Souvenirs d'un officier royaliste: contenant son entrée au service, ses voyages en Corse et en Italie, son émigration, ses campagnes à l'armée de Condé, et celle de 1815, dans la Vendée, Volume 1

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Page 187 - ... des villes et des peuples entiers, doive éterniser sa mémoire; quoiqu'il ait fait bien des ouvrages qui dureront toujours, je compte pourtant que l'immortalité des vôtres contribuera beaucoup à celle qu'il doit attendre. Pour moi, j'estime heureux ceux à qui les dieux ont accordé le don, ou de faire des choses dignes d'être écrites , ou d'en écrire de dignes d'être lues ; et plus heureux encore ceux qu'ils ont favorisés de ce double avantage. Mon oncle tiendra son rang entre les derniers...
Page 193 - S'ils restent, comment échapper à la terre qui s'entr'ouvre, et s'ils fuient, aux pierres qui tombent? On choisit le dernier parti ', la foule persuadée par la crainte, mon oncle convaincu par la raison.
Page 191 - Cependant, une lueur perce les ténèbres ; c'était l'incendie qui approchait : mais il s'arrête, s'éteint; la nuit redouble, et avec la nuit la pluie de cendres et de pierres. Nous étions obligés de nous lever, de moment en moment, pour secouer nos habits. Le dirai-je?
Page 187 - J'obéis donc avec empressement à vos ordres, que j'aurais sollicités. » Mon oncle était à Misène, où il commandait la flotte. > Le 23 août, une heure environ après midi, comme il était sur son lit, occupé à étudier, après avoir, suivant sa coutume, dormi un moment au soleil et bu de l'eau froide, ma mère monte à sa chambre. Elle lui annonce qu'il s'élève dans le ciel un nuage d'une grandeur et d'une figure extraordinaires. Mon oncle se lève ; il examine le prodige, mais sans pouvoir...
Page 188 - J'aime mieux rester pour étudier. Mon oncle sort donc seul ; et, ses tablettes à la main, il s'embarque. • Cependant je continuai à étudier. Je prends le bain, je me couche; mais je ne pouvais dormir. Le tremblement de terre qui depuis plusieurs jours agitait aux environs tous les bourgs et les villes même, augmentait à tout moment. Je. me lève pour aller éveiller ma mère, ma mère entre soudain dans ma chambre pour m'éveiller.
Page 188 - Il ressemblait à un grand pin : il en avait la cime, il en avait les branches. Sans doute un vent souterrain le poussait avec impétuosité et le soutenait dans les airs. Il paraissait tantôt blanc, tantôt noir, tantôt de diverses couleurs, suivant qu'il était plus ou moins chargé ou de cailloux ou de cendres. Mon oncle fut étonné : il crut ce phénomène digne d'être examiné de près. Vite une galère, dit-il, et il m'invite à le suivre.
Page 190 - ... plusieurs appelaient la mort même contre la mort. On disait que l'on était maintenant enseveli avec le monde dans la dernière des nuits, dans celle qui devait être éternelle; et au milieu de tout cela , que de récits funestes ! que de terreurs imaginaires ! la frayeur outrait tout et croyait tout.
Page 187 - Vous me demandez des détails sur la mort de mon oncle, afin de pouvoir, dites-vous, la transmettre tout entière à l'avenir. Je vous rends grâce de votre intention. Sans doute le souvenir éternel d'un fléau par lequel mon oncle a péri avec des peuples, promettait à son nom l'immortalité : sans doute ses ouvrages aussi l'en nattaient : mais une ligne de Tacite la lui assure.
Page 189 - ... et jaillissent, en larges éclairs. » » L'ami de mon oncle revient alors à la charge. Sauvez-vous, nous dit-il, c'est la volonté de votre oncle, s'il est vivant; et son vœu, s'il est mort. — Nous ignorons le sort de mon oncle , répondîmes-nous, et nous nous inquiéterions du nôtre .
Page 190 - Dans l'instant la nue s'abat des cieux sur la mer et l'enveloppe ; elle nous dérobe l'île de Caprée et le promontoire de Misène. Sauve-toi, mon cher fils, s'écrie ma mère ; sauve-toi, tu le dois, et tu le peux, car tu es jeune : mais moi chargée d'embonpoint et d'années, pourvu que je ne sois pas cause de ta mort, je meurs contente. —Ma mère, point de salut pour moi qu'avec vous... Je prends ma mère par la main, et je l'entraîne.

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