollet, des œufs cuits durs, un pâté de venaison, une bouteille d'excellent bourgogne. Il étala ses provisions autour de lui, puis il présenta à M. Moriaz une coupe taillée dans une noix de coco, et la remplit jusqu'aux bords en disant : Voilà qui vous remettra. M. Moriaz vida la coupe et sentit bientôt son malaise se dissiper. Sa belle humeur lui revint, il narra gaîment à son amphitryon sa déplorable odyssée; Abel lui raconta une mésaventure [du même genre qu'il...
Page 261 - ... En ce moment, ils ouïrent le bruit d'un pas que Mlle Moriaz reconnut sur-le-champ, et le comte Larinski déboucha du sentier qui bordait la maison. Antoinette alla au-devant de lui, elle l'amena en le tirant par le bout de son gant qu'il venait d'ôter et tenait à la main. « Messieurs, dit-elle, je n'ai pas besoin de vous présenter l'un à l'autre, vous vous connaissez déjà. » Peut-être se connaissaient-ils un peu trop, ce qui est pire que de ne pas se connaître du tout. Expert dans...
Page 269 - ... propre à tous les animaux dont la chasse est le métier. Ce qu'il y avait de commun entre Hippoclide et lui, c'est qu'une fois certain d'être aimé et épousé, il venait de rendre la bride à son naturel ; l'âpreté de ses appétits et de sa volonté s'était révélée soudain, et Mlle Moriaz avait pu s'apercevoir qu'il avait le bec crochu. Cependant il y avait dans tout ce que faisait Samuel Brohl, dans ses incartades même, dans ses échappées, un peu de calcul et de combinaison. Sans...

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