Van Gogh: l'oeil des choses

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Les Empêcheurs de penser en rond, 1998 - Art - 175 pages
Dans cet essai, l'analyse prend pour objet non seulement l'œuvre peinte, attribuée à Van Gogh, mais s'arrête à des tableaux qui, comme "Le jardin des oliviers", parfaitement décrit dans la correspondance gigantesque du peintre, n'ont jamais trouvé la toile sur laquelle déposer leurs couleurs confiées au seul paysage de l'écriture. Aussi Van Gogh devait-il, sans cesse, redéfinir les contours de son travail, un travail pris sous les ailes déployées d'une folie dont nous ne pouvons plus penser un seul instant qu'elle fut à l'origine de l'œuvre qui nous est parvenue sous le nom de Van Gogh, une folie qui, comme le savait Foucault, devait davantage se présenter comme une conséquence de son acte de création, un symptôme de la peinture plus qu'une pathologie susceptible d'en rendre compte. "La folie de Nietzsche, la folie de Van Gogh ou celle d'Artaud appartiennent à leur œuvre", cette formule sur laquelle s'achève l'analyse historique de Foucault n'est pas étrangère à l'engouement que la philosophie devait afficher pour les œuvres de Nietzsche et d'Artaud, auxquelles il conviendrait de joindre le nom de Hölderlin. Mais qu'il s'agisse de lectures critiques ou d'approches cliniques, rarement a été mis à l'écoute ce que Van Gogh nous a confié concernant son œuvre et sa vie. C'est cette injustice que ce livre cherche à réparer en dégageant la dimension philosophique des correspondances et des visions esthétiques propres à ce peintre dont le destin communique secrètement avec les cheminements de Hölderlin et les errances solitaires de Nietzsche.

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